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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 07:19

Dans le genre "nourriture qui fait peur", j'ai été confronté aux przecieraki, qui sont pourtant bons. Mais la première fois que j'ai vu cette masse de petites boulettes grises dans un bol, ça m'a directement fait pensé au pied d'un corps noyé qu'on aurait découpé. Ok, ça donne pas super faim, mais une fois qu'on a fait abstraction de la couleur, ça va, c'est bon.

 

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Alors, comment faire ses propres przecieraki ? Parce que c'est bon, hein.

 

Il vous faut 750g de pommes de terre et 250g de farine. Râpez les pommes de terre, ajoutez la farine, salez et faites bouillir environ cinq minutes. Voilà, vous avez vos przecieraki. Vous pouvez ajouter des lardons, des oignons ou du frmage ça se marie bien. Par contre ne voyez pas trop grand : c'est très vite bourratif !

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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 07:30

Comme vous le savez, l'EURO 2012 aura lieu cet été en Pologne. C'est une grande fête sportive, mais également commerciale, avec Coca-Cola en partenaire principal. Logique donc qu'ils fassent de la publicité pour l'évènement. Voici une vidéo d'une publicité qui passe depuis deux semaines à la télévision espagnole :

 

Que dire ? Alors que je viens d'écrire un article sur les clichés sur la Pologne, voici qu'une publicité tombe pile dedans. Alors c'est mignon, c'est pleins de (faux) bons sentiments. Mais diantre, le cliché de l'immigré polonais super pauvre en 2012, vraiment ? Oui, il y en a, ok. Mais n'y avait-il pas d'autres moyens de parler de l'Euro et de la Pologne qu'en véhiculant encore une fois le fantasme du plombier polonais ? Tous ces gentils Espagnols qui donnent leur bouteille de Coca-Cola au pauvre petit Polonais, sérieusement...

 

Et puis bon, s'il travaillait autant que ça, il pourrait se payer un aller - retour avec Ryanair, ça lui reviendrait moins cher que d'envoyer des SMS surtaxés pour gagner le concours Coca-Cola.

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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 07:16

Pour égayer votre dimanche, une balade polonaise qui a un statut de chanson de légende ici : Sen o Warszawie, par Czesław Niemen.

 

 
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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 07:37

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La Pologne, c’est gris et c’est froid brrrr !

A MOITIE VRAI.

La Pologne a un climat qui est continental. Ce qui signifie généralement un hiver très rigoureux : cet hiver, cela frôlait les -30°C, certes. Pour autant, l’été est également très chaud. Les températures y sont généralement supérieures ou égales à celles du Sud de la France que tout le monde semble priser. Et la Pologne est bien plus au Nord.

 

La Pologne, c’est là où y a eu Oche-vitss ? :O

VRAI ET ?

Oui, durant la Seconde Guerre Mondiale, l’Allemagne Nazie a établi plusieurs camps de concentration et d’extermination, dont certains en Pologne. Le plus célèbre d’entre eux est celui d’Auschwitz-Birkenau, qui se trouve à environ une heure, une heure et demie de Cracovie. Sauf que les Polonais n’y sont pour pas grand-chose, là-dedans, et qu’il n’y a pas que cela à visiter en Pologne. Moi, par exemple, je n’y suis toujours pas allé. Et pour information, Auschwitz est le nom allemand de la bourgade auprès de laquelle a été construit le camp. En polonais, c’est Oświęcim.

Et il y a tellement d’autres choses à visiter en Pologne, qui sont éclipsées par Auschwitz ! En vrac : les Tatras, Cracovie, Wroclaw, Varsovie, Gdansk… (et les filles.)

 

Les Polonais sont tous alcoolo à cause de la vodka mdrrr

NON, MAIS MOI OUI.

Alors on a l’idée que les Polonais sont tous de gros poivrots qui passent leur temps à se saouler à la vodka. C’est pas forcément vrai. Déjà, l’alcool qui se boit le plus, c’est la bière. Ensuite, les rues ne sont pas infestées de soulards qui décuvent en vomissant dans tous les abribus. Alors oui, quand il fait froid, on boit un coup. Pendant l’époque communiste, y avait pas forcément grand-chose à faire, alors on buvait un coup entre amis. Alors oui, de temps en temps, dans la rue, les bus ou les trams, il y a des mecs complètement déchirés. Mais ça arrive aussi souvent à Reims, des étudiants qui sont complètement ivres dans la rue ou dans les bus. Et puis surtout, les Polonais tiennent mieux l’alcool que nous, généralement : ce que vous appelez se souler la gueule, c’est juste boire l’apéro.

 

Les Polonais sont tous pauvres lol

ILS SONT TOUJOURS PLUS RICHES QUE MOI.

Surprise ! Les Polonais ont des salaires plus bas qu’en France ! Qui l’eut cru, hein, vraiment ? Alors oui, le salaire moyen en Pologne représente la moitié de celui en France. Mais les logements sont aussi moins chers et la nourriture également (mais pas tellement, tout dépend des produits). Les vêtements coûtent globalement le même prix qu’en France. De plus, une véritable classe moyenne a émergé. Il y a de la pauvreté en Pologne, il y en a en France. Si l’on relativise tout, les Polonais travaillent plus qu’en France pour avoir un pouvoir d’achat au final moindre.

 

Les Polaks c’est tous des cathoooos !

VRAI, MAIS…

Oui, les Polonais sont très pratiquants. Je raconterai mon expérience de Pâques quand la période sera terminée, mais là, on est une semaine et demie avant, et j’ai déjà vécu des trucs un peu bizarres. De tradition, les Polonais ont toujours été très catholiques. Et il ne faut pas oublier que sous le communisme, l’Eglise était un vrai organe de résistance à l’oppression et un motif d’espoir. Ajoutez-y un Pape polonais, et vous avez la perpétuation de la foi. Toutefois, les plus jeunes générations sont moins pratiquantes et ne vont plus trop à l’Eglise que pour les grandes occasions ou plus du tout (ce n’est pas pour autant qu’elles sont devenues athées). Bref, ça évolue, et Palikot, anti-clérical avoué, a fait 10% aux dernières législatives.

 

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Les Polonais vivent dans des fermes et se déplacent sur des chevals loooool

FAUX

Oui, c’est vrai. Et quand tu te balades dans la forêt, parfois, tu rencontres des groupes d’hommes des cavernes qui peignent sur les murs de leur grotte leurs exploits dans la chasse aux mammouths. Et gare aux dinosaures au détour d’un cours d’eau !

SCOOP : les Polonais ont des voitures ! Et des jolies ! Et ils ne vivent pas dans des fermes mitées, ceux qui y restent, ce sont les fermiers. Les villages pavillonnaires se sont développés, la population est à 66% urbaine aujourd’hui, bref…

 

En Pologne il y a beaucoup de violences et ça fé peeeeur ! : (

FAUX

Je suis resté deux jours à Bruxelles. J’ai eu deux problèmes avec des bandes de connards. En centre-ville. Je suis resté huit mois en Slovaquie, six mois en Pologne, je n’ai jamais eu un seul problème. Juste une fois, en boite en Slovaquie, j’ai assisté à une bagarre entre deux groupes de jeunes hommes. Mais je n’ai jamais été personnellement emmerdé. On parle du nombre de fois où l’on rencontre de la violence verbale ou physique en France ? Bon, voilà.

Après, j’ai envie de dire que c’est comme partout, faut faire attention à ses objets de valeur quand on se promène, prend les transports en commun, etc…

 

Les Polonais c’est tous des sales racistes et antimosémitophobes ! > : (

VRAI ET FAUX.

Pour paraphraser Orelsan dans Jimmy Punchline : « t’es pas Français si t’as pas un oncle raciste ». Donc il vaut mieux commencer par balayer devant sa porte, déjà.

Pour parler de la génération que je côtoie, c’est-à-dire la jeunesse, les Polonais sont généralement ouverts, n’ont rien contre les homosexuels, les Juifs ou les Noirs. Après, il y a toujours le lot d’abrutis qui sont des racistes de base. Je me remémore avec dégoût d’une camarade polonaise qui disait qu’elle ne pourrait jamais coucher avec un Noir parce que ça la dégoutait. « Pourquoi ? » « Bah parce qu’il est Noir, beeeeeerk ! » « Ok. » Il y a donc de tout, comme en France. C’est pas une surprise, il y a des cons partout.

Pour les générations plus âgées, je réserverai mon jugement, ne communiquant que rarement avec elles.

 

Les « filles de l’Est » elles sont super belles… <3

VRAI

Ce n’est pas que les Françaises soient moches, loin de là (hop, une série de crises diplomatiques évitée), mais bon, les Polonaises sont en général très mignonnes, naturelles, disponibles, souriantes, prêtes à discuter… Elles n’ont pas un comportement de princesse (suivez mon regard qui se dirige vers l’Hexagone). Bon après, les jeunes de Pologne ressemblent vachement à ceux de France, alors on retrouve le même genre de s***** typées MTV qui ont 5cm de maquillage sur leur visage affreux et qui font plus pitié qu’autre chose. Mais c’est garanti, en Pologne, vous tombez amoureux cinq fois par jour.

Par contre les mecs sont pas très beaux. Heureusement que je suis là pour apporter une pointe de classe et de charme pour ces demoiselles.

 

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… et elles sucent si tu sors ton caméscope et que tu leur donnes un peu de tune lol mdrrrr

FAUT ARRÊTER DE REGARDER DES PORNOS, MEC.

Et j’ai essayé, ça marche pas.

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 07:26

Il est temps d’éveiller un brin vos papilles avec une recette de cuisine polonaise toute simple : les placki ziemniaczane.

 

Qu’est-ce ? Tout simplement des galettes de pommes de terre. Plus basique tu meurs.

 

Comment en fait-on ?

Pour quatre personnes, il vous faut 1kg de pommes de terre, 2 œufs, 3 cuillères à soupe de farine et de l’huile.

Commencez par râper les pommes de terre, avant d’y ajouter les œufs et la farine (vous salez et poivrez à votre convenance). Ensuite, déposez dans une poêle bien huilée de petits tas de pâte, que vous aplatissez pour faire des galettes. Bien frits de chaque côté, et hop, on a les placki.

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Ça me donne trop faim.

 

En tant que bon Français, je les mange habituellement avec du sel, mais en fait, il est plus courant ici de les manger avec du sucre ou de la crème fraîche (ou les deux). Sucre, je suis pas trop fan, mais avec de la crème fraiche, c’est super bon.

 

On peut rajouter pleins de choses aux placki : fromage, pomme, chou, oignons, etc… Si sur le papier ça vous donne faim, faut pas hésiter à tenter.

 

Bon maintenant vous avez plus qu’à vous faire littéralement péter le bide avec des assiettes pleines de placki ziemniaczane, parce que c’est super bon, ça se mange sans faim.

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Ça vous donne pas envie, vraiment ?

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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 07:28

Hop, un classique du rock polonais, Teksanki, interpreté par Hey, avec un clip tourné à Paris !

 

 
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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 07:20

J’ai jamais été attiré par le bodybuilding. Ça se voit, vous me direz, avec mes abdos en nutella et mes muscles en crème chantilly. Mais il me fallait bien commencer cet article par quelque chose.

 

Lorsque mon colocataire turc et moi avons découvert le larron qui allait occuper notre troisième lit, on a eu vite fait de ranger notre (mon) bordel (ça a duré trois jours, mes vêtements étaient de retour sur tous les murs dès que je me suis aperçu qu’il était gentil). Une bête de muscle. Des pectoraux en béton. Il aurait pu m’ouvrir les entrailles avec deux doigts, et farfouiller dans ma graisse pour y prendre mes reins et les revendre. Mais en fait c’était un gros nounours qui se nourrissait de poudre de protéines.

Ce n’est pas un cas isolé, mon second colocataire (le tueur de lunettes), est passé d’un rondouillard bon vivant à un strict mangeur de protéines en poudre au cours de l’année, quand il a eu envie de « se faire » une demoiselle. La transformation fut incroyable. Deux Slovaques dans mon « appartement », deux qui bouffent des protéines, ça fait donc 100% des Slovaques qui font du bodybuilding. Vous avez vu, je pourrai bosser pour l’INSEE. Ou l’UMP.

Dans beaucoup de chambres de Slovaques où je suis passé, j’ai encore trouvé quelques gros paquets de protéines en poudre un peu partout. Et les Slovaques qui vont à la gym, il y en a plein. Alors moi, j’ai décidé de faire pareil. Vivien à la gym !

 

En fait, Musclor il était slovaque :

 

En fait, c’est mon colocataire nounours qui m’y a emmené. M’y a trainé est plus juste. A force de me proposer de venir, et qu’à chaque fois je m’esquivais, il a bien fallu qu’un jour je ne trouve pas d’excuses et qu’il m’embarque. Et le pire, c’est qu’il n’y avait pas une fille dans cette salle.

Après m’être changé dans un vestiaire miteux, j’ai payé 2€ pour une heure et demi de séance et un demi-litre de boisson hyper protéinée. Ça va, je bois du steak liquide, jusque-là tout va bien.

Et là, au lieu de me laisser faire quelques conneries dans mon coin (j’avais vu des balles géantes, je voulais déjà aller sauter dessus), mon ami m’ordonne de faire une série de quinze tractions. Moi je veux bien, mais mes pieds doivent vraiment décoller du sol ? Parce que ça va pas être vraiment possible si je dois vraiment lever toute ma carcasse.

Une traction, je sue au maximum.

Deux tractions, je découvre que je peux encore plus suer.

Trois tractions, mon cœur s’emballe.

Quatre tractions, mes muscles lâchent.

Après ces quinze tractions, je n’ai pas le temps de me reposer, il me donne des haltères de sept kilos, et vas-y que je fais des séries de 30 avec chaque bras.

Alors que j’échafaude des plans pour supprimer mon cher ami à coups d’haltères enfoncés dans le plexus solaire, je dois à chaque fois aller tester d’autres machines. L’apogée étant quand j’ai dû m’allonger et porter un haltère géant du bout des bras, comme dans Rocky. Mais je suis pas Ivan Drago, je suis plus Mickey.

 

Ça a duré une heure et demi comme ça. J’étais mort, totalement mort. Mais après on a été mangé une glace alors ça a été, en fait. Et je me suis promis que je ne remettrai jamais les pieds dans une salle de gym.

 

Faut dire que jusque-là, les seules salles de gym où j’avais été, c’étaient celles-ci… :

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Et non, désolé, il n'y a pas de photos de moi à la gym, bwahahaha !

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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 07:16

J’ai côtoyé les plus grands de ce monde, tout le monde le sait. Mais j’ai rencontré personnellement l’un des hommes les plus puissants de ce monde : Barack Obama. Enfin, j’étais derrière un cordon militaire et lui était à 150 mètres de moi, mais ça compte quand même.

 

 Ce jour de mai 2011, j’ai appris qu’Obama donc, devait être en visite en Pologne. Après quelques hésitations, vu que j’étais déjà dans le centre-ville, je me suis décidé à aller le chercher. Il ne devait pas être difficile à trouver, ça devait être le seul Noir à Varsovie ce jour-là (ce qui est, pour parler sérieusement, est vrai : la population polonaise n’est pas du tout métissée, mais ça on s’en doutait un peu).  De plus, il suffisait de suivre les forces de l’ordre. Il ne pouvait strictement rien arriver à l’ami Barack, tout était quadrillé (normal, me direz-vous). Circulation bloquée dans presque tout le centre-ville, ce qui m’a donné l’impression de déambuler dans une ville post-zombie outbreak, assez sympa mais effrayant. Finalement, l’information m’a été donnée qu’Obama devait rendre hommage à la tombe du soldat inconnu polonais. Je me poste donc tout près, surveillé de près par les militaires, mitraillettes en bandoulière. Dans le ciel, c’est une danse d’hélicoptères qui ne cessent de se croiser.

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C’est pas le moment de faire le con, c'est un coup à recevoir un coup de trompette.

 

Arrive enfin l’instant fatidique : une vingtaine de voitures déboulent en grandes pompes sur la gigantesque place, des hommes en costume partout. Comment reconnaitre Barry ? Bah c’était simple, c’était le grand échalas qui avait l’air un peu cool, pas guindé à surveiller aux alentours. Il rend donc hommage au soldat inconnu, hommage dont je ne vois absolument rien, et il repart.  Que ce fut époustouflant, épatant et plein d’émotions ! Mais je pourrai dire à mes enfants que j’ai entraperçu un Président des Etats-Unis, et en rajoutant dans mon récit des explosions et de la musique classique, ça devrait les impressionner.

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Mais où est Barry ?

 

La partie la plus cocasse de mon périple a été de retourner à la maison. Comme vous le savez, Varsovie est séparée en deux par la Vistule, et je devais retourner de l’autre côté du fleuve, à Goclaw. Haha. Pour protéger Obama, ils avaient coupé la circulation sur le pont, empêchant donc les transports en commun d’y passer. Il faut alors bien s’imaginer le ciel orageux (ça ne s’invente pas), un vent terrible et des hélicoptères tournoyant sans cesse au-dessus de nous, alors que nous marchions dans un flot continu de personnes quittant (fuyant !) le centre-ville vers l’autre rive du fleuve. Vis ma vie de réfugié, c’était assez bizarre. Et surtout, qu’est-ce qu’il est long ce pont !

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La tombe du soldat inconnu.

 

Bref, j’ai vu Barack Obama.

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Si j’connaissais l’con qu’a coupé l’pont…

 

(Un jour, Ségolène Royal était à dix mètres de moi, et ses petits soldats se sont battus avec des camarades de classe parce qu'ils avaient osé formuler des objections à son projet. Mais c'est quand même moins classe à raconter, hein ?)

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 06:47

Qui dit semaine consacrée à l'Insurrection de Varsovie, dit clip en rapport direct. Voici donc une chanson du groupe de heavy metal suédois Sabaton, Uprising, sortie en 2010, et dont le clip couplé à la musique me fout toujours des frissons de fou.

 

 
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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 07:20

Dernier volet de mon triptyque sur l’Insurrection de Varsovie, cet article s’attache à vous convaincre du génie du poète d’avant-garde polonais Miron Bialoszewski qui a écrit l’un des témoignages les plus connus à propos du siège de la ville.

 

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Miron Bialoszewski (à prononcer Bia-wo-chevf-ski), né le 30 juin 1922 (c’est un signe), était donc un homme de lettres, plus poète qu’autre chose, qui résidait à Varsovie durant la guerre. Il était présent lors de l’Heure-W, et ne quitta la ville qu’après la capitulation, déporté dans le Troisième Reich.

 

« Alors je racontais. L'insurrection. À tant de gens. [...] Sans savoir que ces vingt ans de parler - et cet événement a été le plus grand dans ma vie, et il forme un tout -, que justement ce parler et cette manière seraient les seuls pour décrire l'insurrection. »

 

Son Mémoire de l’Insurrection de Varsovie, Pamiętnik z powstania warszawskiego, a été publié en 1970, longtemps donc après les évènements. S’il s’excuse de parfois mélanger les dates, il raconte avec une rare intensité ce qu’a été la vie quotidienne pour les civils durant l’Insurrection de Varsovie. Il raconte la peur, la survie, mais également la bravoure quotidienne dont faisaient preuve les habitants de la ville, pourtant terrifiés, au milieu de la mort qui pouvait vous tomber dessus à tout moment au sens littéral, la plupart s’étant réfugiés dans des caves ne tenant encore debout que par miracle et pilonnées sans arrêt. Et au milieu de tout cela, Miron nous raconte qu’il noircissait des cahiers, ne voulant pas abandonner ses esquisses de pièces de théâtre.

 

La manière dont il raconte l’Insurrection se fait dans l’immédiateté. Lorsque l’action se présente, il réussit brillamment à partager son expérience à travers une écriture qui tient presque de l’oral, avec des phrases courtes, souvent nominales, donnant un rythme haletant à l’ensemble.

Le « passager » Bialoszewski, pas vraiment acteur, pas vraiment spectateur, parle de la normalité de la vie avec des épisodes banales, brisés par l’irréalité du pilonnage allemand.  Il fait un énorme travail de mémoire en se remémorant tout ce qu’il a vu, senti, ressenti et entendu, s’attachant à chaque objet que la violence a détruit pour les aimer et leur redonner corps.

 

Je n’ai malheureusement avec moi ni mon livre, ni mon carnet de citations, et je ne m’en rappelle plus d’aucun passage précis de tête, je mettrai à jour cet article lorsque je serai revenu en France. Je peux toutefois énumérer quelques passages, comme une course sous les bombes allemandes, passant à travers les fenêtres et échappant à la mort par un saut désespéré (tellement qu’on dirait une scène d’un film de série B), ou encore la bénédiction des défunts et des vivants dans les caves puantes et les communions autour de la figure du prêtre, quand toute une foule récite de très belles paroles, tellement que cela me tue de ne pouvoir vous les retranscrire ici pour l’instant.

 

Le traducteur a du faire des choix, et il a fait celui de traduire les noms de rue. Alors déjà que se repérer dans la Varsovie pré-destruction, c’est la galère, mais quand en plus ce sont des noms de rue francisés, on ne peut absolument pas se repérer. Si bien qu’on nage dans un grand flou géographique, on ne sait jamais vraiment trop où se trouve l’ami Miron.

 

La lecture est assez difficile, j’ai vraiment adoré le livre, mais il était dur d’enchainer plus de dix ou vingt pages en une session tellement la langue est alambiquée, le propos compliqué à avaler et digérer. C’est une lecture sur le long terme, un marathon qu’il faut soutenir pour l’apprécier, mais clairement pas à la portée de tout le monde : il faut vraiment avoir envie de suivre les pensées d’un poète d’avant-garde dans un évènement aussi dantesque que l’Insurrection de Varsovie.

 

Si j’apprends (laborieusement) le polonais, c’est pour pouvoir me faire comprendre et me débrouiller aussi, mais j’espère bien un jour être capable d’appréhender la surface des autres œuvres de Bialoszewski.

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