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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 07:51

A chaque fois que j'ouvre mon passeport, j'ai honte de ma photo. J'ai une coupe de cheveux de néo-nazi (ne jamais demander une coupe « not too short » en Slovaquie), les yeux dans le vague, une expression bizarre... Bref, on voit bien que je suis pas bien.

Et pour cause !

 

Ma carte d'identité est arrivée à expiration au début de l'été 2010, et j'ai eu la flemme de la refaire avant de partir, d'autant plus que j'avais mon passeport. Un beau passeport, fait en 2008, avec ce qui doit être l'une des plus belles photographies qui n'aient jamais été prises de moi, et mieux encore, un tampon des Etats-Unis d'Amérique. J'y tenais énormément, à ce passeport.

 

Seulement, certaines choses font que l'on doit parfois se séparer des choses que l'on aime... Après être rentré de Budapest, j'ai posé mon passeport sur l'étagère au-dessus de mon lit afin de ne pas le perdre dans la veste de mon blouson en soirée. Décision très adulte, n'est-il pas ? Mais ce passeport, je ne sais comment, va tomber pile dans le mécanisme d'ouverture du lit. Si bien que lorsque je l'ai cherché, paniqué, pour m'en aller vers Vienne, j'ai ouvert mon lit. Et entendu comme un poinçonnage. C'était mon passeport. Bam.

 

 

Moi j'ai fait un grand trou.

 

J'ai vraiment fait la gueule. J'y tenais à mon passeport. Et pire que tout : j'étais bloqué en Slovaquie à tout jamais, ne pouvant prendre l'avion, le bus ou louer une voiture. Il me restait la possibilité de repartir à pieds par les montagnes pour éviter les contrôles d'identité. Ça m'a pas empêché d'aller à Vienne ni à Cracovie, ceci dit.

 

J'ai attendu un mois avant de me décider à aller à Bratislava faire un nouveau passeport. Le problème, c'est qu'il n'y avait que le vendredi que je n'avais pas cours, et comme je suis sérieux, c'était le seul jour où je pouvais y aller. L'autre problème est que le vendredi suit le jeudi, et que le jeudi avait lieu une méga soirée réunissant toutes les sections d'ESN de Slovaquie, à Banska Bystrica. Donc on a fait la fête. Je devais aller à Bratislava avec un couple d'amis, mais ils avaient tellement tirés sur la corde cette nuit-là que je les ai attendus jusque 5h du matin pour finalement qu'ils me disent qu'ils ne viendraient pas. Ok, je ne sais pas où est la gare de bus, quel bus il faut prendre, je sais juste qu'il part à 5h30. Je prends mes clics et mes clacs, le bus 34 qui passe juste à la sortie du dormitory et me voilà dans l'inconnu. Je demande mon chemin à une jolie Slovaque (elles sont toujours jolies dans mes souvenirs), elle me mène carrément jusqu'au bus pour Bratislava. Hop, 6€90 en moins dans mon porte-feuille, je m'installe et commence à somnoler. A un arrêt, une petite fille s'installe à côté de moi. Je m'endors cinq minutes, elle a été remplacée par un colosse barbu de deux mètres. Ça grandit vite à cet âge-là. (En fait il me semble que cette anecdote date de Mars 2011 parce que je suis presque certain que je n'ai pas dormi, mais je ne suis plus sûr, alors autant la mettre.)

 

J'arrive à Bratislava à 9h du matin, où je retrouve une copine de Trencin. Pour être clair tout de suite et ne pas y revenir, Bratislava est la ville la plus laide que j'ai jamais vu. Et pourtant j'ai étudié à Reims avant les travaux d'embellissement.

 

sapin.jpg

Le sapin de Noël le plus moche du monde

 

Nous nous rendons à l'ambassade française et attendons dans le couloir qu'un Monsieur, très gentil, puisse nous recevoir. Je ne me rappelle plus très bien notre conversation, mais j'ai dû en dire, des bêtises, avec mon état d'ébriété conjugué à mon état de fatigue avancé. Je me rappelle juste que je lui ai dit que j'habitais au neuvième étage. D'un bâtiment qui en compte huit. Oui.

Et là nous prenons la photo pour mon passeport. Le flash me détruit les yeux. Je ne vois pas bien le résultat sans mes lunettes, lui semble s'en satisfaire. Nous nous donnons rendez-vous deux semaines plus tard, quand mon nouveau passeport sera arrivé de Vienne. En effet, je pu rentrer en France pour Noël et j'ai gagné le droit d'avoir honte de ma tête pour la décennie à venir.

 

J'ai repris le bus vers 15h, après que ma copine m'ait fait visiter la ville (LOL), un halusky et trois tours sur un minuscule marché de Noël valable uniquement pour son vin chaud très corsé.  

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