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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 07:00

Comme vous le savez-tous, il ne reste plus grand-chose de ce que fut Varsovie avant la Seconde guerre mondiale. A la fin de l’été 1944, Varsovie a été réduite à l’état de ruines après l’échec de l’Insurrection. Pour mieux comprendre, voici des images issues du court-métrage présenté au Musée de l’Insurrection, que l’on peut voir en 3D :

 

 

Comment se représenter cette ville disparue, autrefois surnommée la « Paris de l’Est » ? Avec de l’imagination, beaucoup d’imagination.

Ou alors en allant au cinéma voir un court-métrage s’intitulant sobrement « Warszawa 1935 », sorti le 15 mars dernier.

Réalisé par Tomasz Gomol et son studio NewBorn, Warszawa 1935 est une reconstitution minutieuse de ce que fut Varsovie en 1935, à la ruelle près. Cela ne fut possible que grâce à l’utilisation de moult photographies mais surtout de plans urbains d’une précision inégalée à l’époque, conjugués à l’utilisation de super ordinateurs pour traiter les données et les modéliser (on parle ici d’un film qui a nécessité 12 To de données, d’après le Parisien).

 

Bande-annonce :

 

 

Mais alors Vivien, dis-moi, qu’en as-tu pensé ?

 

Commençons par ce qui fâche, comme ça, ça sera vite évacué.

C'est court ! Je m'attendais à une vingtaine de minutes, l'on doit plus probablement s'approcher de la dizaine. En même temps, un film plus long aurait probablement tourné au supplice.

Je m'explique : le film est d'une immense qualité, mais le choix d'une musique classique avec de gros chœurs bien larmoyants m'a endormi. D'autant plus que ce côté tristounet ne fait que renforcer le tragique de la destruction de la ville dix ans plus tard ; si bien qu'à force, l'on n'a plus que ça à l'esprit et on loupe pleins de détails. Une musique populaire d'époque à grands renforts de musette, ou tout simplement une absence de musique pour ne recréer que l'atmosphère sonore de la Varsovie de 1935 auraient tout autant convenu.

Le piège du pathos n'a pas su être évité, mais ce n'est pas une catastrophe en soi car...

 

warszawa1935.jpg


...putain que c'est impressionnant ! Si parfois quelques modèles ont un aspect artificiel, les quelques rues que la caméra survole ou suit sont admirablement bien rendues. Il faut voir avec quel soucis du détail les bâtiments ont été reconstruits, les voitures, les passants, qui jouissent presque tous d'une animation réaliste ! J'étais sur le cul devant une telle prouesse technique.

Je déteste viscéralement le cinéma 3D,  mais cette fois-ci, cette technologie a été admirablement utilisée, avec parcimonie. C'est simple, c'est probablement la meilleure expérience 3D que j'ai eu jusqu'à aujourd'hui (il faut dire que Pirates des Caraïbes 4 et les Trois Mousquetaires n'étaient pas des concurrents de haut niveau). Vraiment, c’est à regarder en Blu-Ray sur un 4K pour profiter de la minutie des plans aériens qui fourmillent de vie.


Ensuite, il est évident que le film ne parlera qu'à ceux qui connaissent Varsovie et qui peuvent comparer avec la ville telle qu'elle est aujourd'hui. Moi-même, il y avait des lieux que je n'arrivais pas à resituer, mais cela ne m'a pas empêché d'être sonné par la différence entre les rues Marszałkowska de 1935 et d'aujourd'hui. D'ailleurs, le plan final qui redescend la rue, figée, depuis l'Ogród Saski est magistral.

 

Depuis, je n’ai qu’un seul fantasme : que NewBorn vende toutes ses données de Warszawa 1935 à CD Projekt, studio polonais leader dans le jeu vidéo, pour recréer un jeu à monde ouvert encore plus convaincant que le Los Angeles de 1947 présenté dans L.A. Noire en 2011. Je peux toujours rêver.

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