Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 07:00

Tapez « Insurrection » dans Wikipedia. L’encyclopédie en ligne vous en sortira une liste, et la moitié au moins sera polonaise. J’en ai encore récemment découverte une nouvelle, que je ne connaissais jusque-là que de nom, l’Insurrection de Janvier.

 

C’est une longue histoire, et un long voyage, qui m’ont mené jusqu’à cette Insurrection. Je me suis retrouvé embrigadé dans une odyssée automobile sur les routes polonaises avec la famille de ma Dame pour célébrer un centenaire, et pas n’importe lequel. Dans le minuscule village de Leopoldów, berceau de leur famille depuis des générations, le grand-père du grand-père de ma Dame (donc son arrière-arrière-grand-père) sculpta en 1913 un monument à la gloire de la Vierge Marie, commémorant l’Insurrection de Janvier qui avait eu lieu cinquante ans plus tôt.

C’était donc l’occasion de bénir à nouveau le monument, évènement de la décennie du village : familles, amis, tout le monde était présent dans la seule rue du hameau, sur des bancs, pour assister à la messe autour du prêtre. J’ai compté 70 personnes (8 millions 250 000 selon la Manif Pour Tous), majoritairement âgées, répétant avec joie les chants religieux. La population avait bien dû tripler cet après-midi-là.

Je tairai l’après-cérémonie, où je me suis retrouvé à consommer beaucoup trop de vodkas, sous la pression bienveillante de la belle-famille. Et même si je le voulais, je ne pourrais pas de toute manière, ma mémoire n’est pas des plus précises…

 

P1170827.JPG

Le monument à Leopoldów

 

L’Insurrection de Janvier, donc ! Sujet vaste, et compliqué, que je vais essayer de résumer de manière claire et concise.

Prenant place entre 1863 et 1864, celle-ci a lieu sur le territoire de la vieille Pologne, qui faisait partie intégrante de l’Empire russe depuis la chute de l’empire napoléonien un demi-siècle plus tôt. Il faut bien se souvenir qu’à cette époque, la Russie tsariste apparait faible après la défaite contre la France et la Grande-Bretagne lors de la Guerre de Crimée.

 

Devant quelques démonstrations virulentes à travers la Pologne et la Lituanie, Alexandre II décide d’instaurer la loi martiale dans ces provinces en 1861, bannissant les réunions publiques et emprisonnant les figures indépendantistes.

Les chefs révolutionnaires polonais, partagés entre les Rouges paysans et les Blancs libéraux, n’avaient que peu de moyens pour armer les dix mille jeunes hommes qui refusaient la conscription d’Aleksander Wielopolski, aristocrate polonais exécuteur des volontés tsaristes. La Russie, disposant d’une force neuf fois supérieure en nombres commit l’erreur de penser que l’Insurrection serait rapidement écrasée (erreur qu’à peu près tout le monde a fait quand il s’est agi de vaincre les Polonais). Rien qu’en février 1964, quatre-vingt escarmouches opposèrent révolutionnaires et armée régulière. Les Etats occidentaux (en dehors de la Prusse) soutenaient publiquement les Insurgés, sans pour autant bouger.

La répression russe s’est alors accrue, déportant des milliers de femmes et d’enfants en Sibérie et pendant publiquement des prisonniers. Rouges et Blancs se déchiraient en luttes intestines autour de l’aide promise par Napoléon III (qui ne viendra jamais, tradition française, ça), avant que le général Romuald Traugutt n’unisse tous les Insurgés derrière sa bannière. Seulement, son arrestation et son exécution à Varsovie à la mi-1864 précipite la fin de l’Insurrection, écrasée impitoyablement par l’armée du tsar. Et pour s’assurer que cela ne recommencerait plus, 400 personnes sont exécutées, 18 000 envoyées en Sibérie, 1 600 propriétés furent confisquées et un impôt exceptionnel de 10% fut levé jusqu’en 1869 pour indemnités de guerre.

Evidemment, cela n’a en rien calmé les ardeurs polonaises à regagner leur Etat, tout au plus cela a-t-il différé un peu l’inéluctable.

Partager cet article

Repost 0

commentaires