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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 07:23

Faut bien l’avouer, passé l’âge de six ans, Pâques c’est plus vraiment drôle : on a compris que c’étaient les parents qui planquaient les œufs, et on commence à comprendre que les grosses bouées de sauvetage qui poussent au-dessus de la taille, c’est à force de manger trop de chocolat. Reste donc un jour férié bien utile pour jouer à la console toute la journée.

 

En Pologne, Pâques est la période religieuse la plus importante de l’année. C’est connu, je ne suis pas très branché religion. C’est donc plein d’incompréhension que j’écris cet article, un dimanche matin, réveillé par une messe retransmise depuis une église par des hauts parleurs.

 

Tout commença une semaine avant Pâques. J’ouïs qu’était donnée une représentation de la crucifixion de Jésus sur la Place Pilsudskiego, l’une des plus grandes places de Varsovie, qui, jadis, accueillit une messe géante de feu Jan Pawła II. C’est là également qu’est installée la tombe du soldat inconnu. Une grande scène, une place en goudron et en herbe… Hey, mais c’est le Hellfest ! On va assister à un concert ! Malheureusement, nous n’avons pas eu droit à une représentation de Jesus Christ Superstar.

Avant la représentation, un prêtre est arrivé sur scène et a commencé une longue prière reprise par les 30 000 (oui, oui) personnes présentes sur la Place. Sur le coup, quand on est pas catholique, ça fout quand même super mal à l’aise, surtout que ça a dû durer trois ou quatre minutes.

Quant à la représentation en elle-même, c’était pas trop mal, costumes mignons, mais le tout gâché par un défaut à mon goût : les acteurs ne faisaient que gesticuler sur une bande son préenregistrée, pas de jeu d’acteur, donc. Il fallait quand même voir l’arrivée de Jesus sur scène : entouré d’un halo de lumière, il a tout simplement traversé la place, comme Johnny Halliday au Parc des Princes en 1993 (on a les références qu’on a), fendant la foule sur un fond musical liturgique.

Il faisait froid, alors je suis parti lors de la Cène. Et puis je ne comprenais pas grand-chose au polonais.

 

Quelques jours plus tard, alors que je revenais de Gocław et que j’attendais gentiment le bus, j’ai remarqué que la double voie réservé à l’autre sens de circulation était vide, et j’entendais des sirènes. Merde, quelque chose a dû se passer, c’est triste, tiens, voilà mon bus, je rentre chez moi. Quelle ne fut pas ma stupeur de voir ce qui bloquait en réalité la circulation ! Un mec portant une croix géante (deux fois sa taille), suivi par une cohorte de croyants (qui priaient je suppose, je n’avais pas le son depuis le bus) ! Sur le coup, ça m’a fait tout bizarre.

 

P1160325.JPG

 

Passons à Pâques à proprement parlé. Le vendredi, la tradition veut qu’il faille suivre des processions du même genre que décrites ci-dessus, en portant des croix autour du cou, mais je n’y ai pas assisté, donc je ne divaguerai pas là-dessus.

Une autre coutume plus mignonne prend place le samedi, qui peut apparaître perturbante au premier abord. En effet, la majorité des Polonais trimballent un petit panier en osier recouvert d’un petit drap blanc, avec à l’intérieur de la nourriture (pains, œufs, viande, un agneau en chocolat, des pâtisseries, du beurre, du sel…) jusqu’à l’église, où le prêtre récite une prière et bénit la foule de petits paniers trop かざいい (kawaii, je me la pète avec mon japonais balbutiant). Mais c’est vraiment une foule de tout âge qui se trimballe avec le panier du Petit Chaperon Rouge, c’est assez cocasse à regarder. Ce n’est qu’après avoir reçu la bénédiction l’on peut manger de la viande. Je ne sais pas si c’est la tradition polonaise, mais notre panier n’a été dévoré que le lendemain, le dimanche.

 

Enfin, le lundi de Pâques a lieu un rituel qui peut être très marrant si l’on se trouve du bon côté de la barrière. Nous l’avions d’ailleurs appliqué sans le savoir l’année précédente lors de notre Pâque slovaque : le bain purificateur, autrement appelé le « je-te-jette-un-seau-d-eau-à-la-tronche ». La tradition, d’origine païenne, veut que cela purifie et accroisse la fertilité… Les filles sont donc les premières cibles. Alors si en plus il fait chaud, on se retrouve avec un super concours de T-shirts mouillés.

En Slovaquie, le concierge de la résidence universitaire voulait aussi fouetter les filles avec une grande tige, mais je crois qu’en fait il était juste pervers.

 

Bon bah sur ce, joyeuses Pâques, hein.

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