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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 07:22

Je vous présente une chanson de T.Love qui s'intitule sobrement Warszawa, et qui reste bien dans la tête.

 

 
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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 07:30

 

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Après avoir lu Quo Vadis ?, monument de la littérature polonaise, j’ai décidé de regarder son adaptation cinématographique réalisée en 2001 par Jerzy Kawalerowicz. Il s’agissait du film proposé par la Pologne aux Oscars 2001. Il n’a pas été retenu. Pourquoi ?

 

MAIS PARCE QUE C’EST NUL. Bon, j’exagère vachement : il y a du moins bon et du très mauvais, et je me suis coltiné tout ça pendant 2h40.

 

La bande-annonce :

 


 

 

 

Commençons par les bons côtés : Lygie est super super super belle. Magdalena Mielcarz est un régal à voir. Bon, c’est un top model, alors elle ne sait pas jouer, mais on peut pas tout avoir. Et puis pour le peu qu’elle parle… De toute façon, vu que l'histoire, on finit rapidement par s'en balancer... Par contre, Lygie est censée avoir entre 14 et 15 ans, là elle fait un peu vieille. Mais j’avoue qu’en 2001, voir une histoire d’amour entre un mec de vingt-cinq ans et une ado, c’eut pu choquer.

Lorsque j’ai vu l’acteur jouant Pétrone, j’ai failli avoir une attaque cardiaque, renverser la table et écraser mon ordinateur à coups de massue : grand tort que j’aurai eu là. En réalité, Boguslaw Linda incarne parfaitement Pétrone et habite totalement le personnage. En même temps, c’est facile de surnager quand on est le seul vrai acteur pendant 170 minutes de pellicule : tout de suite, on vous remarque.

Michal Bajor, jouant Néron, est plutôt bon, essayant d’apporter des nuances dans un scénario manichéanisé à l’extrême, mais ne peut pas réaliser l’impossible.

La musique est plutôt bonne, il faut l'avouer... mais jamais utilisée au bon moment ! Un moment épique sera souligné par une musique d'ascenseur et un mec qui monte des escaliers aura comme les Chariots de Feu en fond sonore !

Une scène vaut vraiment le coup : la persécution des chrétiens dans l’amphithéâtre en pierre (à propos duquel Sienkiewicz répète plus de cinq fois que celui-ci était EN BOIS, bon Dieu, EN BOIS). La scène des lions est très bonne et épique (vous pouvez la voir à 01:58:00 dans la vidéo à la fin de l’article : c’est le film en entier, sous-titré en anglais).

 

Voilà, c’est fini, on peut passer au reste.

 

 

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Coucou je suis belle mais je suis aussi émotive qu’un poireau.

 

 

Alors tout d’abord, le montage est calamiteux. Les plans se suivent de manière surréaliste, totalement artificielle. Voilà, ce n’est pas naturel, il empêche le spectateur de s’immerger dans la belle histoire qui est contée.

Ensuite, défaut inhérent à l’adaptation : on comprend difficilement. Je ne parle pas de scènes du livre qui ont été coupées, c’est normal et compréhensible. Seulement, l’enchainement des scènes choisies laisse le spectateur un peu perplexe : « attends, ils sont où là ? et c’est quand ? mais comment ils sont arrivés là ? attends je comprends pas, reviens en arrière… » Si bien qu’au bout d’un moment, on s’en fout un peu de ce qui se passe, on attend les nouvelles saillies dialectiques de Pétrone et la persécution des chrétiens.

Après, on a la reconstitution historique : les décors d’intérieur sont géniaux, très fidèles à la vision de Sienkiewicz mais (oui, je sais que vous attendiez mon « mais ») les décors extérieurs… Sérieusement ? Sérieusement les mecs ? On dirait du carton-pâte, c’est artificiel, cela manque de vie. Cela manque surtout de grands plans d’ensemble sur Rome pour replacer l’ensemble spatialement. Là, c’est dénué de vie et de personnalité car détaché de l’espace. D’autant que l’absence de mouvement en arrière-plan renforce le côté artificiel.

Après, il y a aussi le reste des personnages qui sont mal joués, ou les acteurs mal choisis : Marcus (gênant quand le héros se retrouve dans ce genre de liste), Ursus, Poppée, Croton… Ils cabotinent tous, sortant le spectateur du film.

Je ne dirai rien de la fin, mais je l’ai trouvée à chier (je n’oserai pas « scandaleuse », même si j’y pense très fort).

 

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Non mais sérieusement, ils ont pas eu honte de faire des timbres de ce truc (par contre je tamponnerai bien Lygie).

 

 

Bon, voilà, je pense que j’ai pas besoin d’entrer plus dans les détails, comme par exemple citer les effets spéciaux qui font très téléfilms (j’ai envie de citer une scène qui devrait être le point d’orgue du film et qui se termine en sourires gênés au lieu des larmes d’émotion…). Si vous avez deux heures quarante à perdre, vous pouvez subir le film pour savourer le personnage et l'histoire de Pétrone (donc zappez dès que vous voyez la trogne de Vinicius), et si vous avez juste cinq minutes, regardez la mise à mort des chrétiens dans l’amphithéâtre, c’est à 01:58:00 dans la vidéo suivante.

 

 


 

 

 

(Et Eunice est censée être blonde, %#@!&?$ !)

 

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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 07:29

Le Prix Nobel de Littérature a été décerné en 1905 à l’auteur polonais Henryk Sienkiewicz. Enfin, polonais, c’est vite dit, vu que la Pologne n’existait plus. Son œuvre la plus connue : Quo Vadis ?, un roman des temps néroniens, parue en 1895.

 

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Pavé de 700 pages, Quo Vadis ? est un incontournable de la littérature polonaise. Il narre l’amour d’un patricien pour une princesse chrétienne au temps de Néron, et la persécution des chrétiens. Je n’en dis point plus pour ne pas dévoiler une intrigue qui est tout de même cousue de fil blanc.

 

Alors, qu’en ai-je pensé ?

Le style, tout d’abord, de la traduction est magique : elle a été validée par l’auteur lui-même, ce qui en assure la parfaite adéquation avec ses idées. Sienkiewicz était consciencieux et décrit la Rome de Néron parfaitement, s’attardant sur tous les détails : plus qu’un écrivain, il est ici un peintre. Chaque scène est une description parfaite, un ballet devant lequel le lecteur serait comme spectateur.

Ensuite, l’intrigue en elle-même est un brin grossière, et l’on devine aisément comment cela finira : parfois même l’auteur ne va pas au bout de ce qu’en attend le lecteur, décidant de reculer devant la tentation de faire de son œuvre une tragédie totale (ce qui m’aurait personnellement beaucoup plus, faisant passer pour moi ce livre d’ « excellent » à « référence littéraire »). Gros coup de gueule : l’édition Livre de Poche a retranscrit les titres des chapitres de la première édition française, qui annoncent parfois la mort de certains personnages dans le dit-chapitre. Or, ceux-ci sont absents de l’œuvre originale ! C’est vraiment une horreur. Heureusement que les notes sont abondantes et riches afin de mieux comprendre la Rome de cette époque.

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Une carte postale de Mastroianni représentant une scène de Quo Vadis ? (1913)

 

Vient ensuite la partie de mon avis dont l’écriture m’impatientait : la psychologie des personnages. D’un côté, nous avons les chrétiens, personnages le plus souvent gentils mais ennuyeux, et de l’autre côté les païens, et en particulier mon personnage préféré : Pétrone (qui a réellement existé).

Ainsi, Marcus Vinicius, l’amoureux transi, est comme tous les amoureux : il est chiant et ne fait que radoter sur sa Lygie, qui elle, n’en a que pour Jésus. L’Apôtre Pierre est déjà plus intéressant et plus fouillé et même moi, je me suis pris d’affection pour ce vieux bonhomme dépeint tellement las mais si fort. 

Et de l’autre côté, il y a les personnages qui ont du caractère, qui sont retors et qui valent vraiment le coup que l’on s’y attarde. Pétrone, tout d’abord, membre de la cour de Néron, qui se voit obligé de jouer un double-jeu pour survivre, lui qui est esthète et profite de la vie en philosophant. Ses moyens d’action sont retors, souvent non-conformes à l’éthique, mais l’on ne peut qu’aimer ce personnage qui ne croit plus en rien sinon à jouir de la vie tant que Néron la lui laisse. Ses entourloupes et son habileté à discourir le rendent vraiment attachant. Ensuite, il y a Chilon, un Grec un coup du côté de Vinicius, de l’autre avec Néron, un vrai roublard. Il y a aussi Crespus, un chrétien sectaire qui résonne dans l’absolu et déforme le message du Christ : cela montre une dérive que Pierre a essayé de contenir. Et enfin, enfin, il y a Néron. Artiste (infâme) qui ne voulait gouverner que pour l’amour des vers. Personnage retors, tout puissant, déconnecté de la réalité, il est un plaisir à voir évoluer, trompé en permanence par ses courtisans qui l’empêchent de voir la réalité : ce n’est en rien sa faute, mais plutôt celle de sa suite qui l’aveugle. Sienkiewicz a écrit à la fin du XIXe siècle dans une Pologne catholique : Néron y était la figure de l’Antéchrist, bien loin des dernières percées historiographiques qui le dédouanent de beaucoup de méfaits qui ont pu lui être imputés. Il ne faut pas prendre le roman pour argent comptant, mais cela va de soi.

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Une carte postale de Mastroianni représentant une scène de Quo Vadis ? (1913)

 

Le roman n’est pas, à ma grande surprise, une si grosse propagande chrétienne que cela. Comme je l’ai noté, le personnage de Crespus donne à la jeune communauté chrétienne du caractère et des dissensions qui font que tout n’est pas beau et lisse. De plus, le personnage de Pétrone qui ne croit en rien contrebalance la doctrine de Pierre et de Paul de Tarse (lui et Pétrone discutent longuement). Et puis pour ceux qui sont profondément anti-religion, ils pourront se consoler avec les grandes persécutions sur les chrétiens, massacrés par milliers dans de (très belles) scènes dans les amphithéâtres.

 

Plus qu’un roman chrétien, Quo Vadis ? m’est surtout apparu comme un roman de son époque, une métaphore de la répression de la Russie tsariste contre la Pologne occupée, avec la volonté de convertir les catholiques à l’orthodoxie et d’anéantir toute la culture polonaise. Après, ce n’est que ce que j’ai ressenti…

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Une carte postale de Mastroianni représentant une scène de Quo Vadis ? (1913)

 

 Quo Vadis ?, c’est une grande épopée avec de l’amour, de la haine, de la trahison, des exploits héroïques, de la tristesse, de la politique, le tout dans une Rome néronienne criante de vérité. Quo Vadis ?, c’est tout simplement un péplum à dévorer pendant 700 pages.

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22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 07:23

Cette semaine, je vous propose une chanson slovaque de Ribo Grigorov, Ona je madona.

 

 
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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 07:35

Le 10 avril 2012, cela faisait donc deux ans que l’avion présidentiel polonais s’était écrasé en Russie, à Smolensk, tuant 96 personnes. J’ouïs dire que Jarosław Kaczyński, le jumeau restant, organisait une grande cérémonie de recueillement devant le Palais Présidentiel. N’écoutant que mon courage et ma curiosité, je décidai d’aller écouter le discours de Papi Zinzin.

 

Le matin, déjà, Jarosław avait déposé une gerbe de fleurs devant le Palais Présidentiel avant de repartir. Déjà, une foule l’attendait. De l’autre côté de la ville, le Président actuel et le Premier Ministre ont rendu un hommage officiel aux victimes de la catastrophe.

 

Beau soleil, je quitte ma demeure pour rejoindre le centre-ville. Dans Nowy Swiat, déjà, beaucoup de policiers, normal, et beaucoup de personnes avec des drapeaux polonais. J’ai aussi croisé Super Jésus, un mec avec une cape rouge avec le visage du Christ imprimé.

L’on se faufile dans la foule pour finalement être bloqués aux abords du Palais Présidentiel, il ne nous sera possible de voir Papi Zinzin autrement que sur le grand écran installé pour l’occasion. Auparavant, l’on avait croisé une procession funèbre portant les visages de toutes les victimes de la catastrophe.

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La procession en question.

 

Me voilà donc bien installé pour avoir des hauts le cœur pour l’heure suivante. Je suis entouré de vieux, mais, et c’est triste pas que. Derrière moi, un quarantenaire bodybuildé, l’air extrêmement sérieux, veille. Beaucoup de quadra et de quinqua. Sur l’écran géant, une vieille idole populaire chante des chansons patriotiques, scande des slogans pour une Pologne libérée et souveraine. De temps en temps, la foule se met à crier des chants anti-russes, appelant à les égorger avec une faucille et un marteau. Déjà là, je me sens mal à l’aise. J’ai l’impression de me retrouver à un meeting de la Droite Populaire ou du Front National.

Le vieux chanteur se barre enfin, le silence retombe peu à peu, entrecoupé de cris (« Honte ! » revenait beaucoup), et en attendant que Papi Zinzin n’arrive, je prends quelques photos des panneaux portés par la foule.

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De l’anti-russe, normal.


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« Vérité ».

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Rappel de l’alliance des droites entre le PiS de Kaczynski et le gouvernement hongrois d’Orban.

 

Et là, grande clameur populaire. Jarosław Kaczyński arrive sur scène, je ne peux que l’apercevoir par intermittence sur l’écran géant entre tous les drapeaux. Je pense que le mieux est juste de vous livrer les notes que j’ai prises, telles quelles.

 

« Nous avons été trahi… On ne connait pas les vraies raisons [du crash]… Nous avons été trahis ce matin-là (C’est le titre d’un livre en rapport avec la Seconde Guerre Mondiale…Ceux qui ont trahi la Pologne alors, c’est nous. Je faisais pas le fier, là.)… C’est une honte que l’enquête ait été confiée à la Russie ! Une honte que les corps aient été examinés par les Russes ! (Là j’ai un peu perdu le fil) C’est une attaque [du gouvernement Tusk] contre la Croix, contre les Croyants, contre l’Eglise, contre l’enseignement religieux à l’école ! Ils attaquent l’Eglise en empêchant son financement [par l’Etat] ! »

 

J’ai ensuite arrêté de prendre des notes pour plutôt regarder la réaction de la foule vis-à-vis de ce discours violent, populiste et anti-tout. Les gens étaient réceptifs, applaudissaient et renchérissaient même. C’était affligeant. Récapitulons le discours de Papi Zinzin : alors que c’est l’anniversaire de son frère jumeau, Président de la République polonaise décédé en fonction, qu’est-ce qu’il propose ? Au lieu de mobiliser la nation polonaise autour de ce souvenir douloureux, il exploite la mort de son frère dans un discours clivant. Il n’a fait passer aucun message positif, aucun signe d’unité envers tous les Polonais. Il est dans une logique de lutte, de guerre contre les Autres. C’est terrifiant.

 

Fin du discours, la foule scande « Jarosław ! Jarosław ! Jarosław ! »


 

Alors qu’arrivait sur scène Maria Kaczyńska, l’orpheline de Lech et de sa femme, j’ai préféré partir parce que c’en était trop pour moi, et j’avais bien compris le message. Je m’attendais à de jolis discours, des gens tristes pour leur ancien Président et une belle communion entre Polonais, j’ai assisté à un rassemblement de la droite conservatrice flirtant parfois avec l’extrême. Ça m’apprendra, tiens, à être naïf.

 

J’en menais pas large, quand même, en quittant l’attroupement.

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16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 07:22

Je me souviens très bien du 10 avril 2009. J’étais chez mes parents, attablé dans le salon, en train d’écrire mon premier mémoire sur la Bosnie-Herzégovine, faisant des recherches sur le viol en tant qu’arme de guerre. Et tout à coup, flash info à la télévision, l’avion présidentiel polonais venait de s’écraser en Russie, à Smolensk, tuant toute la délégation, le Président de la République Lech Kaczyński compris. Je n’avais alors jamais été plus à l’Est que Strasbourg, mais je savais juste que Kaczyński gouvernait avec son jumeau Jarosław, et que ça c’était quand même rigolo quand on y pensait.

 

Je revois très bien les images de l’avion totalement déchiqueté, et de la foule de Polonais qui apportaient de jolies bougies dans Varsovie à la mémoire des morts. C’était très triste, imaginez que l’on perde Nicolas Sarkozy !…Bon, ok, riez, mais c’est mal de souhaiter la mort de quelqu’un, vous ne l’emporterez pas au paradis.

 

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Seulement, le crash de Smolensk a dérivé de la tragique catastrophe unissant la Nation vers quelque chose de politiquement clivant, et qui, à mon sens, vampirise totalement le débat autour d’un évènement apolitique. Je veux dire, l’avion, il s’est écrasé, on fait une enquête et on en parle plus, c’est pas la faute de l’avion si en 2012 le gouvernement de Donald Tusk veut faire passer l’âge de la retraite à 67 ans. Sauf qu’il y a deux éléments qu’il faut garder en mémoire : primo, il reste un jumeau, principal dirigeant du parti d’opposition, à qui la mort de son frère a fait perdre la tête, et secundo, l’avion s’est écrasé en Russie. Et ça change beaucoup de choses.

 

Aujourd’hui, je parlerai donc de la tragédie de Smolensk en elle-même, tandis que mercredi, je publierai un billet sur les commémorations du second anniversaire de la catastrophe.

 

Le 10 Avril 2010, donc, la délégation polonaise composée du Président de la République Lech Kaczyński, sa femme, le chef d’état-major, les dirigeants des corps de l’armée, le gouverneur de la Banque nationale, le vice-Ministre des Affaires Etrangère, les vice-Présidents des deux chambres, de membres de l’Eglise et des représentants des familles des victimes de Katyn devait donc se rendre en Russie pour commémorer le 70e anniversaire du massacre de Katyn perpétré alors par l’URSS, ce qui a empoisonné pendant des années les relations entre la Pologne et la Russie, Etat successeur de l’URSS.

 

Oui mais non. Un épais brouillard enveloppait la piste d’atterrissage de l’aéroport de Smolensk (en Russie, rappelons-le), et c’est le drame. L’avion s’écrase, faisant 96 victimes, aucun survivant. Aux dernières nouvelles, les autorités russes auraient donné des indications imprécises aux pilotes qui auraient montré la volonté de ne pas atterir, mais auraient été pressé par un haut-placé (le Président ? un Général ?) de s'exécuter. Les pilotes n'auraient également pas reçus une bonne formation. Bref, responsabilités partagées.

 

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C’est un drame national, bien évidemment, des millions de personnes se retrouvent pour partager leur douleur et se recueillir. Cependant, la jolie unité nationale vole rapidement en éclat.

Des catholiques veulent qu’une gigantesque croix apportée pour symboliser la mémoire des victimes reste devant le Palais présidentiel, ce qui n’est pas du goût des opposants, et une femme monte en haut pour ridiculement empêcher son enlèvement. Le Président Lech Kaczyński et sa femme sont enterrés à Cracovie auprès des rois et héros polonais (alors que rappelons ici son seul mérite : s’être crashé en avion).

Ensuite, il y a eu la récupération politique par le parti de droite « Droit et Justice » (PiS) et par le jumeau-tout-seul Jaroslaw. Le PO remportant les élections présidentielles en juin, le PiS devient donc parti d’opposition mais ne s’occupe que de Smolensk. Toute sa communication est basée sur Smolensk : c’est un complot russe, il ne fallait pas laisser les Russes mener l’enquête, c’est un complot du PO (ça change selon les vents), etc, etc… Ils ne proposent rien de sérieux, réclamant juste la vérité sur le crash, et ce deux ans après les faits. Le PiS, dirigé par Jaroslaw Kaczynski, n’existe plus que par Smolensk.

Et lorsque l’on tape sur Youtube « Smolensk », l’on voit une liste de vidéos montrant comment les Russes ont abattu de sang-froid les survivants, etc… Bien sûr. Le pire, c’est que cela a encore beaucoup de crédit auprès de l’électorat du PiS, comme je l’ai vu aux commémorations du second anniversaire du crash.

 

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(Article très incomplet, mais ce n’est qu’une introduction au prochain, sur les commémorations auxquelles j’ai assisté.)

 

Ici une vidéo résumant quelques résultats des enquêtes officielles :

 
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15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 07:17

Un petit peu de musique polonaise en ce dimanche avec une chanson de Myslovitz, Długość Dźwięku Samotności.

 

 
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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 07:48

Avant le 15 septembre 2010, je n’avais jamais mis les pieds en Slovaquie. Pour tout dire, je n’avais pas vraiment envie de partir. Tout seul, je savais déjà que je devrai partager ma chambre et parler à des gens, ça ne me tentait pas trop. Et puis la Slovaquie quoi, c’est pas hyper sexy.

 

Le 13 septembre, j’avais eu la chance de voir Guns N’ Roses en concert à Paris, j’y étais donc resté. J’avais donc fait mes adieux à ma famille et mes amis deux jours avant mon départ effectif. J’avais longtemps auparavant regardé ce qu’il y avait à Banska Bystrica, je pensais que c’était minuscule et qu’il n’y avait rien à faire, nulle part où faire du shopping et s’amuser par exemple. Quel con.

 

Mais j’en tirais, une de ces têtes ! Et je ne parle même pas du matin où je suis parti de Paris, traversant la capitale en métro jusque Porte Maillot pour prendre le bus vers Beauvais, saluant depuis la vitre du car une amie, à qui je reprochais de pas ne me sortir de là et me sauver. Je me rassurais en me disant que si je m’arrangeais avec mes profs là-bas, je pourrai revenir en France en décembre, cela ne ferait même pas trois mois… Au final, j’y suis resté huit mois.

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La vue depuis mon balcon le premier jour…

 

A Beauvais, je me suis aperçu que mon bagage dépassait la limite de poids, alors je commençais déjà à baliser, je vais devoir abandonner des trucs… Finalement, la gentille employée de Ryanair a dû voir ma tête et a laissé passer mon bagage, en me disant juste de faire attention la prochaine fois. Et l’attente a commencé dans le vieux hall tout pourri de l’aéroport de Beauvais. Pour tuer le temps, j’achetais des caramels pour ma buddy et des chocolats pour l’amie qui viendrait me chercher à l’aéroport de Bratislava. Finalement, mon amie récolta également les caramels, et je n’ai vu ma buddy que par hasard à un match de football plus de deux mois plus tard.

 

Attente dans le hall d’embarquement, derniers SMS et appels, upload de mon statut Facebook… Je fus le dernier à passer la porte d’embarquement, et le dernier à mettre les pieds dans l’avion, jetant un dernier regard sur la morne et grise plaine de l’Oise. Evidemment, il ne restait qu’une place dans l’avion, mais pas pour mon bagage à main, que le commandant emmena avec lui avec un grand sourire. Les gens étaient vachement gentils, je devais vraiment faire la gueule.

Je me rappelle très bien du moment où j’ai foulé le sol slovaque, mon bagage à main de retour en ma possession, j’avais mon baladeur dans les oreilles, c’était Welcome to the Jungle, des Guns N’ Roses (toujours). C’était prophétique.

 


 

Lorsque je récupérai ma lourde valise, celle-ci se brisa au niveau des roulettes, si bien que je dus la porter du bout de la main, l’autre étant déjà occupée. Tout commençait bien. Je saluai mon amie qui était venue me chercher en voiture avec son père, je m’installai confortablement, mangeai un sandwich préparé avec amour, bus quelque chose dont je n’ai aucun souvenir, et me voilà parti.

Dieu que c’est moche ! Parcourir Bratislava et sa région minèrent encore plus mon moral… Nous passâmes Nitra, avec ses pubs géantes de femmes aux gros seins pour vendre des ordinateurs (logique), et nous enfonçâmes vers Banska Bystrica. Sur la route, nous manquâmes de mourir trois fois à cause des chauffeurs en sens inverse. Maman je veux rentrer à la maison.

 

Nous arrivâmes à Banska, c’est mignon ces montagnes, toute cette verdure, c’est nice… Mon amie habitait en banlieue, dans de grands ensembles communistes qui semblaient vétustes de l’extérieur. Oh God, c’est tout gris et décrépi. Mais à l’intérieur, ça allait, c’était bien rénové. Je fis connaissance avec les parents, super gentils, je mangeai à ma faim, je me pieutai en regardant une télé LCD, c’était un match de Champions’ League, Chelsea – Zilina (ville du nord de la Slovaquie où je fus plus tard bloqué une nuit d’hiver…).

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La vue depuis la chambre de mon amie, première nuit en Slovaquie

 

Le lendemain, il fut temps de m’enregistrer dans mon dortoir. On y alla en bus. Mais c’est quoi ces bus ? Ils datent du XIXe siècle ? J’ai peur qu’il se disloque quand il roule !

Et c’est quoi ce dortoir tout fissuré ? Mate moi ce dortoir sur la gauche, on dirait qu’il va s’écrouler ! Oh merde, finalement ça sera le mien. Et je serai au dernier étage. Aucune échappatoire. Je fus enregistré, payai le loyer (150€ pour trois mois), montai, tout était désert… J’étais l’un des premiers arrivés. Et ce fut le drame : je savais que je devrais partager ma chambre, mais je pensais avec une seule personne… Devant mes yeux s’étendaient trois lits. Eh merde.

Bon aller, je branchai mon câble Ethernet pour aller sur Internet. Ça ne marchait pas. On se renseigna. IL N’Y AURA PAS INTERNET DANS LES CHAMBRES CETTE ANNEE. Je pensais à me jeter du haut de mon balcon. Mon amie me laissa seul dans ma chambre… Je me barricadai, ferma tout à double-tour et attendis patiemment que mon heure arrive.

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Ça fait quand même très Tchernobyl

 

Et finalement, deux jours plus tard, mon coloc turc est arrivé, un petit-déjeuner en tête à tête de sept heures, un coloc slovaque qui arrive, de la Borovicka, des gens qui montent au 8e étage, attirés par le bruit et je me sentais comme chez moi. D’autant plus que je captais le signal wifi du couloir du dortoir à mon bureau, le seul de tout le dortoir qui le pouvait. Quel chanceux.

 

Moralité : il ne faut pas se fier aux premières impressions et aux clichés que l’on a, parce que, quand même, l’Europe centrale, c’est super funky.

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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 07:23

Faut bien l’avouer, passé l’âge de six ans, Pâques c’est plus vraiment drôle : on a compris que c’étaient les parents qui planquaient les œufs, et on commence à comprendre que les grosses bouées de sauvetage qui poussent au-dessus de la taille, c’est à force de manger trop de chocolat. Reste donc un jour férié bien utile pour jouer à la console toute la journée.

 

En Pologne, Pâques est la période religieuse la plus importante de l’année. C’est connu, je ne suis pas très branché religion. C’est donc plein d’incompréhension que j’écris cet article, un dimanche matin, réveillé par une messe retransmise depuis une église par des hauts parleurs.

 

Tout commença une semaine avant Pâques. J’ouïs qu’était donnée une représentation de la crucifixion de Jésus sur la Place Pilsudskiego, l’une des plus grandes places de Varsovie, qui, jadis, accueillit une messe géante de feu Jan Pawła II. C’est là également qu’est installée la tombe du soldat inconnu. Une grande scène, une place en goudron et en herbe… Hey, mais c’est le Hellfest ! On va assister à un concert ! Malheureusement, nous n’avons pas eu droit à une représentation de Jesus Christ Superstar.

Avant la représentation, un prêtre est arrivé sur scène et a commencé une longue prière reprise par les 30 000 (oui, oui) personnes présentes sur la Place. Sur le coup, quand on est pas catholique, ça fout quand même super mal à l’aise, surtout que ça a dû durer trois ou quatre minutes.

Quant à la représentation en elle-même, c’était pas trop mal, costumes mignons, mais le tout gâché par un défaut à mon goût : les acteurs ne faisaient que gesticuler sur une bande son préenregistrée, pas de jeu d’acteur, donc. Il fallait quand même voir l’arrivée de Jesus sur scène : entouré d’un halo de lumière, il a tout simplement traversé la place, comme Johnny Halliday au Parc des Princes en 1993 (on a les références qu’on a), fendant la foule sur un fond musical liturgique.

Il faisait froid, alors je suis parti lors de la Cène. Et puis je ne comprenais pas grand-chose au polonais.

 

Quelques jours plus tard, alors que je revenais de Gocław et que j’attendais gentiment le bus, j’ai remarqué que la double voie réservé à l’autre sens de circulation était vide, et j’entendais des sirènes. Merde, quelque chose a dû se passer, c’est triste, tiens, voilà mon bus, je rentre chez moi. Quelle ne fut pas ma stupeur de voir ce qui bloquait en réalité la circulation ! Un mec portant une croix géante (deux fois sa taille), suivi par une cohorte de croyants (qui priaient je suppose, je n’avais pas le son depuis le bus) ! Sur le coup, ça m’a fait tout bizarre.

 

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Passons à Pâques à proprement parlé. Le vendredi, la tradition veut qu’il faille suivre des processions du même genre que décrites ci-dessus, en portant des croix autour du cou, mais je n’y ai pas assisté, donc je ne divaguerai pas là-dessus.

Une autre coutume plus mignonne prend place le samedi, qui peut apparaître perturbante au premier abord. En effet, la majorité des Polonais trimballent un petit panier en osier recouvert d’un petit drap blanc, avec à l’intérieur de la nourriture (pains, œufs, viande, un agneau en chocolat, des pâtisseries, du beurre, du sel…) jusqu’à l’église, où le prêtre récite une prière et bénit la foule de petits paniers trop かざいい (kawaii, je me la pète avec mon japonais balbutiant). Mais c’est vraiment une foule de tout âge qui se trimballe avec le panier du Petit Chaperon Rouge, c’est assez cocasse à regarder. Ce n’est qu’après avoir reçu la bénédiction l’on peut manger de la viande. Je ne sais pas si c’est la tradition polonaise, mais notre panier n’a été dévoré que le lendemain, le dimanche.

 

Enfin, le lundi de Pâques a lieu un rituel qui peut être très marrant si l’on se trouve du bon côté de la barrière. Nous l’avions d’ailleurs appliqué sans le savoir l’année précédente lors de notre Pâque slovaque : le bain purificateur, autrement appelé le « je-te-jette-un-seau-d-eau-à-la-tronche ». La tradition, d’origine païenne, veut que cela purifie et accroisse la fertilité… Les filles sont donc les premières cibles. Alors si en plus il fait chaud, on se retrouve avec un super concours de T-shirts mouillés.

En Slovaquie, le concierge de la résidence universitaire voulait aussi fouetter les filles avec une grande tige, mais je crois qu’en fait il était juste pervers.

 

Bon bah sur ce, joyeuses Pâques, hein.

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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 07:35

Voici une chanson du groupe de rock slovaque Gladiator, Hlavu maj hore.

 

 
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