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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 07:02

Pour le grand public, le jeu vidéo reste un média principalement développé par les Japonais et les Anglo-Saxons avec une petite incursion française (Infogrammes puis Ubisoft).

On voit généralement les développeurs d’Europe Centrale et Oriental comme des producteurs en série de grosses bouses vidéoludiques. Il y en a, certes, mais bon, en France, on a eu Mindscape qui est passé de développeur historique honorable à usine à daubes après son rachat, avant de fermer en août 2011 (ce sont eux les responsables de Bienvenue chez les Ch’tits et Fort Boyard).

 

Dois-je rappeler les nombreux jeux excellents qui viennent de l’Est ? Nous devons à l’Ukraine le très bon FPS en monde ouvert S.T.A.L.K.E.R., autour de la thématique de Tchernobyl, ou bien encore l’adaptation vidéoludique du roman Metro 2033, qui va connaitre une suite baptisée The Last Light dans les mois à venir.

Nos amis tchèques de Bohemia Interactive ont développé Operation Flashpoint, qui a donné par la suite la simulation militaire très pointue ArmA, que j’ai toujours rêvé de faire tourner sur un de mes PC mais qui a toujours été trop gourmande.

Je n’ai pas connaissance de jeu vidéo développé en Slovaquie, mais il doit bien exister des simulations de jeu à boire de la Borovicka ou de bûcheron qui ont dû voir le jour.

 

Mais si un pays se démarque dans le marché du jeu vidéo en Europe Centrale, c’est bien la Pologne, aussi bien sur PC que sur consoles. Je ne vais pas revenir sur l’histoire du jeu vidéo en Pologne, ce Monsieur a écrit un article sur son blog qui fait office de petit historique des jeux marquants et je ne m’y connais de toute façon pas, alors je ne ferai que le plagier.

Non, je vais plutôt m’attarder sur les jeux vidéo que l’on pourrait appeler « contemporains », c’est-à-dire sortis depuis l’avènement des consoles dites « next-gen » : la Xbox 360 et la PlayStation 3. Je ne présenterai ici que trois studios : Techland, Reality Pump, People Can Fly et CD Projekt. Merde, ça fait quatre. Ok, je parlerai pas de Reality Pump, de toute façon ils n’ont fait que Two Worlds I & II et Earth 2140.

 

Commençons par People Can Fly, parce que leur nom est vraiment cool. Des trois, c’est celui qui a sorti le moins de jeux AAA, mais Epic Games (Unreal, Gears of War) est actionnaire majoritaire depuis 2007, ce qui est quand même quelque chose d’assez révélateur.

People Can Fly, c’est clairement du jeu d’action bien bourrin. Fondé en 2002, ils ont développé Painkiller, FPS explosif et survolté dans le genre de Serious Sam, avant de développer du contenu additionnel pour la version PC de Gears of War et de finalement en réaliser l’entière adaptation. En 2011, ils sortent un jeu qui m’a particulièrement fait plaisir : Bulletstorm, un FPS scoring assez délirant. Le jeu a obtenu 84% sur Metacritic pour la version Xbox 360, ce qui est une excellente note. Franchement, quand on voit le trailer, qui peut penser que c’est polonais (attention ça gicle) ?

 


 

 

CD Projekt a joué un grand rôle dans la démocratisation du jeu vidéo en Pologne. Depuis 1994, ils éditent et traduisent les plus gros hits du jeu vidéo sur PC, avec l’emploi d’acteurs confirmés. En 2002, l’éditeur lance son propre studio de développement, CD Projekt RED.

CD Projekt n’a pas développé beaucoup de jeux. En fait, il n’en ont développé que deux : The Witcher I & II, des jeux de rôles sur PC qui ont connu un énorme succès.

J’étais à Varsovie pour le lancement de The Witcher II : c’est simple, partout où j’allais, il n’y en avait que pour Wiedzmin II (le nom polonais, pour ceux qui suivent pas). Empik, l’équivalent polonais de la FNAC, avait des affiches publicitaires pour le jeu à tous les étages. Il faisait même l’actualité des journaux télévisés. Et Barack Obama, en voyage diplomatique en Pologne (je l'ai vu ! je l'ai vu !) s'est vu carrément offrir un exemplaire du jeu !

Comment expliquer la folie The Witcher ? Tout simplement parce qu’il ne s’agit pas d’une franchise spécialement créée pour le jeu mais l’adaptation d’une série de romans fantastique écrits par Andrzej Sapkowski et qui relèvent de l’institution en Pologne. N’ayant jamais lu aucun tome, je ne peux juger de rien, mais il n’est pas rare dans le bus que je croise des personnes, des adolescents aux mecs de 40 ans, qui lisent un livre de la série Wiedzmin. Je m’y mettrai un jour, une traduction française existe.

The Witcher (2007), c’est 81% sur Metacritic et 1,2 millions d’exemplaires vendus dans le monde. The Witcher II (2011) a fait mieux avec 88% sur Metacritic pour 1 millions d’exemplaires vendus. CD Projekt estime à 4,5 millions le nombre de copies pirates, et pourtant ils ont eu l’audace de proposer un jeu DRM-free (sans protections contre le piratage, qui sont très contraignantes pour les acheteurs mais rapidement contournées par les pirates) pour montrer leur engagement auprès de la communauté gamer, tout en sortant leur jeu à un prix beaucoup plus bas que les autres productions, et dans une édition majestueuse remplie de goodies… Cela aurait de quoi dégoûter n’importe qui mais cela ne leur a pour autant pas fait renier leur philosophie, ils sont toujours opposés aux DRM. Ils sont grands, chez CD Projekt.

La série The Witcher, c’est peu ou prou la référence du jeu de rôle scénarisé (par opposition aux jeux libres à la Elder Scrolls) sur ordinateur, avec un environnement très adulte. Un troisième opus est en chantier, après une adaptation sur Xbox 360 du II qui doit arriver cette année.

 


 

 

Enfin, le dernier studio que je tiens à présenter se nomme Techland, pour qui j’ai une affection toute particulière due aux deux premiers opus de sa série Call of Juarez, qui ne furent pas de grands jeux, mais parfois cela ne s’explique pas, des jeux moyens/bons peuvent devenir des coups de cœur.

Fondé en 1991, Techland a débuté comme CD Projekt, à savoir en tant que distributeur de jeux vidéo avant de se lancer en 2000 dans le développement. Ils ont toujours été très FPS : en 2003, ils sortent Chrome, un jeu bâti sur leur propre moteur, Chrome Engine, qu’ils ne cessent d’améliorer. En 2006, Techland sort Call of Juarez, un FPS à l’ambiance western où l’on dirige plusieurs personnages à la recherche du trésor de Juarez, dont un révérend. Amusement garanti. La suite (en fait une préquelle) intitulée Call of Juarez : Bound in Blood sort en 2009. J’ai toujours adoré les jeux qui se passent dans le Far West (Outlaws de LucasArts, par exemple) et cela a été un pur régal de me balader dans les grandes plaines américaines avec mon Colt à trucider des gens dans les saloons, les mines, etc. Un très très bon moment, et je n’ai pas été le seul à apprécier, le premier opus a obtenu 72% sur Metacritic et le second 78%. Ils ont sortis un troisième opus l’année dernière, The Cartel, mais qui se passe de nos jours. Résultat : c’est de la merde.

Il faut dire qu’en 2011, ils étaient bien occupés par un autre jeu : Dead Island. Cela a été l’un des jeux que j’ai le plus attendu de l’année. Il met aux prises un personnage sur une île paradisiaque en prise avec une invasion de zombies. Le jeu est ouvert, fait la part belle à l’arme blanche et peut se jouer en coopération jusqu’à 4 joueurs. Au final, Dead Island a été assez décevant comparé à ce qu’on en attendait mais cela reste un bon jeu qui s’est écoulé à 3 millions d’exemplaires en 4 mois. Une suite, Dead World, a déjà été mise en chantier.

Le trailer de Dead Island révélé à l’E3 2011 est magistral et a marqué les esprits de tout le monde lors du principal salon mondial de jeux vidéo. Je vous conseille vraiment de le regarder, la mise en scène est juste géniale.

 

 

Normalement, à ce niveau de l’article, je dois déjà avoir perdu tous les lecteurs qui ont commencé à le lire, sans parler de ceux effrayés juste par la longueur du truc. J’aborderai plus tard l’état du jeu vidéo en Pologne, avec notamment une prédominance du jeu sur PC ainsi qu’un attrait tout particulier pour les Free-to-play.

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