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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 07:00

Comme vous le savez tous, la Pologne a organisé le Championnat d’Europe de football 2012, conjointement avec l’Ukraine. La sélection polonaise n’a pas passé la phase de poules, malgré un football que je qualifierais de « romantique » : on donne tout, on se bat comme des morts de faim, c’est brouillon mais ça prend aux tripes ; et évidemment, on perd à la fin. Deux matchs nuls, contre la Grèce en ouverture puis contre la Russie dans un match qui fut l’un des plus beaux de la compétition tant il fut intense (et ce but de Błaszczykowski, Mama mia !), une défaite contre la République Tchèque, et c’en fut terminé.

 

 

Alors, avec l’élimination aussi prématurée de l’Ukraine, tous les beaufs se sont déchainés sur le site de L’Equipe, en se demandant vulgairement pourquoi on laissait d’aussi petites équipes jouer des phases finales de l’Euro (en oubliant au passage les superbes parcours français en 1992 et 2008, pam pam padam).

 

Car non, la Pologne n’est pas une « petite équipe » en piłka nożna. Ils traversent juste une période difficile. Qui dure depuis trente ans, ok. Mais à Reims, on aime bien se faire mousser à propos du passé glorieux du club, alors faisons de même avec la Pologne.

 

Le premier match officiel de la Pologne a eu lieu en 1921, une défaite 0-1 contre la Hongrie à Budapest. La sélection polonaise participe à sa première Coupe du Monde en 1938, en France. Ils poussent le Brésil en prolongations avant de perdre sur le score de 5-6. Et puis plus rien jusqu’en 1970, où un homme va mener la génération de l’attaquant Grzegorz Lato au sommet : Kazimierz Górski.

 

Aux Jeux Olympiques de Munich, en 1972, la Pologne, dans le Groupe D, corrige la Colombie, le Ghana puis l’Allemagne de l’Est. Au second tour, au sein du Groupe 2, elle concède le nul au Danemark mais bat l’URSS de Blokhin et le Maroc, terminant 1ère.

En finale, contre la Hongrie, malgré l’ouverture du score de Varady, la Pologne gagne 2-1 grâce à un doublé de Deyna.

La Pologne remporte ainsi la médaille d’or et a, à cet instant, un meilleur palmarès que la France. Bam.

 

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La Pologne en or.

 

Górski ne s’arrête pas là et qualifie la Pologne pour la Coupe du Monde 1974 en Allemagne de l’Ouest, après avoir éliminé l’Angleterre (non, la France ne se qualifia pas).

Leur premier match contre l’Argentine se solde par une victoire 3-2, avec un doublé de Lato et un but du petit nouveau Szarmach. Puis les Aigles étrillent Haïti 7-0 (Szarmach x3, Lato x2), puis bat l’Italie 2-1, finaliste malheureuse en 1970, avec encore un nouveau but de Szarmach.

Dans la seconde phase de poules, la Pologne bat la Suède 1-0, puis la Yougoslavie 2-1 avant de perdre contre l’Allemagne 0-1 (Muller) dans des conditions dantesques, sur un terrain impraticable où la vivacité du jeu polonais ne pouvait s’exprimer.

Opposée au Brésil lors de la petite finale, la Pologne emporte la médaille de bronze sur le score de 1-0, grâce à l’inévitable Lato, qui finit meilleur buteur de la compétition avec 7 buts.

 

(Il y a quelques bijoux là-dedans !)

 

Aux JO de Montréal 1976, la Pologne échoue à conserver son titre en étant dominée en finale par l’Allemagne de l’Est 3-1 et doit se contenter d’une médaille d’argent. Górski quitte son poste de sélectionneur.

 

A la Coupe du Monde 1978, la Pologne termine 1ere de sa poule, incluant l’Allemagne de l’Ouest championne du monde, la Tunisie et le Mexique, mais échoue à se qualifier pour la finale ou même la petite finale en terminant 3e de la seconde phase de poule contre le Pérou, le Brésil et l’Argentine, future championne. Lato marque deux buts lors de la compétition, tout comme le petit nouveau Zbigniew Boniek, futur joueur-clé de la Juventus de Platini.

 

A la Coupe du Monde espagnole de 1982, il ne reste plus grand monde de l’équipe de 1974, outre Lato et Szarmach. Peu importe ! La relève est là avec Boniek.

Pourtant, tout ne commence pas très bien dans le groupe 1, où la Pologne fait un triste match nul 0-0 contre l’Italie, se brisant sur le catenaccio. Le second match contre le Cameroun se solde sur le même score, et l’espoir de d’atteindre la seconde phase de poules passe par une large victoire contre le Pérou. Résultat : 5-1, avec un but de Lato (son dernier en Coupe du Monde), et un autre de Boniek. La Pologne finit 1ère de son groupe, devant l’Italie, qui a fait 3 matchs nuls et ne se qualifie que pour un but inscrit de plus que le Cameroun.

Au second tour, la Pologne se retrouve avec la Belgique et l’URSS. Elle étrille la première 3-0 (Boniek x3) et concède un nouveau 0-0 contre la seconde, le troisième en cinq matchs. Là encore, la Pologne termine 1ère de son groupe et se qualifie pour les ½ finales, retrouvant l’Italie.

Avant que les Français ne ramassent les dents de Battiston sur la pelouse de Séville, la Pologne, privée de Boniek, suspendu, prirent une leçon de réalisme froid de la part des Italiens, encaissant un 0-2, doublé de l’implacable Rossi.

La Pologne affronte la France lors de la petite finale et l’emporte 3-2 avec ses trois buts inscrits en l’espace de 6 minutes (40’, 44’ et 46’) alors que Girard avait ouvert la marque. Pour la seconde fois de son histoire, la Pologne termine 3e d’une Coupe du Monde.

 

 

Incapable de se qualifier pour l’Euro 1984, la Pologne n’arrive pas à surmonter la retraite de sa génération dorée. A la Coupe du Monde 1986,  et malgré une défaite 0-3 contre l’Angleterre en phase de poules, la Pologne finit 3e et se qualifie pour le premier tour à élimination directe, où elle reçoit une gifle 0-4 face au Brésil. On ne revit pas la Pologne en Coupe du Monde avant 2002, où elle se qualifia brillamment puis sombra en phase de poules, scénario qui se reproduisit à l’identique en 2006.

 

Certes, la Pologne ne s’est plus qualifiée pour le second tour d’un tournoi majeur depuis 1986, mais il faut prendre en compte le retard accumulé en termes d’infrastructures et de détection/formation. En cela, les stades tous nouveaux tous neufs livrés pour l’Euro 2012 peuvent jouer un rôle dans le développement d’un sport qui reste largement le plus populaire.

Avec une très belle génération constituée de la colonie du Borussia Dortmund (Piszczek, Błaczszykowski, Lewandowski), la Pologne pourrait très bien faire bonne figure à l’Euro 2016 en France, à condition de survivre à l’échec à venir pour se qualifier à la Coupe du Monde 2014, dans un groupe où l’Angleterre mais surtout le Monténégro semblent hors de portée.

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