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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 16:30

En France, le 11 novembre est un jour férié en mémoire de l’armistice de 1918 mettant fin aux quatre années de guerre du premier conflit mondial.

En Pologne, ce jour est également férié. Il s’agit même de la fête nationale. Et pour cause, c’est le jour de leur indépendance !

Alors crevons l’abcès tout de suite, c’est grâce à la France que la Pologne existe vu qu’on a botté le cul des Allemands en 14-18, alors maintenant on va arrêter de nous accuser de pas avoir été défendre Danzig en 39 hein, ça suffit.

 

Plus sérieusement, en 1914, lorsque la guerre éclate, la Pologne au sens de territoire habité par des Polonais est divisée entre les tsaristes, les casques à pointe et les tyroliens (Russie, Allemagne et Autriche, pour ceux qui suivent pas). Et aller qu’on se fracasse la tête joyeusement entre frères !

 

En 1940, la France a eu le Colonel de Gaulle. En 1914, les Polonais avaient Jozef Pilsudski et son énorme moustache, attribut obligatoire du libérateur polonais. Pilsudski crée le POW, Organisation Militaire Polonaise clandestine, embryon de l’armée polonaise. Auparavant, il avait commandé en 1914 les Légions polonaises sous l’Empire Austro-Hongroise mais lui et ses soldats avaient refusé de prêter serment à l’Empereur. Faut quand même pas pousser mémé dans les orties, qu’il aurait dit. Pilsudski jouit d’une immense popularité, d’autant plus qu’il est emprisonné et interné en 1917.

Le 5 novembre 1916, dans le but de s’assurer le soutien des Polonais, l’Autriche-Hongrie entérine la création d’un état polonais qui n’a pas encore de frontière définie.

En 1917, la France accepte la création d’une armée polonaise sur le front de l’Ouest, sous commandement polonais.

Pilsudski est libéré le 9 novembre 1918 alors que la révolution éclate à Berlin, il arrive à Varsovie le lendemain et le 11 novembre se voit confier tous les pouvoirs, tel un Pétain.

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Jozef Pilsudski et sa grosse moustache en forme de croissant au beurre

 

Voilà, les Polonais sont indépendants, ils sont contents et ont un super grand pays, dont les frontières vont encore changer avec les guerres post-Première guerre Mondiale. Notamment contre le démon bolchevique, qui fera l’objet d’un prochain article qui rapportera ce qu’a été LA BATAILLE DE VARSOVIE (ça fout des frissons, non ?)

 

Bon évidemment, tout ça, je ne l’ai pas appris comme ça, en regardant la télé polonaise, vu que j’y comprends rien. Non, j’ai, en cette spéciale occasion, été au Musée de l’Indépendance, à Varsovie, sur l’avenue Solidarnosc. Bon alors déjà, j’y ai été à 11h du matin, je devais être le premier visiteur, et ils n’avaient même pas de monnaie. Faut dire que le musée de compose de deux salles avec des panneaux explicatifs en polonais et en anglais, des objets, des affiches, des répliques de lettres, des photos et peintures, comme dans un vrai musée. Mais deux salles quoi ! Et même pas éclairées, vu qu’ils s’attendaient pas à avoir de visiteurs, j’étais dans la pénombre. C’est bien, c’est intimiste. Il y avait tout de même une troisième salle consacrée aux passeports européens. Oui. Les passeports de tous les pays d'Europe alignés. Super expo !

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Le Musée de l'Indépendance

 

Du côté des célébrations, cela fait déjà plusieurs jours que les rues de Varsovie sont parsemées de petits drapeaux rouge et blanc, ainsi que de banderoles au-dessus de Nowy Swiat, la rue touristique principale. Au 14 juillet, nous avons le Président Sarkozy qui descend les Champs Elysées dans une jeep, les Polonais ont un acteur jouant Jozef Pilsudski dans un carrosse. Enfin pas cette année.

 

 

Nous sommes arrivés au Rond-Point du Général de Gaulle vers midi, et la rue était déjà pleine de monde. Devant un café, une dizaine de camions de police, et on a pu voir un skin head au visage tuméfié. Ce sont les « nationalistes » qui ont fait des leurs. Ils en ont marre des étrangers, la Pologne aux Polonais, bordel ! Je me suis fait tout petit, du coup, on sait jamais. D'après les médias, deux policiers ont été blessés.

Nous avançons dans la rue de l’Université. Nous nous attendions à ce que le cortège parte de la Vieille Ville et descende devant nous. En fait non. Nous nous sommes postés près de soldats qui criaient des trucs genre « Chchchchk POLSKA ! » en tapant fort leur fusil par terre. Ca avait l’air d’être une bonne place, et derrière eux il y avait des cavaliers, sur le trottoir. On s’est dit qu’ils allaient passer devant nous. Hahaha.

 

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Les soldats qui crient « Chchchchk POLSKA ! »

 

La foule marchait sur toute la route, alors que ceux qui voulaient assister à la parade attendaient sagement sur le trottoir. Un seul, mais vraiment un seul militaire gueulait partout pour laisser la route libre, personne ne l’écoutait. Il n’y avait pas de barrière, rien. Une organisation d’amateurs. Pour la parade nationale. Ça promet pour l’Euro !

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Un soldat polonais attaqué par Flash McQueen

 

Comme toutes les foules, la foule polonaise est stupide. Il fallait voir deux vieilles femmes s’écharper parce que l’une s’était placée devant l’autre, elles en sont presque venus aux mains tandis qu’un vieux regrettait l’époque communiste et souhaiterait que la police soit là pour filer des coups de matraque à ces jeunes cons.

 

 

Un pouetophoniste

 

Et la parade est partie. Dans notre dos. Les soldats et les cavaliers ont avancé sur le trottoir, nous prenant en étau entre la route et eux. Très agréable. Sérieusement, des barrières pour délimiter le passage de la parade, ça aurait été trop demandé ? Fallait deviner ? Surtout que l’an dernier, la parade partait de la Vieille Ville, pas de la moitié de la rue.

La foule s’est bien évidemment mise à gronder en polonais (ce qui a donné un truc genre « kechekechekeche ») et au même moment a démarré le reste de la parade sur la route. Dix véhicules à tout casser, pas de Jozef Pilsudski, tout était fini en cinq minutes. Déception.

 

 

La 7e compagnie en parade

 

J’ai été très déçu par un peu tout, dans cette parade. L’organisation, la foule, la parade en elle-même. J’étais tout content d’écrire un long article sur ce jour important pour la Pologne, rapporter les festivités avec beaucoup de passion, mais la réalité est que cette année, c’était pas top. Et en plus mon petit orteil du pied droit a gelé.

Je me suis quand même acheté un drapeau de Varsovie. Parce que j’aime bien Varsovie.

 

Si vous êtes un peu déçus, voici une autre sorte de parade, avec des danseurs sous acide :

 

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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 07:52

Wszytsko, co kocham (All That I Love en français, parce que Tout ce que j’aime ça faisait trop MacDo), est un film polonais sorti en 2009 que j’ai eu la chance de voir cet été.

Que raconte donc ce film réalisé par Jacek Borcuch ?

 

Posons le décor.

Pologne.

Printemps 1981.

Le syndicat Solidarnosc enflamme Gdansk et entraine derrière lui un sillon de liberté. Sur la cote Baltique, Janek et trois de ses amis ont monté un groupe de musique. Du rock. Du punk rock. Et ils revendiquent la liberté, à leur manière. Sauf que l’époque n’est pas à l’ouverture, et le Parti Communiste décrète rapidement la loi martiale.

 

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Alors voilà, c’est l’histoire d’un chanteur de punk rock dans la Pologne sous loi martiale. Il y a ses amis, ses amours, ses emmerdes. Pleine crise de rébellion, mais dans un univers totalement fermé. Le film possède deux niveaux de lecture : celui de l’histoire de Janek, et celui de la description de la vie quotidienne polonaise à ce tournant de leur histoire, tout s'entremêlant évidemment.

Dans les deux cas, c’est un succès. Les acteurs jouent juste (coucou Basia, tu es très jolie), c’est touchant, on a envie de gueuler avec eux notre envie de liberté.

Contrairement à tous les clichés, les films polonais ne sont pas des films chiantissimes qui durent des plombes. Ici, on en a pour 1h35 et on ne voit pas le temps passer.

 


 

Du rock, de l’amour, de la liberté.

Et si avec tout ça, vous êtes toujours pas convaincu, je suis certain que ce cet argument va finir de le faire : y a des plans nichons. Voilà.

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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 07:05

Les automobilistes slovaques et polonais sont fous. Non ce n’est pas un cliché, ils sont vraiment fous.

 

Premiers pas en Slovaquie. Le père de Nina (et Nina) est venu me chercher en voiture. Là, j‘ai découvert la science slovaque du dépassement. Oubliez tout ce qu’on vous a appris pendant vos (nombreuses) heures de code.

Le Slovaque n’hésite pas à dépasser alors qu’un autre véhicule arrive en face, ça l’excite de jouer à Need for Speed et de zigzaguer, évitant la collision au dernier moment. J’étais dans la voiture en face, je peux dire que ça fait tout drôle.

Et ce n’était pas un cas isolé. J’ai souvent pris le bus. Et les bus font pareils.

Autre particularité des dépassements : les véhicules derrière vous ne déboitent pas toujours, se contentant de fondre sur vous, vous vous obligeant à vous rabattre sur le bas-côté.

 

Je ne parlerai pas des conducteurs de Varsovie, comme généralement dans toutes les grandes villes, ils sont grossiers et agités.

 

Niveau infrastructures, il n’y a pas beaucoup d’autoroutes ou de deux fois deux voies, et elles sont généralement engorgées.

Le réseau secondaire alterne le normal et le calamiteux. La portion de route entre Zilina et Banska Bystrica, vers Martin, est un enfer. On croyait qu’on crevait tous les trois mètres tant la route (axe principal, tout de même) était cabossée.

 

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La route descendant du dortoir vers le centre-ville de Banska Bystrica

 

Mes articles n’étant pas amusants sans de croustillantes anecdotes, j’en retiens deux, à deux jours d’intervalle.

Pour aller dans les Hauts Tatras, nous sommes un soir (donc nuit noire) partis à cinq. Notre équipée ? Une Slovaque au volant, une autre que je ne connaissais pas en co-pilote et derrière il y avait moi, un autre Français et une Turque. Même moi, après six mois en Slovaquie, j’ai été surpris de voir l’inconnue demander à s’arrêter dans une station-service, revenir avec une bouteille de champagne (ok, de Hubert), et la faire péter en pleine virage de montagne, nous faisant boire dans les lacets mal éclairés. C’était dangereux, mais marrant.

 

L’autre anecdote date donc du lendemain. Déjà établis dans notre chalet des Hauts Tatras, notre groupe d’une vingtaine de personnes a du se répartir entre seulement deux véhicules pour rejoindre la rivière dans laquelle nous allions rafter : la voiture de la veille et une sorte de van de huit places. 8+5 = 13. Restent sept personnes à caser. On se sert à quatre par banquettes et les personnes restantes sur les genoux ! Sans oublier qu’un des jumeaux qui nous guidait a fait tourner ses bouteilles de hruska et de slivovica, avec un verre à shooter. Nous sommes ainsi partis sobres sur les routes de montagne. Pas dit que nous l’étions en arrivant…

 

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La rue menant à l’Université de Banska Bystrica

 

(Vous avez déjà essayé de trouver des photos d’illustration à un sujet aussi bateau que les voitures (LOL) ? C’est super dur… Alors je vous mets une vidéo, voilà.)

 

 

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 07:00

Ce n’est une surprise pour personne : l’Europe centrale est beaucoup plus religieuse qu’à l’Ouest. En Slovaquie, j’étais abasourdi quand je voyais de jeunes demoiselles aller à l’église le dimanche soir en arrivant au dortoir. Ce n’est pas tant que ça me choque qu’on puisse aller à l’église à 20 ans, c’est juste que je ne suis pas habitué. En fait, je n’avais jamais rencontré de personnes si pratiquantes que ça. Autre exemple : un dimanche, nous sommes allés en bus à Cracovie (il faisait -15°c, mais c’est une autre histoire), et sur les petites routes polonaises, lorsque nous entrions dans les villages, il y avait la queue pour entrer dans les églises et les parkings étaient pleins. En France, les églises ne sont pleines que pour les mariages ou les enterrements, à Noël et à Pâques.

 

Ce qui m’amène à parler de la Toussaint. En France, on aime bien nos morts, on leur rend visite, on dépose des fleurs, on arrange la tombe et on se recueille. Mais ce n’est en aucune mesure comparable avec l’importance de la fête en Europe Centrale. Depuis plusieurs jours je vois des nouveaux bus dans Varsovie, numérotés C suivi d’un nombre comme C51. En fait, c’est C comme cmentarz, cimetière.

 

Ce qui change par rapport à la France, c’est l’ampleur. A Banska Bystrica, nous avons été avec un ami turc visiter le cimetière de la ville le jour de la Toussaint. Déjà, le cimetière de BB, logé derrière les remparts, est magnifique. Mais il fallait voir cette foule, déposant des gerbes de fleurs et des bougies dans des lanternes un peu partout ! Le cimetière était paré de mille feux et brillait, c’était vraiment très beau. Nous n’avons pas pris de photos de l’intérieur du cimetière, respect du deuil oblige (bon ok, on en a une moche, la voici).

 

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Quelques lumières dans le cimetière de Banska Bystrica

 

Ces petites lanternes, on les retrouve en vente un peu partout dans les magasins un mois avant la Toussaint, aussi bien dans un LIDL que dans un centre commercial. Il faut voir les gens repartir avec des caddies remplis de petites lanternes.

 

Toujours prêt à tous les sacrifices, j’ai enfilé mes habits de reporter et je m’en suis allé prendre le bus C51 pour rejoindre le cmentarz Powazki, le plus grand et le plus ancien cimetière de Varsovie.

Armé de ma caméra high-tech, un appareil photo numérique datant de 2007, il a fallu survivre dans un bus bondé, pire que le métro parisien aux heures de pointe un jour de grève.

En sortant du bus, une masse incroyable de personnes allait et venait. Une véritable fourmilière se frayait un chemin dans les allées du cimetière. De ce côté-là, aucune surprise : cela brillait de mille feux et les tombes étaient recouvertes de fleurs fraîches.

Après s’être perdu dans ce dédale sans lumière, nous avons déposé une bougie aux victimes de Katyn, dont je parlerai plus tard, puis nous sommes repartis, avec toujours autant de monde dans le bus malgré l’heure tardive.

 

Une promenade dans les allées du cimetière avec ma caméra en mode vision non-nocturne

 

Tant qu’on est dans le cimetière, je ne peux pas faire l’impasse sur le cimetière monumental de Milan, réservé aux personnes les plus riches évidemment, qui ont rivalisé pour s’offrir des tombes plus titanesques les unes que les autres. Ce n’était pas la Toussaint mais un froid après-midi de janvier, mais ça m’a mis sur le cul tout de même. Voici quelques photos.

 

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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 09:00

En slovaque, Ponorka signifie « Sous-marin ». Deux boîtes de Banska Bystrica sont ainsi nommées : le Old et le NewPonorka. Une amie m'avait également montré un Ponorka à Bratislava (je vous ai déjà dit que cette ville est la plus laide que j'ai jamais vu?).

 

Pourquoi cette dénomination commune ? Parce qu'après une soirée dans une de ces boîtes, on finit la tête sous l'eau, complètement déchiré ? Non, les Slovaques aiment bien les sous-marins, c'est tout. J'ai bien vu un monument commémorant la gloire des marins slovaques à Bratislava. Étant donné qu'il y a beaucoup de mer en Slovaquie, ça fait tout de suite sens.

 

Hors de question de parler du Old Ponorka ici. Je n'y ai été que peu de fois, et quand je me souviens qu'une fois mon colocataire slovaque en est revenu avec un morceau de dent en moins parce que les néo-nazis s'en étaient pris à un de ses potes (avec l'aide des videurs), je n'ai pas trop eu envie d'y retourner. Pour l'anecdote, si mon coloc est revenu, c'est qu'il a allongé un des agresseurs et avait peur d'avoir des problèmes avec la police. On sait jamais, des fois qu'il l'aurait tué (faut dire qu'il bougeait plus, apparemment).

 

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L'enseigne du New Ponorka

 

Quand on parle du Ponorka aux étudiants passés par Banska Bystrica, leurs yeux commencent à briller. Pourquoi ? Parce que c'est petit, sale et glauque, tout simplement. La musique y est beaucoup trop forte, on en sort complètement sourd. Les toilettes sont sordides. Il y a une petite salle avec un baby foot qui sert plus à faire des bébés qu'à jouer au foot. Cela ne vous attire pas ? Je vous rassure, la première fois que j'y suis entré, j'ai un peu tiré la gueule : « qu'est-ce que c'est que ce bordel ? » Je suis resté debout à l'entrée, je me suis aventuré dans la masse humaine dire que je me cassais aux autres et je suis reparti à pieds dans la neige. Seulement, cette fois-ci, j'étais sobre. Sans faire l'apologie de l'alcool, il faut bien se rendre compte que le Ponorka n'est marrant qu'après un ou deux verres, et c'est pour cela que sa fréquentation explose à partir de deux heures du matin, pas avant.

 

Comme je l'ai dit, le Ponorka est petit. Mais alors, comment danse-t-on ? En montant sur les tables et sur les bancs, pardi. Ne me dites pas que ce n'est pas voulu ! Il y a des barres sur les murs pour se déhancher comme des femmes de petite vertu, et croyez moi ou non, mais je suis très bon pour ça. Et quand on a pas envie de danser, on peut tout simplement regarder les demoiselles se déhancher, un verre à la main. C'est divertissant aussi.

 

Hum, quelques souvenirs du Ponorka ? Voyons voir... Ah, des souvenirs que je peux décemment écrire dans un blog public ? Ça restreint la liste.

L'une des premières fois où je suis allé au Ponorka, ils ont passé le thème de Pirates des Caraïbes en version dance. Il fallait nous voir sauter de table en table en se poursuivant. C'est con, Jack Sparrow il a pas de sous-marin.

Sinon, toutes les soirée au Ponorka se ressemblaient un peu. C'était juste marrant de se retrouver là, entre amis, dans le même délire, à danser sans honte sur les tables, avec un DJ vraiment excellent.

 

Le Ponorka, c'est le symbole de la débauche la plus absolue, mais c'est aussi pour ça qu'on l'aime. Mais, car il y a un « mais », cela ne peut pas durer éternellement. En face du Ponorka s'est construit un immeuble d'habitations et du fait du bruit engendré par la boîte (et c'est peu dire), le Ponorka va devoir déménager. Et cela ne sera plus jamais pareil.

 

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Des inconnus (ne me cherchez pas, c'est une photo de 2008 que j'ai piqué sur un site)

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 07:51

A chaque fois que j'ouvre mon passeport, j'ai honte de ma photo. J'ai une coupe de cheveux de néo-nazi (ne jamais demander une coupe « not too short » en Slovaquie), les yeux dans le vague, une expression bizarre... Bref, on voit bien que je suis pas bien.

Et pour cause !

 

Ma carte d'identité est arrivée à expiration au début de l'été 2010, et j'ai eu la flemme de la refaire avant de partir, d'autant plus que j'avais mon passeport. Un beau passeport, fait en 2008, avec ce qui doit être l'une des plus belles photographies qui n'aient jamais été prises de moi, et mieux encore, un tampon des Etats-Unis d'Amérique. J'y tenais énormément, à ce passeport.

 

Seulement, certaines choses font que l'on doit parfois se séparer des choses que l'on aime... Après être rentré de Budapest, j'ai posé mon passeport sur l'étagère au-dessus de mon lit afin de ne pas le perdre dans la veste de mon blouson en soirée. Décision très adulte, n'est-il pas ? Mais ce passeport, je ne sais comment, va tomber pile dans le mécanisme d'ouverture du lit. Si bien que lorsque je l'ai cherché, paniqué, pour m'en aller vers Vienne, j'ai ouvert mon lit. Et entendu comme un poinçonnage. C'était mon passeport. Bam.

 

 

Moi j'ai fait un grand trou.

 

J'ai vraiment fait la gueule. J'y tenais à mon passeport. Et pire que tout : j'étais bloqué en Slovaquie à tout jamais, ne pouvant prendre l'avion, le bus ou louer une voiture. Il me restait la possibilité de repartir à pieds par les montagnes pour éviter les contrôles d'identité. Ça m'a pas empêché d'aller à Vienne ni à Cracovie, ceci dit.

 

J'ai attendu un mois avant de me décider à aller à Bratislava faire un nouveau passeport. Le problème, c'est qu'il n'y avait que le vendredi que je n'avais pas cours, et comme je suis sérieux, c'était le seul jour où je pouvais y aller. L'autre problème est que le vendredi suit le jeudi, et que le jeudi avait lieu une méga soirée réunissant toutes les sections d'ESN de Slovaquie, à Banska Bystrica. Donc on a fait la fête. Je devais aller à Bratislava avec un couple d'amis, mais ils avaient tellement tirés sur la corde cette nuit-là que je les ai attendus jusque 5h du matin pour finalement qu'ils me disent qu'ils ne viendraient pas. Ok, je ne sais pas où est la gare de bus, quel bus il faut prendre, je sais juste qu'il part à 5h30. Je prends mes clics et mes clacs, le bus 34 qui passe juste à la sortie du dormitory et me voilà dans l'inconnu. Je demande mon chemin à une jolie Slovaque (elles sont toujours jolies dans mes souvenirs), elle me mène carrément jusqu'au bus pour Bratislava. Hop, 6€90 en moins dans mon porte-feuille, je m'installe et commence à somnoler. A un arrêt, une petite fille s'installe à côté de moi. Je m'endors cinq minutes, elle a été remplacée par un colosse barbu de deux mètres. Ça grandit vite à cet âge-là. (En fait il me semble que cette anecdote date de Mars 2011 parce que je suis presque certain que je n'ai pas dormi, mais je ne suis plus sûr, alors autant la mettre.)

 

J'arrive à Bratislava à 9h du matin, où je retrouve une copine de Trencin. Pour être clair tout de suite et ne pas y revenir, Bratislava est la ville la plus laide que j'ai jamais vu. Et pourtant j'ai étudié à Reims avant les travaux d'embellissement.

 

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Le sapin de Noël le plus moche du monde

 

Nous nous rendons à l'ambassade française et attendons dans le couloir qu'un Monsieur, très gentil, puisse nous recevoir. Je ne me rappelle plus très bien notre conversation, mais j'ai dû en dire, des bêtises, avec mon état d'ébriété conjugué à mon état de fatigue avancé. Je me rappelle juste que je lui ai dit que j'habitais au neuvième étage. D'un bâtiment qui en compte huit. Oui.

Et là nous prenons la photo pour mon passeport. Le flash me détruit les yeux. Je ne vois pas bien le résultat sans mes lunettes, lui semble s'en satisfaire. Nous nous donnons rendez-vous deux semaines plus tard, quand mon nouveau passeport sera arrivé de Vienne. En effet, je pu rentrer en France pour Noël et j'ai gagné le droit d'avoir honte de ma tête pour la décennie à venir.

 

J'ai repris le bus vers 15h, après que ma copine m'ait fait visiter la ville (LOL), un halusky et trois tours sur un minuscule marché de Noël valable uniquement pour son vin chaud très corsé.  

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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 11:50

Le masla (à prononcer machla) est plus qu'un sandwich, plus qu'un hamburger, c'est un concept, quelque chose qui sort d'une Quatrième Dimension pour venir se placer dans ton palais et exploser comme le plus grand des orgasmes.

Cependant, pour goûter à ce désirable met culinaire, il faut aller le chercher à 5 heures du matin après avoir passé toute la nuit en boîte, et de préférence avoir consommé quelques verres de hruska. Eh oui, on n'accède pas si facilement au bonheur.

 

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La cabane à Masla de Banska Bystrica, qui fait aussi hamburgers et hot dogs. Mais personne n'en prend jamais, de toute façon.

 

Co to jest to masla ?

C'est un pain, pas à hamburger étant donné qu'il n'est ouvert qu'à moitié. A l'intérieur, l'on glisse de la salade, de la tomate, un cordon bleu, des oignons, de la tatarska omacka (une sauce délicieuse ressemblant à de la mayonnaise mais en quinze fois meilleure), et c'est tout. Et ça coute 1,50€. C'est tout con, mais qu'est-ce que c'est bon.

 

Notre communauté intellectuelle se réunissait toujours au même Masla, près du centre commercial, qui était ouvert 24h/24 et dont le pique d'affluence correspondait à 3h – 5h du matin. L'on trouve des maslas aux quatre coins de la Slovaquie, souvent aux gares de bus ou de train, mais pour en avoir goûté plusieurs, rien ne vaut celui de Banska Bystrica. Plus gros, plus généreux, mieux cuit, il est la réponse à toutes vos envies, et il clôt le mythique triptyque Kapitol – Ponorka – Masla.

 

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La variante réclamée par un ami turc : avec du ketchup. C'est dégueulasse. Ca dénature totalement la recette traditionnelle du masla.

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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 07:44

Le Championnat du Monde de Hockey sur Glace 2011 s'est tenu en Slovaquie, à Bratislava et Kosice, du 29 avril au 15 mai 2011. J'y étais, et c'est toujours bien d'assister à une ferveur populaire qui prend tout un pays, malgré les résultats décevants de l'équipe nationale, avec des drapeaux et des maillots de hockey absolument partout.

 

Je n'ai malheureusement pas assisté à un match de hockey sur glace en vrai, uniquement sur écran géant. Je regrette amèrement d'avoir refusé de me rendre à un match de Première Division où le frère d'une amie jouait à cause d'un devoir à rendre le lendemain. J'étais à Kosice lors de l'ouverture du championnat et j'ai donc regardé le match de la France contre la Suisse (défaite 0-1 dans les prolongations...) en mangeant une soupe aux foies de poulet (immonde!) avant de voir sur écran géant le match de la Slovaquie contre la Slovénie. Quelle foule ! La Slovaquie était menée 1-0 par la Slovénie (le grand silence) avant de remonter et de gagner 1-3. Une belle explosion de joie avec des drapeaux qui flottent un peu partout.

 

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Un tramway aux couleurs de la compétition à Kosice

 

A Banska Bystrica, il n'y avait rien de spécial de prévu, aucun village avec écran géant comme à Kosice ou Bratislava. Il ne restait que les bars. Nous avons tout de même pu assister au match couperet de la Slovaquie, qui a fait un très mauvais championnat du monde. Qualifiée pour le Second Tour de Groupes, elle devait gagner contre la République Tchèque. Ce soir là avait lieu le Majales, festival rock ayant lieu sur le stade en contrebas du dortoir. Hasard, Gladiator, auteur de la chanson hymne de la Slovaquie pour le Championnat du Monde, jouait. Nous avons donc eu droit à Gladiator chantant à la gloire de la Slovaquie au moment même où, sur l'écran géant à côté, la République Tchèque annihilait tous les espoirs slovaques sur le score de 3 à 2. Étonnamment, il n'y a pas eu d'after dans les bars de Banska Bystrica après le concert...

 

 

La foule devant l'écran géant à Kosice après la victoire de la Slovaquie (eh oui, c'est ma propre vidéo, je suis aussi reporter son et image)

 

Nous avons quand même été voir la finale dans un bar opposant la Finlande à la Suède sur la place centrale de Banska Bystrica autour d'une bonne bière. Le match était intéressant du fait qu'un de nos amis était Finlandais. Nous avons évidemment tous pariés sur une victoire de la Suède. Celle-ci menait 1-0 au milieu du deuxième tiers-temps, et après avoir bien chambré l'ami du Grand Nord, je suis parti parce que le match n'était jusque là pas folichon. La Finlande a marqué 6 buts en 20 minutes pour l'emporter 6-1. Vous remarquerez la qualité de mes dons de voyance.

Au classement final, la Slovaquie a terminé 10e et la France 12e, malgré la branlée reçue contre le Canada (9-1).

 

Deux vidéos avant de terminer. Tout d'abord un magnifique but marqué par le Finlandais Mikael Granlund contre la Russie. Ensuite, le clip de la chanson de Gladiator, que nous avons chanté à tue-tête durant toute la fin d'Erasmus. SLOVENSKOOO ! SLOVENSKOO ! HEY YA HEY YA EH SLOVENSKO !

 

 


 
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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 08:19

J'ai vécu neuf mois en Slovaquie dans un dortoir de la faculté de Banska Bystrica. Je dois bien avouer que lorsque je suis arrivé, j'ai eu peur. Déjà, là où le professeur qui m'y envoyait m'avait dit que ce serait des chambres de deux maximum, je me suis retrouvé dans une chambre avec TROIS lits. Dans les faits, nous sommes restés deux avec mon coloc turc jusque la mi-octobre. Un premier arrivant slovaque n'a pas supporté notre bordel commun, tandis que le second s'en est très bien accommodé, il était pareil. Et comble de notre chance, il n'était là que du mardi au jeudi. Il a par contre demandé une chambre seul au second semestre pour pouvoir « dormir » avec sa petite amie de temps en temps, et nous avons récupéré un autre turc, et on s'est super bien entendus. Niveau colocataires, j'ai eu beaucoup de chance.

 

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Mon bloc vu de l'extérieur

 

Revenons à cette chambre. Un petit bureau, bien trop petit, tout comme l'était notre armoire pour nos vêtements. Le matelas n'en était pas un, c'était très inconfortable, mais on s'habitue. On y tenait difficilement à deux. On pouvait relever le matelas, dévoilant un espace de rangement en dessous. Cela jouera un rôle déterminant dans l'histoire que je vous conterai un de ces jours, sur les raisons qui font que j'ai une tête d'alcoolique sur mon passeport.

Il y avait également dans nos chambres trois prises Ethernet. Parfait, nous avons Internet ! Eh non, il y a les prises, mais elles ne sont reliées à rien. Bien joué ! Pas Internet dans le dortoir sauf... sauf pour moi ! Du haut de mon 8e étage (sur 8), avec un netbook bas de gamme acheté deux ans auparavant, lorsque je le posais à une place précise sur mon bureau, je captais Internet ! Je suis vite devenu la star du dormitory, le Superman des nouvelles technologies.

 

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Ma chambre, juste après mon arrivée

 

Nous avions un balcon, duquel nous avions une vue ma foi assez jolie. L'intérêt du balcon est de pouvoir étendre son linge et devoir aller le ramasser en contrebas à chaque coup de vent. Mes boxers aimaient bien voler. L'autre intérêt vital du balcon est, en hiver, de servir de frigo géant, étant donné que le frigo de la cuisine était petit et prévu pour 16 personnes (cela tient clairement du foutage de gueule). Seulement, gare aux changements brutaux de température... J'y avais laissé de la viande à kebab et des poissons panés, je suis parti trois jours en Pologne et ça a dégelé... C'est resté là un mois car l'odeur était de plus en plus pestilentielle et je ne savais pas comment m'en débarrasser. Bon j'ai bien du finir par le faire, mais je ne dirai pas comment.

 

Nos appartements étaient composés d'une chambre de trois, d'une chambre seule, de toilettes (témoins d'une guerre froide portant sur qui ira racheter du PQ, allant parfois très loin... les lingettes pour bébés, c'est pas très agréable, mais quand on a plus que ça...) et d'une salle de bains minuscule avec une douche et un lavabo. Dans l'entrée, un petit meuble pour mettre ses chaussures (ou un ballon de foot et des bouteilles d'alcool qu'on voulait cacher), et trois porte-manteaux. Pourquoi cacher l'alcool ? Selon les règles du dormitory, il était interdit de boire dans l'enceinte du bâtiment, sachant que trois règles plus bas, il était stipulé que les étudiants devaient eux-mêmes se débarrasser de leurs bouteilles d'alcool en verre dans les conteneurs prévus à cet effet à l'extérieur. Au moins ils ne sont pas naïfs.

 

J'aime à voir le palier de chaque étage comme un hub dans les jeux vidéos (genre Super Mario 64) : cinq portes pour cinq mondes différents. La 851 pour aller embêter les Polonaises, la 852 pour se confronter au Polonais fou à neuf doigts, la 855 pour affronter le système électrique de la cuisine, la 853 pour dormir (c'était la mienne) et la 854 étant le palais interdit des studieuses filles slovaques : je n'y suis jamais entré !

Ce hub a également accueilli l'une des soirées les plus mémorables qu'ait connu le dormitory dans toute son histoire, ne lésinons pas sur les mots. Cela avait commencé par une dégustation intime de vodka polonaise, à quatre ou cinq, et ça s'est fini avec une table sur le palier, des dizaines de bouteilles sorties de nul part, deux guitares et quarante personnes provenant de tout le bloc.

 

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Du monde dans le hub.

 

La cuisine du 8e étage était spéciale : outre le fait qu'elle fut témoin de mes divers exploits culinaires, elle était le centre névralgique de la vie sociale Erasmus. Les gens ne savaient pas quoi faire ? Ils venaient faire un tour dans la cuisine du 8e. Peut-être est-ce dû au fait que nous nous sommes rapidement très bien entendus, mes colocs turc et slovaque et moi, buvant et riant dans la cuisine, et faisant effet boule de neige. Et puis le 8e étage était le plus éloigné du sol (logique), ce qui amenuisait peut-être les chances de se faire pécho par la vratnica, mais j'y reviendrai.

La cuisine : une petite table, quatre chaises, un minuscule frigo, un évier et deux plaques électriques datant de la période communiste. J'ai voulu une fois brancher mon ordinateur portable à une prise de courant, ça a explosé, ma prise a carbonisé, le courant a sauté et j'ai eu les doigts engourdis pour le reste de l'après-midi. La plus grande de nos deux plaques ne marchait que des températures 1 à 2 et entre 4,5 et 4,75. On avait un sacré doigté pour la mettre en marche. Au 6e étage, une fois sur deux, la plaque faisait sauter les plombs ou chauffait trop fort, devenant rouge vif.

Chaque étage avait à peu près ses spécialités : le 8e c'était la fête, le 7e c'était l'étage avec le four, le 6e celui des Françaises, le 5e celui de l'alliance franco-turc, le 4e des Bulgares, le 3e des jolies slovaques, etc...

Nous accédions au 8e étage par un ascenseur très particulier : il n'était pas nécessaire d'en fermer les portes intérieures, étant de ce fait très risqué, mais rustique. C'était cool, sauf quand il tombait en panne, et alors là c'était parti pour se taper les huit étages, ce qui est une gageure lorsque l'on revient exténué à cinq heures du matin. Une fois, l'ascenseur a voulu aller au 9e étage. Il a eu un petit problème.

 

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Un frigo pour 16

 

Le dortoir, accolé à la faculté d'humanités (en fait formant le même bâtiment) est décomposé en sept blocs, de A à G. J'étais dans le F. Les blocs C&D&E et F&G étaient séparés des autres par une double porte avec une vratnica (ou un, ressemblant à Hitler), qui contrôlait les entrées et les sorties. Nous devions à chaque fois montrer nos preukaz, cartes de dortoir jaunes. Impossible de venir avec un(e) ami(e) sans déposer sa carte à la vratnica. Et celle-ci faisait régner la loi la nuit, veillant à ce qu'il n'y ait plus de bruit après 22 heures, ce qui est normal quand on pense aux Slovaques qui étudient vraiment. Ils ont quand même été cools avec nous au 8e, nous laissant jusque minuit généralement, et étant plus coulant pendant les périodes de vacances.

Cependant, ces double portes étaient généralement fermées à clé la nuit, tout comme la porte d'entrée du bâtiment. La nuit, les concierges font des rondes. En plein hiver, il nous est arrivé d'attendre une demi-heure dehors qu'il revienne nous ouvrir, puis une autre demi-heure devant la double porte menant à notre bloc ! Incompréhensible.

 

L'autre haut lieu de sociabilité inter-Erasmus était le corridor principal du dortoir, seul endroit où il y avait Internet. Ainsi, parfois, il y avait une vingtaine de personnes assises par terre ou sur des fauteuils pour les plus chanceux, des multi-prises partout... Mais cela avait du bon. Sans Internet, il fallait aller vers les gens dans les dortoirs pour leur demander quelque chose, cela avait définitivement quelque chose de plus humain, de plus communautaire, qu'il n'y aurait pas eu avec Internet.

Il y avait un petit bureau réservé à l'association Erasmus ESN, avec bureaux et sièges confortables, et nous avions la chance de connaître l'un des maîtres des clés. On pouvait y commander des pizzas et les y déguster tranquillement.

 

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La cuisine, un lieu de rassemblement pour architectes

 

Un dernier mot sur la laverie, avec deux machines à laver et un sèche-linge, dans les sous-sols du bloc B, et qui ne fonctionnaient qu'avec des pièces de 50cts. Il y avait des combines pour en avoir : mettre 2e dans la machine à café de la fac, ou dans le distributeur de sucreries du dortoir, il suffisait d'acheter une gaufrette à 30cts et cela nous faisait déjà 3 pièces de 50cts.

 

Il y aurait encore des dizaines de choses à raconter sur le dortoir. Une dernière, et si d'autres me reviennent, je ferai un second article. Une femme de ménage passait toutes les semaines nettoyer nos chambres, il fallait libérer le sol (normal), et tous les matins pour changer la poubelle. Sauf qu'elle venait à sept heures du matin, frappait lourdement à la porte, hurlait « DOBRE RANO », la claquait encore plus fort. Très agréable. Dans la cuisine, il fallait aussi que rien ne traine. S'il restait de la vaisselle PROPRE sur l'égouttoir de l'évier, elle piquait une crise, la prenait et il nous fallait payer 15 putains d'euros pour la récupérer. Une sorte de guerre froide s'est installée entre la cleaning woman et le 8e étage, mais étonnament, elle nous a sauvé la vie, nous montrant son cœur. Après une soirée à laquelle je ne participais pas, je ne sais plus où j'étais, la vratnica a découvert que des Polonais s'étaient introduits illégalement au 8e étage et lors de cette soirée, les fenêtres s'étaient fissurées... La cheftaine du dortoir, rescapée des purges communistes, allait venir inspecter les chambres et mettre tout le monde au pas. C'est-à-dire nous virer à la moindre infraction. Nous étions innocent (enfin moi plus que mon coloc), mais nous avions sur notre balcon comme une trentaine de bouteilles vides et cinq ou six autres réduites à l'état de débris de verre (mon coloc s'amusait à les faire exploser avec des pétards, chacun son truc). On était bon pour la prison, là. Faut dire que nous récupérions les cadavres de bouteilles de tout le monde au 8e, que c'était encore l'hiver et que le conteneur à verres était loin, genre juste en bas du dortoir. Eh bien la cleaning woman, qui le savait, nous a prévenu en début d'après-midi, nous a ouvert une porte secrète réservée aux cleaning ladies qui faisait que nous n'avions que trois pas à faire dehors pour jeter le verre. J'ai quand même eu un doute, j'ai eu peur qu'elle avertisse la cheftaine et qu'elle nous attende en bas de l'ascenseur pour nous prendre sur le fait, un plan digne de notre machiavélique ennemie jurée, mais non, elle avait retourné sa veste et nous aimait bien, finalement.

 

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La vue depuis le balcon. En face, les blocs D et E.

 

Et j'ai encore pleins d'anecdotes plus ou moins croustillantes à raconter ! Quel prix pour ce concentré de bonheur ? 47€ par mois.

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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 07:10

En Champagne, nous avons la chance d'avoir le champagne à portée de lèvres, ou presque. Ce n'est pas forcément le cas partout. Il y a pourtant une demande, et il faut donc la combler. Et en Slovaquie, c'est là qu'Hubert entre en scène.

 

Dans les supermarchés slovaques, Tesco, Coop ou Kaufland, au rayon alcool, il y a des rangées et des rangées de bouteilles de Hubert. Du brut, du semi-brut, du Deluxe, du Méga-deluxe, du rosé, et encore, je dois bien en oublier une autre demi-douzaine. Qu'est-ce que le Hubert ?

 

La bouteille ressemble à une bouteille de champagne, les bulles sont identiques, la couleur est la même, mais...

 

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Hubert, l'Original...

 

Mon premier vrai contact avec le Hubert ? Restaurant Barbakan à Banska Bystrica, début octobre 2010. J'y emmène une demoiselle pour un dîner non-romantique malgré le cadre : restaurant faiblement éclairé, installé dans une ancienne fortification médiévale, servant des mets succulents. Le dîner, donc.

Voulant faire le flambeur et impressionner ma Slovaque avec mon argent de riche Français payé par Erasmus, je pris du cerf avec une sauce marron onctueuse dont je ne saurai dire la saveur avec le recul. Elle prit du saumon. Et je commandai une bouteille de champagne. Et l'on m'amena une belle bouteille de Hubert Deluxe (je ne regarde pas à la dépense pour séduire) dans un seau à Hubert.

Deux coupes, des bulles alcoolisées... et un goût de jus de pomme.

Voilà ce qu'est le Hubert : du Champomy à 15° d'alcool. Cela n'a donc rien à voir avec le goût du vrai champagne, mais c'est tout de même bon.

(Pour l'anecdote, même si la demoiselle a finie pompette, je suis reparti la queue entre les jambes, les miennes.)

 

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Le Barbakan, c'est quand même la classe

 

L'égalité Hubert = Champagne est tellement ancrée dans les esprits slovaques que lorsque je leur ai amené du vrai champagne, ils n'ont pas voulu me croire que cela avait vraiment ce goût là. Et ils n'ont généralement pas aimé.

En boîte, quand je hurle « du Hubert, du Huberte, du Houber, du HOUBERTE », on ne me comprends pas. Quand je demande « Champagne », on me sort une bouteille.

 

Un petit mot sur le prix du Hubert : 3 à 5€ la bouteille en grande surface, 10€ en boite et au resto. C'est quand même super abordable, et c'est méga bon. Et quand tu as une bouteille en boite, t'es considéré comme le Roi du Halusky.

 

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Hubert Grand Rosé...

 

Aller un petit peu d'histoire, d'autant qu'il y a une belle romance.

L'histoire débute lorsque Hubert Johann Evangelista (?), un soldat originaire de Champagne, est blessé lors des guerres napoléoniennes en Russie. Exsangue, il est ramené à Bratislava où une jolie infirmière s'occupe de lui, Paulina (toutes les Paulina sont jolies, c'est un fait). Ils tombent amoureux et se marient.

Ce cher Hubert doit maintenant gagner sa croûte, et il se rappelle qu'il connaît le secret de production du champagne (plus ou moins, hein)... Il crée donc son entreprise en 1825 pour la production de vin mousseux, première usine en dehors de France.

 

 

 

Hubert Deluxe, tellement érotique...

 

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