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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 07:50

Je suis parti en Slovaquie, j'avais de belles lunettes bien droites.

Je suis revenu de Slovaquie, j'avais de belles lunettes tordues qui penchent sur la droite et qui ont des verres de couleurs différentes.

 

Pourquoi ?

 

Tout cela remonte au mois de novembre 2010. Le championnat de football de la faculté de politique de l’Université de Banska Bystrica bat son plein. L’équipe Erasmus a gagné son premier match 16-2, et le second contre le champion sortant 6-4 grâce à des arrêts de grande classe de leur gardien de but, qui est sorti groggy, les genoux en sang de ce duel à mort contre des doctorants enivrés. Ce gardien, c’était moi, évidemment. Dernier rempart d’une tactique en 1-0-4 (tout le monde devant, Vivien se démerde), je devais être éliminé.

L’autre équipe prétendante au titre était celle de mon colocataire slovaque. Il s’agissait de notre futur adversaire. L’après-midi avant le match, alors que je profitais d’une sieste réparatrice pour me consacrer pleinement à ma gracieuse prestation à venir, mon colocataire est venu me demander si je voulais quelque chose car il allait à LIDL. Le fourbe ! J’avais posé mes lunettes sur ma chaise, à côté de ma tête. Et il s’est assis dessus, brisant un verre et tordant la monture.

Le match s’est soldé par une défaite : j’étais aveugle et je me suis pris un coup de genou dans la mâchoire dès le début du match, tellement fort que j’ai cru que j’avais perdu mon crâne dans la bataille (fallait pas qu’elle s’en aille, wo-oh-oh). Nous avons perdu d’un but, et l’histoire retiendra que nous avons touché cinq fois les poteaux. Ça ne s’invente pas.

 

 IMG_6263.JPG

Le terrain de football où j’ai perdu ma mâchoire et mon premier match (avec l'école communiste derrière)

 

Une fois obtenu réparation de mon colocataire, j’ai pu aller voir l’opticien de Banska Bystrica qui m’a dit qu’il ne pouvait rien faire pour la monture sans les outils adéquats (genre il faut une pioche en diamant pour remettre une branche), mais qu’il pouvait s’occuper du verre. Très bien, 37€, et je vais me manger un hamburger chez Papa Chicken en voyant clair.

 

Mais ce n’est pas fini… Ce n’est JAMAIS fini.

Fin février, l’on joue au football (encore ! quelle plaie ce sport de rustres) sur un terrain synthétique bleu, entre Erasmus, dans la joie et l’allégresse avec nos nouveaux amis fraichement débarqués.

J’étais cette fois-ci attaquant. Alors que je faisais le pressing sur le libéro italien (ça non plus, ça ne s’invente pas), celui entreprend de mettre une mine pour dégager. Dans ma tête.

Et voilà, je perds mon verre. Mais il n’est pas cassé ! Joie !

Je rentre, borne, avec mon monocle, au dortoir. J’emprunte la glue de mon colocataire slovaque et recolle mon verre. Ni vu ni connu, le MacGyver des Tatras.

 

 P1140269.JPG

Le terrain de football où j’ai perdu un oeil

 

Le lendemain, je prends le train pour Varsovie. Grossière erreur. Je prends l’Express pour Prague, je change à Bohumin, où je prends un express pour Varsovie. Je m’installe sur un siège, le contrôleur débarque « il vous faut une réservation en plus de votre billet ». Ah, et sinon je reste debout ? Bref, je m’acquitte de ma dette, et je croyais pouvoir jouir de mon siège jusqu’à destination mais à Katowice, la moitié de la Pologne décide de monter dans le train, si bien que je dois laisser sa place à son propriétaire légal. Je me dirige donc dans le couloir du train, puis dans le sas, près de la porte de la voiture. Avec un petit escalier pour monter ou descendre du train. Là, je joue à la Nintendo DS, tout va bien. Je veux me grattouiller le bout du nez. Mon poignet effleure mon verre de lunette. Celui-ci tombe.

Il rebondit sur le sol.

Sur la marche la plus haute.

Sur l’autre marche.

Contre la porte.

Et il tombe à la verticale dans un espace minuscule de trois millimètres de largeur entre la marche et la porte. Et voilà mon verre de lunette

Coucou Vivien, tu es à nouveau borgne. C’est un peu comme voir en 3D, mais en différent.

Bref, je me suis retrouvé le lendemain à perdre une heure de ma visite de la capitale polonaise pour acheter un nouveau verre, celui-ci à 27€.

 

 P1120721.JPG

Le premier bâtiment que j’ai à moitié vu lors de mon arrivée à Varsovie : le Palais des Sciences et de la Culture

 

Et depuis, je n’ai rien changé à mes lunettes. Parce qu’avec le bol que j’ai, dès que je les aurai réparées, elles finiront dans la gueule d’un crapaud géant.

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