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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 07:00

Ce n’est une surprise pour personne : l’Europe centrale est beaucoup plus religieuse qu’à l’Ouest. En Slovaquie, j’étais abasourdi quand je voyais de jeunes demoiselles aller à l’église le dimanche soir en arrivant au dortoir. Ce n’est pas tant que ça me choque qu’on puisse aller à l’église à 20 ans, c’est juste que je ne suis pas habitué. En fait, je n’avais jamais rencontré de personnes si pratiquantes que ça. Autre exemple : un dimanche, nous sommes allés en bus à Cracovie (il faisait -15°c, mais c’est une autre histoire), et sur les petites routes polonaises, lorsque nous entrions dans les villages, il y avait la queue pour entrer dans les églises et les parkings étaient pleins. En France, les églises ne sont pleines que pour les mariages ou les enterrements, à Noël et à Pâques.

 

Ce qui m’amène à parler de la Toussaint. En France, on aime bien nos morts, on leur rend visite, on dépose des fleurs, on arrange la tombe et on se recueille. Mais ce n’est en aucune mesure comparable avec l’importance de la fête en Europe Centrale. Depuis plusieurs jours je vois des nouveaux bus dans Varsovie, numérotés C suivi d’un nombre comme C51. En fait, c’est C comme cmentarz, cimetière.

 

Ce qui change par rapport à la France, c’est l’ampleur. A Banska Bystrica, nous avons été avec un ami turc visiter le cimetière de la ville le jour de la Toussaint. Déjà, le cimetière de BB, logé derrière les remparts, est magnifique. Mais il fallait voir cette foule, déposant des gerbes de fleurs et des bougies dans des lanternes un peu partout ! Le cimetière était paré de mille feux et brillait, c’était vraiment très beau. Nous n’avons pas pris de photos de l’intérieur du cimetière, respect du deuil oblige (bon ok, on en a une moche, la voici).

 

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Quelques lumières dans le cimetière de Banska Bystrica

 

Ces petites lanternes, on les retrouve en vente un peu partout dans les magasins un mois avant la Toussaint, aussi bien dans un LIDL que dans un centre commercial. Il faut voir les gens repartir avec des caddies remplis de petites lanternes.

 

Toujours prêt à tous les sacrifices, j’ai enfilé mes habits de reporter et je m’en suis allé prendre le bus C51 pour rejoindre le cmentarz Powazki, le plus grand et le plus ancien cimetière de Varsovie.

Armé de ma caméra high-tech, un appareil photo numérique datant de 2007, il a fallu survivre dans un bus bondé, pire que le métro parisien aux heures de pointe un jour de grève.

En sortant du bus, une masse incroyable de personnes allait et venait. Une véritable fourmilière se frayait un chemin dans les allées du cimetière. De ce côté-là, aucune surprise : cela brillait de mille feux et les tombes étaient recouvertes de fleurs fraîches.

Après s’être perdu dans ce dédale sans lumière, nous avons déposé une bougie aux victimes de Katyn, dont je parlerai plus tard, puis nous sommes repartis, avec toujours autant de monde dans le bus malgré l’heure tardive.

 

Une promenade dans les allées du cimetière avec ma caméra en mode vision non-nocturne

 

Tant qu’on est dans le cimetière, je ne peux pas faire l’impasse sur le cimetière monumental de Milan, réservé aux personnes les plus riches évidemment, qui ont rivalisé pour s’offrir des tombes plus titanesques les unes que les autres. Ce n’était pas la Toussaint mais un froid après-midi de janvier, mais ça m’a mis sur le cul tout de même. Voici quelques photos.

 

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