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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 07:30

 

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Après avoir lu Quo Vadis ?, monument de la littérature polonaise, j’ai décidé de regarder son adaptation cinématographique réalisée en 2001 par Jerzy Kawalerowicz. Il s’agissait du film proposé par la Pologne aux Oscars 2001. Il n’a pas été retenu. Pourquoi ?

 

MAIS PARCE QUE C’EST NUL. Bon, j’exagère vachement : il y a du moins bon et du très mauvais, et je me suis coltiné tout ça pendant 2h40.

 

La bande-annonce :

 


 

 

 

Commençons par les bons côtés : Lygie est super super super belle. Magdalena Mielcarz est un régal à voir. Bon, c’est un top model, alors elle ne sait pas jouer, mais on peut pas tout avoir. Et puis pour le peu qu’elle parle… De toute façon, vu que l'histoire, on finit rapidement par s'en balancer... Par contre, Lygie est censée avoir entre 14 et 15 ans, là elle fait un peu vieille. Mais j’avoue qu’en 2001, voir une histoire d’amour entre un mec de vingt-cinq ans et une ado, c’eut pu choquer.

Lorsque j’ai vu l’acteur jouant Pétrone, j’ai failli avoir une attaque cardiaque, renverser la table et écraser mon ordinateur à coups de massue : grand tort que j’aurai eu là. En réalité, Boguslaw Linda incarne parfaitement Pétrone et habite totalement le personnage. En même temps, c’est facile de surnager quand on est le seul vrai acteur pendant 170 minutes de pellicule : tout de suite, on vous remarque.

Michal Bajor, jouant Néron, est plutôt bon, essayant d’apporter des nuances dans un scénario manichéanisé à l’extrême, mais ne peut pas réaliser l’impossible.

La musique est plutôt bonne, il faut l'avouer... mais jamais utilisée au bon moment ! Un moment épique sera souligné par une musique d'ascenseur et un mec qui monte des escaliers aura comme les Chariots de Feu en fond sonore !

Une scène vaut vraiment le coup : la persécution des chrétiens dans l’amphithéâtre en pierre (à propos duquel Sienkiewicz répète plus de cinq fois que celui-ci était EN BOIS, bon Dieu, EN BOIS). La scène des lions est très bonne et épique (vous pouvez la voir à 01:58:00 dans la vidéo à la fin de l’article : c’est le film en entier, sous-titré en anglais).

 

Voilà, c’est fini, on peut passer au reste.

 

 

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Coucou je suis belle mais je suis aussi émotive qu’un poireau.

 

 

Alors tout d’abord, le montage est calamiteux. Les plans se suivent de manière surréaliste, totalement artificielle. Voilà, ce n’est pas naturel, il empêche le spectateur de s’immerger dans la belle histoire qui est contée.

Ensuite, défaut inhérent à l’adaptation : on comprend difficilement. Je ne parle pas de scènes du livre qui ont été coupées, c’est normal et compréhensible. Seulement, l’enchainement des scènes choisies laisse le spectateur un peu perplexe : « attends, ils sont où là ? et c’est quand ? mais comment ils sont arrivés là ? attends je comprends pas, reviens en arrière… » Si bien qu’au bout d’un moment, on s’en fout un peu de ce qui se passe, on attend les nouvelles saillies dialectiques de Pétrone et la persécution des chrétiens.

Après, on a la reconstitution historique : les décors d’intérieur sont géniaux, très fidèles à la vision de Sienkiewicz mais (oui, je sais que vous attendiez mon « mais ») les décors extérieurs… Sérieusement ? Sérieusement les mecs ? On dirait du carton-pâte, c’est artificiel, cela manque de vie. Cela manque surtout de grands plans d’ensemble sur Rome pour replacer l’ensemble spatialement. Là, c’est dénué de vie et de personnalité car détaché de l’espace. D’autant que l’absence de mouvement en arrière-plan renforce le côté artificiel.

Après, il y a aussi le reste des personnages qui sont mal joués, ou les acteurs mal choisis : Marcus (gênant quand le héros se retrouve dans ce genre de liste), Ursus, Poppée, Croton… Ils cabotinent tous, sortant le spectateur du film.

Je ne dirai rien de la fin, mais je l’ai trouvée à chier (je n’oserai pas « scandaleuse », même si j’y pense très fort).

 

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Non mais sérieusement, ils ont pas eu honte de faire des timbres de ce truc (par contre je tamponnerai bien Lygie).

 

 

Bon, voilà, je pense que j’ai pas besoin d’entrer plus dans les détails, comme par exemple citer les effets spéciaux qui font très téléfilms (j’ai envie de citer une scène qui devrait être le point d’orgue du film et qui se termine en sourires gênés au lieu des larmes d’émotion…). Si vous avez deux heures quarante à perdre, vous pouvez subir le film pour savourer le personnage et l'histoire de Pétrone (donc zappez dès que vous voyez la trogne de Vinicius), et si vous avez juste cinq minutes, regardez la mise à mort des chrétiens dans l’amphithéâtre, c’est à 01:58:00 dans la vidéo suivante.

 

 


 

 

 

(Et Eunice est censée être blonde, %#@!&?$ !)

 

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