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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 07:00

B Ł A S Z C Z Y K O W S K I

 

22 points au Scrabble polonais, 72 au Scrabble français si l’on compte le Ł pour un L (rigolez pas, j’ai vérifié les points sur Wikipedia). Imaginez en mot compte-triple. Bon, c’est vrai, il faudrait réussir à caser Błaszczykowski sur le plateau, et que le Scrabble accepte les noms propres.

 

Avant d’être un nom imprononçable pour une bouche française, Błaszczykowski est le nom de famille d’un certain Jakub, footballeur polonais, capitaine de sa sélection depuis 2010 et évoluant au Borussia Dortmund. Oui oui, le club jaune et noir qui vient d’en passer quatre au Real Madrid, tous marqués par un autre Polonais, Robert Lewandowski. Mais comme son nom est moins dur à prononcer, c’est moins drôle de faire un article sur lui pour le moment.

 

Qui es-tu, Jakub Błaszczykowski ?

Né en 1985 près de Częstochowa (ce qui explique pas mal sa très grande foi catholique, il lit la Bible tous les jours), il commence le football à l’âge de huit ans. Mais à dix ans, une tragédie lui fait arrêter la pratique de ce sport : devant ses yeux, son père poignarde à mort sa mère. Pendant que l’assassin croupit en prison, Jakub et son frère sont élevés par leur grand-mère. C’est son oncle, Jerzy Brzęczek, alors joueur professionnel (médaille d’argent aux JO de 1992), qui pousse le petit Jakub à continuer le football.

 

Après un court passage dans les équipes de jeunes de Zabrze, Błaszczykowski fait ses débuts en 4e division au KS Częstochowa en 2002, à 17 ans. Son oncle fait jouer ses pistons pour permettre à son neveu d’effectuer un essai au Wisła Kraków, club majeur du pays, en 2004. Jakub est tout de suite convaincant et intègre l’équipe première.

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Avec le Wisła contre le Panathinaikos

 

En trois saisons, l’ailier glane un titre de champion de Pologne, et plusieurs distinctions. En vrac, il est distingué comme le meilleur milieu de terrain du championnat aux Oscars du Foot de Canal + en 2006, et intègre l’équipe de l’année en 2006-2007.

 

La Pologne, c’est bien beau, mais il est temps pour Błaszczykowski de changer d’air, de voir plus grand. Il signe en février 2007 pour le Borussia Dortmund, qu’il rejoint en juillet, pour 3 millions d’euros.  Il se fait rapidement une place dans le Onze du club de la Ruhr, et est désigné par les supporters Joueur de l’Année 2008.

 1916041_w2.jpg

Avec le Borussia

 

Błaszczykowski est un élément essentiel du projet de jeu élaboré par Jürgen Klopp, et remporte par deux fois la Bundesliga, en 2010/2011, et la saison suivante, y ajoutant même une Coupe d’Allemagne pour ce qui constitue le premier doublé de l’histoire du club. Si cette saison (2012/2013), le Borussia Dortmund n’a pu que laisser le Championnat et la Coupe à un Bayern Munich stratosphérique, Błaszczykowski et ses compères se sont donc qualifiés pour les ½ finales de la Ligue des Champions et ont pris une sérieuse option pour la finale avec cette victoire 4-1 sur le Real Madrid.

 

Capitaine de la sélection polonaise depuis 2010, Błaszczykowski n’a pourtant pas toujours été chanceux sous le maillot blanc et rouge. Il connait sa première sélection au printemps 2006, mais loupe la Coupe du Monde en Allemagne à cause d’une blessure. Grand artisan de la qualification des Aigles polonais à l’Euro 2008, il rate là encore la compétition, à nouveau blessé.

A son Euro 2012, en Pologne, Błaszczykowski est excellent, délivrant une passe décisive contre la Grèce et égalisant contre la Russie d’un magnifique but (vidéo dans cet article). Même si j’ai toujours apprécié Dortmund (le jaune et le noir, je suis fan depuis Maya l’Abeille), c’est à cette occasion que j’ai réellement pu apprécier le jeu de Błaszczykowski, plein de hargne, de rage, de combativité, avec une technique balle au pied et une frappe au-dessus de la moyenne. Capitaine courage, haranguant ses coéquipiers, il ne peut malheureusement pas éviter l’élimination de son équipe au premier tour. Mais bordel, quel type.

 

Pologne-Russie-egalisation-de-Blaszczykowski_full_diapos_la.jpg

A l’Euro 2012


Une petite compilation vidéo avec de la musique de merde (sérieusement, coupez le son) :


 

Lors de sa sortie mercredi soir, contre le Real Madrid, une scène m’a beaucoup amusé. Traditionnellement, le speaker du Westfalenstadion (Signal Iduna Park ? ‘connais pas.) scande le prénom du joueur remplacé, et les 80 000 supporters hurlent son nom de famille.

Cela a donné quelque chose de cocasse dans le cas de Błaszczykowski :

Speaker : « [Trucs en allemand] JAKUUUB… !

Public : « … KUBA ! »

Błaszczykowski étant difficile à prononcer, il est appelé par son surnom, Kuba. J’aurais aussi bien pu l’utiliser, moi aussi, mais vous imaginer essayant de déchiffrer à chaque fois comment lire Błaszczykowski m’a bien fait marrer.

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