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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 07:00

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Comme je le rappelais à la fin de mon article sur le Palais de la Culture et de la Science de Varsovie, c’est là-même qu’eurent lieu les deux premiers concerts de rock au-delà du Rideau de Fer, deux dates de la folle tournée des Rolling Stones en 1967.

 

Imaginez quelques secondes Mick Jagger, Keith Richards, Brian Jones – dont la petite amie venait de le quitter pour Keith, et Charlie Watts dans la capitale d’une Pologne cadenassé par le Parti Communiste. Dites-vous bien que la réalité est encore plus ubuesque que ce que vous aurez pu imaginer.

 

Tout d’abord, une petite vidéo d’archives polonaise avec des images prises à l’extérieur du Palais, et puis une partie du concert en lui-même :


 

Les Rolling Stones débarquent à Varsovie le 12 Avril 1967 directement depuis Paris – où Keith Richards se fit casser la gueule par un douanier français. Ils sont directement conduits à l’hôtel Orbis, au confort rudimentaire : pas de télévision, une radio qui grésille. De plus, leur dîner leur coûta une petite fortune.

 

Le lendemain matin, les membres du groupe se rendirent compte qu’ils étaient suivis dans leurs moindres faits et gestes par des agents, et lorsqu’ils tentèrent de sortir de l’hôtel, les Stones sont repoussés manu-militari à l’intérieur. Les autorités n’avaient pas été prévenues de la conférence de presse du groupe, et ce n’est qu’après avoir donné un pot-de-vin que les Stones purent sortir.

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Mick et Keith à l’hôtel.

 

Cela ne signifiait pourtant pas la fin de leur aventure. Toujours filés par des agents des Rouges, les Stones découvrent une immense foule à leur arrivée devant le Palais de la Culture et de la Science, un gigantesque rassemblement de jeunes gens qui tourne rapidement à l’émeute : tous les tickets des deux concerts avaient été réservés par les membres du Parti, privant la jeunesse de leurs idoles. La police réprima durement l’émeute, tandis qu’à l’intérieur les concerts débutaient.

 

Evidemment, les Communistes n’étaient pas les plus grands fans des Rolling Stones et malgré une prestation de bonne facture, les éclats d’enthousiasme de fans ayant pu obtenir une place étaient souvent réprimés. Cela énerva beaucoup les musiciens britanniques, si bien qu’après leurs concerts, ils se perdirent dans les rues de Varsovie, distribuant à la foule de leurs fans tous les albums et les singles qu’ils avaient avec eux. Je n’ose imaginer la gueule des agents qui les espionnaient en voyant cela.

 

Voici la liste probable des chansons jouées ce jour-là (il s’agit de la setlist de la tournée ’67) :

 

The Last Time

Paint it Black

19th Nervous Breakdow

Lady Jane

Get Off My Cloud

Yesterday’s Paper

Under My Thumb

Ruby Tuesday

Let’s Spend The Night Together

Goin’ Home/Satisfaction

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Le lendemain, alors que les Rolling Stones quittaient leur hôtel pour s’envoler vers Zurich, ils découvrirent que leur note correspondait exactement aux bénéfices de leurs concerts… De plus, ils furent payés en dollars américains, ainsi qu’en złotys, sauf qu’il était hors de question que la monnaie polonaise sorte du pays, tout autant que l’était un conversion en monnaie occidentale. Les Rolling Stones auraient alors échangé leurs 300 000 złotys (le prix de trois voitures) contre des caisses de vodka polonaises. Malheureusement, ils n’auraient jamais pu les récupérer en Grande-Bretagne, les taxes de douane étant tellement élevées que cela n’en valait pas le coup.

 

En plus de chambres d’hôtel dévastées, les Rolling Stones laissèrent un souvenir particulier aux représentants soviétiques présents aux concerts. Ainsi, Mick Jagger nous dit que « they thought the show was so awful, so decadent, that they said this would never happen in Moscow » (ils ont pensé que le concert était si horrible, si decadent, qu’ils ont dit que cela n’arriverait jamais à Moscou). Les Rolling Stones jouèrent pour la première fois à Moscou en 1998, soit 31 ans plus tard. La patience finit toujours par payer.

 

La venue des Rolling Stones à Varsovie est légendaire dans le milieu de la musique en Pologne, et toute la jeunesse polonaise sait que les Stones sont venus en 1967. C’est la première anecdote qui est toujours citée lorsque l’on passe devant le feu-hôtel Orbis : les Rolling Stones étaient là, et ils ont tout cassé.

 

A l’occasion du cinquantième anniversaire des Rolling Stones, un livre a même été écrit sur ces deux concerts, The Rolling Stones za żelazną kurtyną (The Rolling Stones derrière le Rideau de Fer), de Marcin Sitko. Ne maitrisant pas assez le polonais pour lire cet ouvrage, j’ai été pêcher la plupart des informations de cet article sur cette page, détaillant la tournée des Stones en 1967 (en anglais) : http://rockontour.net/bj67.html

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30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 07:00

Dżem (confiture).

 

 
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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 07:00

La première chose que j’ai vue à Varsovie était floue, les verres de mes lunettes s’étant fait la malle dans le train qui m’amenait depuis Bohumin. En sortant du centre commercial Złote Tarasy qui abritait la gare centrale, à la nuit tombée, j’ai noté plusieurs choses. Déjà, il faisait froid, très froid, et il y avait de la neige partout. Et dans le ciel noir de jais, juste en face de moi, se dressait une gigantesque silhouette violette, celle du Palais de la Science et de la Culture, le plus haut bâtiment de la capitale encore à l’heure actuelle. Pourtant, une partie des Varsoviens souhaiterait voir ce Palais réduit en ruines.

 

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C’est réellement une photo prise la nuit où je suis arrivé.

 

En effet, si le Pałac Kultury i Nauki apparait comme majestueux à l’œil profane, il en est tout autre pour ceux qui en connaissent le nom premier : Pałac Kultury i Nauki imienia Józefa Stalina, avant que la déstalinisation n’enlève toute référence à Uncle Joe. Eh oui, ce Palais est un pur produit des canons architecturaux soviétiques, un cadeau de Staline lui-même au peuple de Pologne. Tout de suite, la remise en contexte fait mal et pousse à regarder le Palais sous un nouvel angle. Personnellement, je l’aime tellement que je lui pardonne ses origines malicieuses. A noter qu’à son propos circule la même anecdote que celle de Maupassant à propos de la Tour Eiffel, qu’il y va en haut car il n’y a que là qu’il ne la voit pas.

 

La construction, d’après des plans de Lev Rudnev, a débuté en 1952 pour ne s’achever qu’en 1955, impliquant plus de 3500 travailleurs soviétiques – et non polonais, dont 16 laissèrent la vie sur le chantier. Il y avait une très belle exposition à la Maison de l'Histoire sur Krakowskie Przedmieście sur l'urbanie d'après-guerre, et l'on y voyait bien les travaux sur le Palais – comme je me la pète...

Evidemment, les ouvriers étaient logés aux frais de la Pologne. Imaginez un peu un gros barraqué qui viendrait construire une cabane à sa gloire dans votre jardin, à vos frais. Voilà.

 

Côté chiffres, sinon, on en est à 237 mètres de haut, 42 étages et 123 084 m². Bam. Le Palais accueille des expositions, des congrès, des concerts, ainsi qu’une Université et de nombreux bureaux. Pour avoir vagabondé dans plusieurs étages, le Palais a une décoration intérieure somptueuse, vraiment, Staline n’avait pas lésiné sur les moyens – ce qui est plus facile quand on ne paye pas, vous me direz.

 

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Pour les touristes, il est possible d’avoir un panorama de Varsovie depuis le haut du Palais. Dans mes vagues souvenirs, je crois que c’est 15PLN en tarif réduit, ça doit tourner autour de 20/25PLN à plein tarif. C’est très agréable, et je dirai même que c’est l’une des premières choses à faire en arrivant à Varsovie afin de comprendre à quoi ressemble la ville si l’on souhaite par la suite visiter le Musée de l’Insurrection, par exemple.

 

Et pour les plus mélomanes d’entre vous, rappelons que c’est le Palais de la Culture et de la Science qui accueillit le premier concert de rock au-delà du Rideau de Fer, celui des Rolling Stones en 1967. A l’intérieur du joyau de Staline, quelle belle ironie. Je pense que j’y reviendrai, ce furent deux concerts à l’histoire assez savoureuse…

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 07:00

Tout le monde sait que j’adore les jeux vidéo. Et particulièrement les RPG (Role Playing Game, Jeu de Rôle). Et encore plus particulièrement les RPG japonais.

 

Vous allez me demander : « mais c’est quoi le rapport entre le J-RPG et la Pologne/Slovaquie ? »

Déjà, que voulez-vous, le Japon, c’est loin à l’Est, mais ça reste à l’Est quand même, donc ça rentre dans le cadre de mon blog. Et comme la Terre est ronde, tout se retrouve un jour à l’Est : de ce fait, je parle de ce que je veux.

 

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Ce J-RPG est sorti en 2007 sur Xbox 360, et s’appelle chez nous Eternal Sonata, et au Japon Trusty Bell : Shopan no Yume. Shopan… Shopan… Chopin ! Voilà le lien avec la Pologne ! Le sous-titre japonais est bien « Le rêve de Chopin ».

Développé par Tri-Crescendo, ce jeu est pour moi l’un des meilleurs J-RPG de cette génération de consoles avec Lost Odyssey, mais vous allez dire, ça, on s’en fout un peu.

 

Eternal Sonata raconte les dernières heures de Chopin, à Paris. Celui-ci, aux portes de la mort, ne cesse de perdre conscience et vagabonde dans ses rêves, où l’action du jeu prend place. Celui-ci est découpé en chapitres, ouverts par des photographies et des explications des divers épisodes de la vie du compositeur polonais, si bien que l’on se rend rapidement compte que les aventures qui arrivent dans le monde des rêves ne sont que le reflet de ce qu’a vécu Chopin tout au long de son existence. chaque personnage (au nom lié à la musique), positif ou négatif, symbolise quelqu’un ou quelque chose dans le monde réel.

Ainsi, l’adorable petite Polka, jeune fille aux pouvoirs magiques guérisseurs [SPOILERS] est condamnée à revivre éternellement sa vie de 4 à 14 ans, faisant écho à Emilia, la sœur du compositeur, morte de la tuberculose à l’âge de 14 ans, et absente des souvenirs de Frédéric avant qu’elle n’atteigne l’âge de 4 ans. [/SPOILERS]

De même, Jazz représente le jeune révolutionnaire que Chopin aurait souhaité être, Claves et Serenade peuvent être vues comme le symbole de la culpabilité du compositeur d’avoir vécu en sécurité à l’étranger pendant que Varsovie se soulevait, et ce ne sont que des exemples.

 

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Eh oui, c’est un jeu tout en nuances et en messages cachés. Bam !

Autrement, il était à l’époque graphiquement magnifique, avec du cell-shading intemporel et un character design très japonais, très かわいい (kawaii, « mignon »). Faut aimer. Le système de combat, en semi temps réel, basé sur la dualité ombre/lumière, est assez bien pensé, mais tourne rapidement au button-mashing si l’on est trop puissant trop vite.

 

Evidemment, la musique joue un très grand rôle dans le jeu, avec plusieurs chefs-d’œuvre de Chopin qui accompagnent le joueur tout au long de sa quête, ainsi que de magnifiques compositions de Sakuraba Motoi (Star Ocean, Golden Sun, Tales Of). Et puis on peut choisir de jouer avec les voix japonaises, et ça, c’est un gros plus.

 

Eternal Sonata, c’est bien, c’est mignon, et c’est intéressant. Que demander d’autre ? Plus de contenu ? Une version améliorée et augmentée est sortie sur PS3 en 2008 !

 

(Et une rumeur dit que j'aurais lâché une larme à la fin du jeu. Mais ça, c'est impossible à prouver.)

 

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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 07:00

De la dance slovaque très... stéréotypée et... colorée. Bacil & Rakby nous prouvent que le mauvais goût n'a pas de frontières.

 

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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 07:00

Lors de mes premiers temps en Pologne, lorsque j’atterrissais ou décollais de Varsovie, cela se faisait toujours depuis l’aéroport d’Okęcie-Chopin, situé dans les faubourgs de la capitale. Grand, moderne dans sa partie rénovée, il accueillait aussi bien les compagnies « traditionnelles » que les compagnies dites « low-cost » dans son terminal 2, aux infrastructures encore communistes.

A l’approche de l’Euro 2012, il a été décidé de désengorger Okęcie-Chopin, et donc de virer de là les compagnies low-cost, qui seraient accueillies dans un aéroport annexe, dans la campagne de Varsovie, à Modlin. Le modèle est celui de Beauvais pour Paris, de Bergame pour Milan, etc, etc.

Ont donc débuté les travaux de rénovation de l’aéroport militaire de Modlin, alors fermé depuis 2000. Construit par la Pologne en 1937, il ne sera d’abord utilisé que par les Nazis, avant que les Communistes (aussi bien polonais que soviétiques) ne s’en servent pendant la Guerre Froide.

 

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Les travaux ont débuté en 2010 et se sont terminés en Juillet 2012, en retard d’un mois sur le calendrier, loupant la fenêtre de l’Euro 2012. J’ai eu l’occasion de transiter à l’arrivée et au départ de Modlin. Bon, bah, c’est un aéroport, hein. Ca sent bon le neuf. Le hall d’embarquement est mal pensé, la queue pour passer au contrôle de sécurité était tellement longue qu’elle empêchait d’accéder aux comptoirs d’embarquement. Et qu’on ne me dise pas que j’étais en haute-saison : c’était en novembre (et il neigeait). C’était vraiment pénible, cela me rappelait les débuts de l’aéroport de Beauvais.

Seulement, là où à Beauvais on se tapait des bus tous pourris pour faire la navette jusqu’à Porte Maillot, il en était tout autre à Modlin : de grands bus spacieux, avec de la PLACE, du wi-fi gratuit, plusieurs arrêts dans Varsovie et des prix attractifs (des offres permettaient de réserver le billet à l’avance pour 1PLN (0,20€), sinon le tarif moyen oscillait autour de 25PLN). Voilà, c’était vraiment magique quand on était habitué aux bus des autres aéroports (le Bergame-Milan, je ne t’oublie pas, sacripan), sauf qu’aujourd’hui, ces braves chauffeurs doivent probablement pointer au chômage avec leurs investissements et leurs bus neufs.

 

Pourquoi cela, me dites-vous ? Tout simplement parce que l’aéroport de Modlin est fermé depuis décembre 2012. Il n’aura fallu que six petits mois avant que les autorités ne se rendent compte que la sécurité n’était plus assurée sur les pistes, WizzAir ayant été le premier à suspendre tous ses vols. En cause des détériorations sur la piste, qui a ainsi dû être rétrécie de 2500 à 1500 mètres, empêchant le trafic des Boeing 737 et Airbus A320 (WizzAir et Ryanair, en fait) et des systèmes ILS (Système d’Atterrissage aux Instruments) défaillants. Au début, il avait été annoncé que l’aéroport resterait fermé jusqu’en Décembre 2013, mais finalement, la réouverture serait prévue pour la semaine prochaine. Cependant, il ne faut pas écarter de nouveaux problèmes. C’est con pour un aéroport qui avait tout de même reçu plus de 720 000 passagers entre Juillet et Novembre 2012.

 

Mais de toute façon, je m’en fous, je préfère Okęcie-Chopin. Et puis les pilotes de chez LOT savent se poser sans train d'atterrissage :

 

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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 07:00

24 avril 2013 : un, puis deux, puis trois, puis quatre coups de canon. Robert Lewandowski abat le Real Madrid en demi-finale aller de la Ligue des Champions avec le Borussia Dortmund, futur finaliste malheureux contre le Bayern Munich.

Un quadruplé historique qui révèle l’attaquant polonais au monde, avec des réactions qui n’avaient pas de prix sur le site de l’Equipe, du genre : « Il est pas mal ce petit polonais, il serait bien à la pointe de l’OM ». Sauf que Lewandowski, 24 ans, affole les compteurs et les défenses adverses depuis bien longtemps et n’a pas attendu ce match pour intégrer le gotha des meilleurs attaquants d’Europe.

 


 

Si vous avez le malheur de supporter l’équipe adverse, vous ne pouvez que détester Robert Lewandowski. C’est un joueur insupportable pour les défenses, avec un jeu de corps toujours à la limite du régulier : et vas-y que je mets mes mains en opposition, que je bloque mon adversaire avec mon corps. S’il devait un jour jouer en Ligue 1 française, il exploserait les records de fautes commises tellement notre manière d’arbitrer est pointilleuse. Mais pour son bonheur, il joue en Allemagne, où il peut laisser exploser tout son talent.

Lewandowski n’est pas un simple finisseur, mais un attaquant complet qui participe au jeu de son équipe. Même s’il a la fâcheuse habitude de souvent choisir ses matchs, il ne rechigne pas à l’effort et se replace souvent entre les lignes pour bloquer la relance adverse. Rapide, il se projette instantanément vers l’avant à la moindre interception, bien aidé en cela par Reus au Borussia. Il n’hésite pas non plus à redescendre pour combiner avec ses partenaires. Mais attention, il a très mauvais caractère (certains diraient qu’il se comporte comme un sale con) et il a été coupable de quelques mauvais gestes qui lui ont valu de rater plusieurs matchs.

 

Fils d’un champion de judo, également footballeur en seconde division et d’une joueuse professionnelle de volley-ball, Lewandowski, formé à Varsovie débute en 3e division à Pruszków, dans la banlieue de la capitale. Il finit meilleur buteur du championnat en 2007 avec 15 buts, à l’âge de de 19 ans, avant de réitérer la même performance l’année suivante en 2e division avec 21 buts.

Il est transféré au Lech Poznań en 2008. Durant ses deux saisons avec le club de Grande-Pologne, il inscrit 14 puis 18 buts, terminant meilleur buteur la deuxième année (cela devient une habitude), remportant au passage une Coupe de Pologne et un titre de champion.

Tout comme Jakub Błaszczykowski avant lui, il est temps pour Robert Lewandowski de quitter la Pologne, et il rejoint le Borussia Dortmund pour 4,5 millions d’euros.

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Avec Poznań.

 

Tout d’abord remplaçant du Paraguayen Lucas Barrios, Robert Lewandowski inscrit huit buts lors de ses bouts de match en 2010/2011, année synonyme de titre de Champion d’Allemagne pour le Borussia Dortmund. La saison suivante, une blessure de Barrios permet à Robert de montrer de quoi il est capable. Les statistiques parlent d’elles-même : 22 buts en Bundesliga, un nouveau titre de Champion et une Coupe d’Allemagne remportée en finale contre le Bayern Munich 5-2, au cours de laquelle il inscrit un triplé.

Barrios parti en Chine chercher un meilleur salaire challenge sportif, Lewandowski est le titulaire inamovible sur le front de l’attaque du Borussia en 2012/2013. Même si le Borussia ne remporte aucun trophée, vaincu à chaque fois par sa nemesis le Bayern Munich (le BVB termine 2e, derrière Munich, est éliminé en ¼ de la Coupe d’Allemagne, par Munich, et perd la finale de la Ligue des Champions, contre Munich), Lewandowski réalise une nouvelle saison pleine, avec 24 buts en Bundesliga et 10 en Ligue des Champions, dont ce fameux quadruplé contre le Real Madrid.

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Au BVB.

 

Malgré son charisme discutable et un niveau bien moindre en sélection qu’en club, Lewandowski est devenu une star inévitable en Pologne : on le voit dans de nombreuses publicités, les magazines people font leurs choux gras de son mariage cette année, et des émissions télés s’invitent même chez lui pour le filmer faire la cuisine.

 

Cela faisait plus d’un an qu’il était de notoriété publique que Lewandowski ne signerait pas de nouveau contrat avec Dortmund, celui signé en 2010 se terminant en 2014. Cela voudrait dire qu’il partirait donc libre l’an prochain. Cependant, le Bayern Munich ferait le forcing pour le transférer dès cette année, ce qui est également la volonté du joueur. Le Borussia Dortmund a plusieurs fois répété que Lewandowski resterait pour la saison 2013/2014, mais devra probablement céder : le joueur n’aura certainement pas peur d’aller au clash et de bouder dans son coin tant qu’il n’aura pas ce qu’il souhaite.

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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 07:00

Wilki.

 

 
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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 07:00

Alors que je vagabondais à Empik, en quête de cadeaux à ramener de Varsovie, je tombais nez-à-nez avec plusieurs rayons de tasses aux couleurs de divers livres (coucou le Petit Nicolas), séries, groupes de musiques. C’est la mode, vous le savez tous. Bref, j’aperçois une tasse blanche avec deux fripouilles dessinées, habillées aux couleurs de la Pologne. Leur nom ? Bolek i Lolek. Aucune idée de ce que c’est, mais ils sont mignons, aller hop, j’embarque.

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Elle est pas belle ma tasse ?

 

Alors, qui, ici, connait Bolek et Lolek ? Pour avoir vu ces deux personnages de dessins animés, il faut avoir regardé FR3 en 1976 et en 1981. Ce n’est définitivement pas de ma génération, mais cela peut peut-être raviver quelques souvenirs parmi les Anciens qui me lisent.

 

Bolek i Lolek (pour Bolesław et Karol) a débuté à la télévision polonaise en 1963 et ne s’est arrêtée qu’en 1986 avec plus de 159 épisodes d’environ 9 minutes, au début muets pour la plupart, avant de mettre en scène des dialogues à partir des 80’s. Sans surprise, étant donné que ça reste un cartoon, les deux frères vivent de multiples aventures, la plupart du temps à l’extérieur de chez eux, avant de partir carrément à la découverte du monde entier.

 

Je ne suis pas un expert dans la culture jeunesse polonaise (à part qu’ils kiffent le Petit Nicolas, oui), mais je ne pense pas trop risquer de me tromper en affirmant que Bolek i Lolek fait partie de leurs séries préférées, et que l’on frôle là l’institution nationale. Ainsi, il existe des rues Bolek i Lolek à Dzienaków Leśny, Kwidzyn, Olsztyn, Ostrów Wielkopolski ou Zielona Góra. Sans compter un monument à Bielsko-Biała, où était produite la série.

 

Aller, regardons au moins un épisode !

(Comme je suis un idiot qui pense que "popularité = qualité", j'ai choisi l'épisode qui avait le plus de vues sur Youtube. Mais ça va, il est cool.)

 

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 07:00

L’Histoire tient à peu de choses. Une balle qui passe à quelques centimètres plus à gauche ou plus à droite aurait pu épargner Kennedy, comme elle aurait pu laisser le Général de Gaulle avec un trou béant dans son front sur la banquette arrière de sa DS (non les enfants, je ne parle pas de la console de Nintendo).

 

J’ai déjà parlé du miracle de la Vistule, lors de la Bataille de Varsovie en 1920 dans l’article que j’ai écrit à propos du (très mauvais) film du même nom. Pour résumer rapidement, Lénine veut étendre la Révolution dans toute l’Europe, la Pologne se dressant en premier sur son chemin. L’URSS avance jusqu’aux faubourgs de Varsovie, mais une manœuvre polonaise inattendue met l’Armée Rouge en déroute. Cela ne s’est joué à rien, mais a probablement évité que les Bolcheviks n’avancent plus à l’Ouest et n’envahissant l’Allemagne déliquescente puis la France.

Dans les rangs de l’armée polonaise se tient le Père Ignacy Skorupka, qui périra sous le feu ennemi, laissant derrière lui sa légende grossir petit à petit.

 

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Skorupka en 1907

 

Né en 1893 à Varsovie, Ignacy entre au séminaire en 1909. Lors de la Première Guerre mondiale, lui et sa famille fuient vers Saint-Pétersbourg en 1915, et il intègre le presbytère en 1916, tout près de Moscou, avant de revenir en Pologne en 1918.

Lorsqu’éclate la guerre polono-soviétique, Skorupka s’engage comme chapelain militaire au sein du 236ème Régiment des Volontaires de la Légion, composée uniquement de jeunes étudiants pour défendre la capitale menacée. Il y décède, et c’est là que son histoire débute réellement : il serait mort en menant l’attaque au village d’Ossów le 14 août, en première ligne, brandissant haut sa croix et chargeant l’Armée Rouge. Il aurait reçu une balle en pleine tête alors que la bataille touchait à sa fin, lisant les derniers sacrements à un soldat gravement blessé.

 

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Łukasz Garlicki dans le rôle de Skorupka dans 1920 Bitwa Warszawska.

 

Imaginez le symbole ! Un prêtre polonais chargeant sans peur les Rouges ! Rien d’étonnant à ce que le Père Ignacy Skorupka soit devenue une figure de l’indépendance polonaise et de son folklore historique. En plus des distinctions à titre posthume décernées régulièrement (la dernière en 2010), plusieurs monuments lui sont dédiés.

A Varsovie, avant la Seconde Guerre mondiale, une statue de Skorupka devait s’élever Plac Wileński. Seulement, après la guerre, les Rouges n’étaient pas d’accord que l’on célèbre un prêtre, d’autant plus qui s’était distingué lors de la guerre polono-soviétique (que les Communistes se sont employés à faire disparaitre maintenant que les deux pays étaient « « « « amis » » » », enlevant par exemple les plaques des batailles de cette guerre de la tombe du soldat inconnu à Varsovie). A la place, ils ont donc élevé un monument à la mémoire des soldats soviétiques morts pour la libération de la Pologne (j’y reviendrai un jour ou l’autre, je trouve ce monument magnifique).

 

Il a fallu attendre la fin du communisme pour que Varsovie rende hommage au Père Ignacy Skorupka avec l’édification d’une gigantesque statue sur le parvis de la superbe Cathédrale de Saint-Michel et Saint-Florian, dans Praga. C’est là que pour la première fois j’ai entendu parler de Skorupka. Il faut dire que sa statue en impose.

 

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La statue par une nuit noire.

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