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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 07:00

L’Histoire tient à peu de choses. Une balle qui passe à quelques centimètres plus à gauche ou plus à droite aurait pu épargner Kennedy, comme elle aurait pu laisser le Général de Gaulle avec un trou béant dans son front sur la banquette arrière de sa DS (non les enfants, je ne parle pas de la console de Nintendo).

 

J’ai déjà parlé du miracle de la Vistule, lors de la Bataille de Varsovie en 1920 dans l’article que j’ai écrit à propos du (très mauvais) film du même nom. Pour résumer rapidement, Lénine veut étendre la Révolution dans toute l’Europe, la Pologne se dressant en premier sur son chemin. L’URSS avance jusqu’aux faubourgs de Varsovie, mais une manœuvre polonaise inattendue met l’Armée Rouge en déroute. Cela ne s’est joué à rien, mais a probablement évité que les Bolcheviks n’avancent plus à l’Ouest et n’envahissant l’Allemagne déliquescente puis la France.

Dans les rangs de l’armée polonaise se tient le Père Ignacy Skorupka, qui périra sous le feu ennemi, laissant derrière lui sa légende grossir petit à petit.

 

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Skorupka en 1907

 

Né en 1893 à Varsovie, Ignacy entre au séminaire en 1909. Lors de la Première Guerre mondiale, lui et sa famille fuient vers Saint-Pétersbourg en 1915, et il intègre le presbytère en 1916, tout près de Moscou, avant de revenir en Pologne en 1918.

Lorsqu’éclate la guerre polono-soviétique, Skorupka s’engage comme chapelain militaire au sein du 236ème Régiment des Volontaires de la Légion, composée uniquement de jeunes étudiants pour défendre la capitale menacée. Il y décède, et c’est là que son histoire débute réellement : il serait mort en menant l’attaque au village d’Ossów le 14 août, en première ligne, brandissant haut sa croix et chargeant l’Armée Rouge. Il aurait reçu une balle en pleine tête alors que la bataille touchait à sa fin, lisant les derniers sacrements à un soldat gravement blessé.

 

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Łukasz Garlicki dans le rôle de Skorupka dans 1920 Bitwa Warszawska.

 

Imaginez le symbole ! Un prêtre polonais chargeant sans peur les Rouges ! Rien d’étonnant à ce que le Père Ignacy Skorupka soit devenue une figure de l’indépendance polonaise et de son folklore historique. En plus des distinctions à titre posthume décernées régulièrement (la dernière en 2010), plusieurs monuments lui sont dédiés.

A Varsovie, avant la Seconde Guerre mondiale, une statue de Skorupka devait s’élever Plac Wileński. Seulement, après la guerre, les Rouges n’étaient pas d’accord que l’on célèbre un prêtre, d’autant plus qui s’était distingué lors de la guerre polono-soviétique (que les Communistes se sont employés à faire disparaitre maintenant que les deux pays étaient « « « « amis » » » », enlevant par exemple les plaques des batailles de cette guerre de la tombe du soldat inconnu à Varsovie). A la place, ils ont donc élevé un monument à la mémoire des soldats soviétiques morts pour la libération de la Pologne (j’y reviendrai un jour ou l’autre, je trouve ce monument magnifique).

 

Il a fallu attendre la fin du communisme pour que Varsovie rende hommage au Père Ignacy Skorupka avec l’édification d’une gigantesque statue sur le parvis de la superbe Cathédrale de Saint-Michel et Saint-Florian, dans Praga. C’est là que pour la première fois j’ai entendu parler de Skorupka. Il faut dire que sa statue en impose.

 

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La statue par une nuit noire.

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