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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 07:01

Hier, dimanche 12 février, le Parlement polonais a ouvert ses portes pour célébrer son 500e anniversaire. Je m’y suis bien évidemment précipité.

 

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Le Parlement polonais se compose de deux Chambres : le Sénat (Chambre Haute) et la Sejm (Chambre Basse).

Politiquement, la Sejm compte 460 députés élus au scrutin proportionnel. Depuis les élections d’octobre 2011 dont j’avais parlé ici, la Plateforme civique possède la majorité relative avec 207 sièges. Vient ensuite le PiS avec 157 sièges, puis le Mouvement de Palikot (40 sièges), les paysans (28), au coude à coude avec l’Alliance Démocratique de Gauche (27). Enfin, les minorités allemandes ont un député.

Le Sénat, quant à lui, après avoir été supprimé sous le régime communiste, a depuis été remis en place et compte 100 sénateurs : 63 pour la Plateforme civique, 31 pour le PiS, 2 pour les Paysans et 4 pour des indépendants. Depuis 2010, le scrutin se fait en un tour, celui avec la majorité relative l’emportant.

 

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Passons à la visite, si vous voulez bien.

Alors je partis heureux de chez moi vers 14h, pensant qu’il n’y aurait personne pour visiter le Parlement, franchement.

Grave et grossière erreur : la queue commençait dans la cour du Parlement et se finissait sur le trottoir. Température négative et trois-quarts d’heure d’attente. Petit passage très général contre les gens qui font la queue : c’est pas la peine de se coller aux autres, ça ira pas plus vite et c’est super désagréable. Et comme on peut être vieux et con, ce n’est pas spécifique aux jeunes, dédicace au quatuor de septuagénaires qui m’ont tapé dans le dos pendant trois-quart d’heure avant de me pousser sur la gauche à la vue de la porte d’entrée pour s’y précipiter. Remarquez, pour vous, gagner dix secondes doit être plus important que pour moi.

 

Bref, entrée dans le Parlement, c’est très beau, très blanc, on est dirigés vers la Sejm, et là, c’est le drame. Un drame, que dis-je ? Mon petit cœur de laïc n’en est toujours pas revenu. Que vois-je sur le mur derrière l’estrade au centre de l’hémicycle ? Une CROIX. Et c’est pareil au Sénat. Voici les photos qui brûlent la peau :

 

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Sinon, pas grand-chose à dire : c’est propre, de jolies salles pour les Commissions, c’est moderne, ils m’ont donné un puzzle. C'était sympa de voir l'envers du décor. Et les toilettes sont mignonnes et très propres.

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 07:51

Sortez vos loupes, allumez vos pipes et mettez votre petit chapeau, il est temps de jouer au détective.

Ou plutôt, préparez-vous à lire du fait divers digne de Détectives : il y aura du sang et des larmes.

 

Sérieusement, c'est un fait divers sordide.

 

Le matin, alors que je prends mon petit-déjeuner polonais, j’ai l’habitude de regarder les informations à la télévision, même si je comprends rien, ça me donne ma dose de Sarkozy pour la journée (il est partout, même à la télé polonaise, un flash info sur deux, c’est affolant).

Et depuis plusieurs jours tournaient des reportages avec une jeune femme en pleurs et des photos d’un bébé tout trognon et des gens à l’air grave. J’ai donc demandé ce qu’il se passait.

« Un bébé a disparu ». D’après ma grande expérience que je tiens des séries américaines, j’ai tout de suite dit « c’est la mère ». C’est toujours la mère. On m’a répondu que non, que la mère s’était faite agressée. Soit.

Voici donc ce qu’il s’est passé :

Le 24 janvier 2012, Katarzyna W., 22 ans, appelle la police de Sosnowiec : alors qu’elle se promenait dans la rue son bébé de six mois prénommé Magda dans les bras, un inconnu l’a frappée à la tête plusieurs fois, la laissant inconsciente. A son réveil, le bébé avait disparu.

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Magda (Gazeta.pl)

 

Branle-bas de combat ! Toutes les forces de police mobilisées, des récompenses de milliers de zloty à qui donnerait la moindre information sur le voleur de bébés, des détectives privés se lancent à la poursuite de l’agresseur. La télévision est matraquée de reportages sur la petite Magda. Tout le monde en parle, tout le monde est ému. Katarzyna supplie en pleurs lors d’une conférence de presse qu’on lui rende sa petite fille.

Le fait divers se transforme en sujet de société et on parle d’établir le plan Alerte Enlèvement, comme en France, on parle de l’ouvrir en plus grand grâce aux réseaux sociaux, etc.

 

Sauf que voilà, Sherlock Vivien avait raison, une fois de plus.

Coup de tonnerre vendredi dernier (le 3 février) : un détective privé sans licence a enregistré une vidéo où il interroge Katarzyna, lui disant qu’il « sait ce qu’elle a fait » et la provoque. Finalement, la jeune mère fond en larmes et avoue que oui, elle a tué son bébé, mais c’était un accident ! Elle tenait Magda dans ses bras, enveloppée dans une serviette, la petite aurait glissé au sein de la serviette humide et serait morte du choc reçu à la tête.

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Katarzyna W. (Gazeta.pl)

 

Choc, consternation dans toute la Pologne. Les autorités cherchent le corps du bébé pendant trois jours en suivant les indications de la mère sans le trouver. Ils l’ont finalement retrouvé enfuis sous des rochers, des feuilles et la neige dans les ruines de l’ancienne gare de Katowice. Comble du voyeurisme, la caméra de TVN (le TF1 local) qui filme le chemin dans la neige, caméra à l’épaule, entre les arbres jusqu’au trou fraîchement creusé d’où le corps a été extrait. Depuis, l’endroit est devenu un lieu de recueillement impressionnant où se mêlent des milliers de bougies, des fleurs et de petites peluches.

 

Et qu’apprends-t-on jeudi matin ? Dans la nuit, la mère, dans la prison de Katowice, a essayé de se suicider...en avalant du liquide vaisselle.

L’affaire n’est pas finie, l’enquête est toujours en cours pour savoir si la mort de Magda n’était qu’un accident ou s’il s’agit bel et bien d’un meurtre.

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L’endroit où a été découvert le corps, devenu lieu de recueillement (Gazeta.pl)

 

Il y a eu de tout : de l’émotion, des larmes, du mensonge, de la traîtrise, un bébé disparu, une maman courage, un père dévasté, un détective louche, etc… Tout pour tenir en haleine, vendre du papier et faire de l’audience. Comme partout ailleurs. Mais à ma connaissance, il n'y a eu aucune récupération politique de l'affaire, ce qui change de ce que l'on connait dans l'Hexagone.

 

C’est une affaire qui n’est pas prête de se terminer. Je vais prendre pour encore longtemps mon petit-déjeuner avec des photographies de la petite Magda à la télévision, en attendant la fin de l'enquête puis la tenue du procès (s'il y a).

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 07:47

Vous n’êtes pas sans savoir que durant une large partie de la seconde moitié du 20e siècle, l’Europe était coupée en deux, entre les gentils capitalistes d’un côté et les vilains communistes de l’autre. L’URSS contrôlait à distance des Etats fantoches via les Partis Communistes qui régnaient sans partage sur la Pologne, la Tchécoslovaquie, etc…

 

Mais que se passe-t-il lorsque l’un des dirigeants communistes en poste dans l’une de ces Républiques Populaires se prend à donner quelques libertés au bon peuple ?

 

Au début des années 1960, en Tchécoslovaquie, comme partout ailleurs à l’Est, l’économie est planifiée, les productions industrielles et agricoles sont insuffisantes. Il faut réformer et en 1966 le XIIIème congrès du parti communiste lance son « nouveau modèle économique ». Rapidement, cela consiste à un devoir de rentabilité pour les entreprises, à un arrêt des subventions étatiques, mise en concurrence internationale, exportation vers l’Ouest, révision des salaires avec une fin de l’égalitarisme. Merde, c’est du capitalisme dans le texte ça ! Non, on en est bien loin, tout reste encadré par le Comité Centrale, mais celui-ci s’est assoupli. Mais ça, ce n’est rien comparé au « socialisme à visage humain » qu’Alexander Dubcek, tout juste nommé Président du Parti Communiste en 1968, présente en avril cette année-là.

 

Qu’annonce Dubcek ? Affirmation des libertés et droits fondamentaux (presse, expression, réunion, circulation), démocratisation avec du multipartisme, limitation du pouvoir de la police d’Etat, évolution vers le fédéralisme. Et blasphème, il déclare certaines théories du marxisme-léninisme obsolètes !

Un tel affront à l’URSS ! Une telle remise en cause ! Mais cela serait-il du suicide ?

Oui.

 

Sans surprise, l’URSS voit d’un mauvais œil l’évolution politique de la Tchécoslovaquie. Les dirigeants polonais et hongrois ont peur, cela leur rappelle la situation précédant l’Insurrection de Budapest en 1956.

Ça sent la poudre. Le 3 août, conférence à Bratislava, signature d’une déclaration entre l’URSS, la RDA, la Pologne, la Hongrie, la Bulgarie et la Tchécoslovaquie en guise d’allégeance au marxisme-léninisme et à l’internationalisme prolétarien, et tous les pays assurent qu’ils lutteront corps et âmes contre l’idéologie bourgeoise, qui se caractérise entre autre par le pluralisme politique. Oups… Après la conférence, les troupes soviétiques restent à proximité des frontières tchécoslovaques, s’amassent et manœuvrent. On ne sait jamais.

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Mémorial aux Victimes du Communisme de Prague

 

Bam, dans la nuit du 20 au 21 août 1968, les armées du Pacte de Varsovie (URSS, Pologne, Bulgarie, Hongrie et RDA) entrent en Tchécoslovaquie : 400 000 soldats et 6300 chars. La Tchécoslovaquie n’essaye même pas de résister. L’Albanie se retirera du Pacte de Varsovie en protestation à l’invasion, tandis que la Roumanie n’intervient pas : Ceausescu critiquera même ouvertement la politique de Brejnev.

L’intervention sur Prague s’est faite avec des parachutistes en civil avant de carrément faire débarquer des troupes puis du matériel. A quoi bon faire semblant d’être discret, hein ? La prise de Prague est rapide, sans opposition. Alexander Dubcek avait donné ordre de n’opposer aucune résistance. Qu’est-ce qu’ils pouvaient faire de toute façon ? 72 Tchèques sont tout de mêmes tués, ainsi que 19 Slovaques, pour 18 morts dans les troupes du Pacte.

Tout était prévu depuis le 8 avril, c’en est fini du Printemps de Prague et du socialisme à visage humain. Au contraire, Leonid Brejnev durcit désormais sa politique à la tête du Bloc de l’Est. Ils vont voir ce qu’ils vont voir, ces frondeurs, ces amoureux de la liberté !

 

Vidéo d’archives de l’invasion de la Tchécoslovaquie :


 

 

Le mot de la fin sur le Printemps de Prague en lui-même sera pour Gorbatchev, mon cher Gorby, à qui on demandait quelle était la différence fondamentale entre les réformes du socialisme à visage humain et les siennes (la perestroïka et la glasnost). Sa réponse : « dix-neuf ans ».

 

Après cette introduction nécessaire, passons au vrai corps de cet article, qui me tient à cœur. Souvenez-vous de Mohamed Bouazizi, ce Tunisien qui s’est immolé le 17 décembre 2010 à Sidi Bouzid. Cela a marqué le début de la Révolution en Tunisie et du même coup du Printemps arabe. Je ne reviendrai pas sur les quelques polémiques à propos des réelles motivations de son geste, etc., je ne suis pas là pour ça.

Mohamed Bouazizi ne fut pas le premier à s’immoler, et ne sera certainement pas le dernier.

A la suite du Printemps de Prague et de l’entrée des chars du Pacte de Varsovie en Tchécoslovaquie, plusieurs hommes ont choisi ce mode de contestation pour protester. J’en présenterai ici quatre : Ryszard Siwiec, Jan Palach, Jan Zajic et Evžen Plocek.

 

 

Ryszard Siwiec

 

La Pologne, membre du Pacte de Varsovie, a participé à l’invasion de la Tchécoslovaquie. Et c’est en Pologne qu’il y eut le premier protestant à s’immoler.

Ryszard Siwiec, né le 7 mars 1909, était un père de famille de cinq enfants, un comptable, un professeur et un ancien soldat polonais. Il s’est immolé à Varsovie, dans le Stade du Dixième-Anniversaire (j’en parlais ici) lors du festival national de la moisson le 8 septembre 1968. Il en est mort quatre jours plus tard, le 12 septembre 1968.

Il ne s’est pas seulement immolé devant plus de 100 000 spectateurs, dont les dirigeants de l’Etat et des diplomates étrangers, mais également devant les caméras de la télévision nationale. On a plus tard dit que c’était le geste d’un déséquilibré.

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Ryszard Siwiec

 

Evidemment, les images ont été conservées, et je vous les présente ici. Les images peuvent choquer, il s’agit d’une vidéo qui montre un homme se suicider en se mettant le feu. Si vous ne pensez ne pas pouvoir supporter, ne regardez pas, mais écoutez au moins les paroles que Ryszard Siwiec avait enregistré deux jours auparavant. La traduction est en anglais, mais même si l’on ne comprend rien au polonais et à l’anglais, l’on peut sentir rien que dans le timbre de sa voix tout le désespoir de cet homme, c’est très émouvant.

 

 

 

Jan Palach

 

Jan Palach, lui, est Tchèque, et beaucoup plus jeune : il est né le 11 août 1948. Il était un étudiant en Histoire à l’Université Charles après avoir étudié à l’Ecole Supérieure d’Economie.

Le 16 janvier 1969, alors que les troupes du Pacte de Varsovie sont encore en Tchécoslovaquie pour « normaliser » le pays, Jan Palach s’immole sur la Place Venceslas à Prague. Il en meurt trois jours plus tard.

La Place Venceslas est l’une des principales places de Prague, l’une des plus grandes. Son geste a donc été vu par énormément de monde. Il s’est allumé au pied de la statue équestre de Saint Venceslas, saint patron de la République Tchèque et ancien monarque au Xième siècle. Aux pieds de la statue est désormais érigé un mémorial à la mémoire de Jan Palach.

Symbole de la résistance, Jan Palach a été célébré, et en janvier 1989, 20 ans après son geste, une semaine de manifestations a lieu à Prague et Vaclav Havel est arrêté pour avoir voulu déposer une gerbe de fleurs à sa mémoire.

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Jan Palach

 

Pour l’anecdote, une rue à Reims porte le nom de Jan Palach, près du quartier Clairmarais, où j’ai d’ailleurs passé le Nouvel An et beaucoup joué à la console.

 

 

Jan Zajic

 

Né le 3 juillet 1950, tchéque et étudiant lui aussi, Jan Zagic avait auparavant participé à une cérémonie commémorative d’étudiants en souvenir de Jan Palach et de son geste.

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Jan Zajic

 

Il s’est immolé le 25 février 1969, lui aussi Place Venceslas. La date n’est pas anodine, il s’agissait du 21e anniversaire de la prise de pouvoir des communistes. La police secrète n’autorisa pas son enterrement à Prague pour éviter des manifestations comme celles suivant la mort de Jan Palach.

 

Son nom est bien évidemment associé à celui de Jan Palach dans le mémorial Place Venceslas.

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La Place Venceslas

 

 

Evžen Plocek

 

Evzen Plockek, né le 29 octobre 1929, n’était pas étudiant (à son âge…) mais un ancien artisan devenu directeur adjoint de la compagnie de pièces détachées de voiture Motorpal, et candidat au Parti Communiste. Le jour du Vendredi-Saint, le 4 avril 1969, lui aussi s’immole, mais sur la place centrale de Jihlava (Centre de la République Tchèque, aujourd’hui 50 000 habitants). Juste avant de se mettre le feu, il a laissé un papier avec écrit : « La vérité est révolutionnaire, a écrit Antonion Gramsci » et « Je suis pour un visage humain, je ne peux pas supporter les gens sans aucun sentiment ». Il est mort de ses blessures cinq jours plus tard, le 9 avril. Aucune mention ne fut faite de son cas dans la presse, et c’est avec de grandes difficultés qu’il a pu être enterré.

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Evzen Plocek

 

 

L’immolation de Romas Kalanta n’est pas directement liée au Printemps de Prague, mais sa proximité temporelle (1972) me rendrait coupable de ne pas au moins le mentionner. Ce Lituanien s’est suicidé pour protester contre l’annihilation de la culture et de la langue lituaniennes par les Soviétiques.

Oleksa Hirnyk était lui un Ukrainien de 65 ans qui s’est immolé en 1978 pour les mêmes raisons que Kalanta : les coups de force contre l’identité, cette-fois ci ukrainienne, bien évidemment.

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 07:54

Il fut un temps où les dragons régnaient en Bordeciel. Les Nordiques ont oublié ce temps, l’ont relégué au rang de légende jusqu’aujourd’hui, jour que les dragons ont choisi pour refaire surface et mettre Tamriel à feu et à sang. Seul l’Enfant de Dragon peut s’y opposer…

 

 

Désolé, je divague, je suis toujours en cure de désintoxication post-Skyrim. J’ai besoin de ma dose de dragon. C’est pour ça qu’aujourd’hui, je vais vous conter la légende du dragon de Wawel, à Cracovie !

 

Il fut un temps, avant même que la Pologne n’existât, où habitait dans la colline de Wawel surplombant la Vistule, un terrible dragon. Cette odieuse créature cracheuse de feu mettait la campagne à feu et à sang et réclamait chaque mois une jeune femme pucelle.

On ne sait pas trop bien pourquoi, parce que je sais pas vous, mais j’ai essayé d’imaginer un dragon avec une femme, bah ça a pas l’air super pratique.

Mais bref, passons, c’est la crise, c’est la galère dans les villages, tout le monde se fait attaquer et le dragon veut pas prêter ses pouvoirs pour faire des méchouis.

 

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Le Palais Royal sur la colline de Wawel

 

Le roi Krakus envoie ses meilleurs hommes, les plus preux chevaliers, les Chuck Norris de la lance, les Stallone de l’épée, mais rien à faire, ils se font tous becqueter après s’être fait rôtir thermostat 6.

Ça commence à sentir le roussi, mais le pauvre apprenti cordonnier Dratewka a une idée. Il dépose devant la grotte du dragon un agneau qu’il a préalablement fourré au souffre. Le dragon dévore l’agneau, mais le souffre lui brûle l’estomac, alors la grosse bête se précipite vers la Vistule pour boire. Il ne peut étancher sa soif, si bien qu’il boit presque tout le fleuve avant d’imploser. J’imagine pas quand il a fallu ramasser les morceaux.

 

Tout le monde fut sauvé, Dratewka épousa la fille du roi Krakus, qui lui-même fonda Cracovie (Krakus -> Krakow, vous suivez ?). Ils vécurent heureux, eurent pleins d’enfants, tout ça tout ça.

 

Au pied du Palais Royal de Cracovie a été érigée une statue du dragon, qui crache des flammes à intervalles réguliers.

 

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La statue du terrifiant dragon

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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 07:43

L’Euro de football 2012 a été attribué conjointement à l’Ukraine et à la Pologne. Beaucoup de personnes ont émis des doutes sur les capacités de ces deux pays à terminer les travaux à temps afin de disposer de stades capables d’accueillir cet évènement. Plus pour l’Ukraine que la Pologne, il est vrai.

 

Varsovie possédait trois stades, dont deux en état d’accueillir des matchs : la Pepsi Arena du Legia Varsovie et le stade du Polonia. Aucun des deux n’était en mesure de recevoir le match d’ouverture de l’Euro 2012, il fallait donc construire un troisième stade, comme prévu dans le projet approuvé par l’UEFA. Et pour cela, il fallait détruire le troisième stade, le Stade du Dixième-Anniversaire.

 

Quel était ce Stade du Dixième-Anniversaire ? Sa construction a débuté en 1954, soit dix ans après le Manifeste du Comité polonais de libération nationale écrit par le gouvernement intérimaire communiste Staline, en opposition au gouvernement polonais en exil soutenu par Londres.

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Le Stadion Dziesięciolecia en 2006 (merci Wikipedia).

 

Le stade de 71 000 places est donc construit en utilisant les décombres de Varsovie après sa destruction lors de la Seconde Guerre Mondiale (notamment l’Insurrection de Varsovie, j’en parlerai, promis). Il est à ciel ouvert, avec une piste d’athlétisme entourant un terrain de football. Stade national de la Pologne, il accueille aussi les manifestations du régime communiste.

Anecdote d’une Polonaise : il n’y aurait eu aucun éclairage dans les années 70/80, obligeant les phares des voitures amenées à éclairer le terrain.

 

En 1968, Ryszard Siwiec s'immole dans les gradins du stade lors d'une manifestation communiste retransmise à la télévision nationale pour protester contre l'entrée des troupes du Pacte de Varsovie en Tchécoslovaquie (là aussi j'y reviendrai, il ne fut pas le seul à s'immoler).

En 1983, le stade reçoit une gigantesque messe de Jean-Paul II puis est abandonné avant d'être transformé en un grand marché à ciel ouvert en 1989, comme on peut le voir sur la photo.

 

En 2008, le stade est détruit pour laisser place à un stade digne de ce nom, le Stadion Narodowe, le Stade National, d’une capacité de 58 145 places.

 

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Le Stadion Narodowe en construction lors de ma première venue en Février 2011

 

Le Stade a été terminé en Novembre 2011 et après quelques retards, il est fin prêt, là, au bord de la Vistule, à dix minutes du centre-ville !

C’est hier qu’a eu lieu l’inauguration du Stade, et évidemment, j’y étais. Vivien, reporter de chic et de choc.

 

Au programme, des concerts gratuits de 15h à 20h avec différents groupes, dont Lady Pank (mon live report de leur concert au Stodola se trouve ici). Alors, comment était-ce ?

 

Eh bah bordel, qu'est-ce qu'il faisait froid ! Il faisait -10°C, normal quoi. Pour venir, aucun problème, communications parfaites avec une dizaine de bus et une autre dizaine de tramways qui desservent le stade.

Etant donné la foule qui se pressait, la fouille a été sommaire : le mec m'a touché les nichons et m'a laissé repartir. J'aurai pu avoir une kalachnikov dans ma botte ça aurait rien changé. 

 

Vidéo du stade avec au début une statue glorifiant l'olympisme datant de l'ancien stade :

On se fraye un chemin, portails automatiques pour rentrer dans le stade, nice. Une fois à l'intérieur, tout le confort moderne, design au poil, sièges en plastique pas terrible mais bon on vient pas au stade pour s'asseoir dans un siège en cuir.

 

Petite vidéo du niveau sol :

 

Ensuite, petite virée au niveau le plus élevé du stade, avec des marches super raides, sérieusement, c'est un casse-gueule :


 

Niveau musique, on est resté que pour voir T.Love. L'acoustique du stade est clairement à chier, en même temps c'est un stade, mais le son était assez dégueulasse. Presqu'autant qu'au Zenith. Ensuite, il devait y avoir Lady Pank et un feu d'artifice, mais bordel, il faisait trop froid, alors me voila reparti.

 

Problème : les tramways fonctionnent mais les bus ont été détournés et les rues coupées. Les bus évitent donc le stade. Seulement pour le savoir, il faut avoir la chance de voir les petites affiches posées à l'arrache qui l'expliquent en anglais et en polonais. Enfin qui l'expliquent, c'est vite dit : cela donne le nouvel itinéraire des bus avec la liste des rues, et on doit en déduire que le bus est dévié parce que la rue du stade n'est pas mentionnée. Perso, je me balade pas avec mon plan de Varsovie en toute occasion, donc là, bah j'ai rien compris. Juste qu'au bout d'une demi-heure sans bus, j'ai fini par avoir une révélation.

Voilà donc que je me tape vingt minutes de marche jusqu'au prochain arrêt de bus par -15°C (oui, la température est descendue de 5°C en une heure, c'est super plausible). Sympa.

 

Le Stade National accueillera cinq matchs lors de l'Euro 2012, notamment le match d'ouverture le 8 Juin, Pologne - Grèce. Le 12 Juin, ce sera au tour de Pologne - Russie (ça c'est du match, ça va chauffer en dehors et à l'intérieur u stade), et Grèce - Russie se jouera le 16 Juin.

Un quart de final aura lieu le 21 Juin, et une demie le 28 Juin.

La France pourrait jouer à Varsovie cette demi-finale. On peut toujours espérer.

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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 07:46

(Au fond du cuir noir de mon gants, lalala)

 

Le rap, comme tous les genres de musique, plus ou moins, existe partout. Y compris en Pologne. Et en Slovaquie.

 

L’une des figures proéminentes du rap slovaque est Rytmus. Je n’ai jamais eu la « chance » de le voir en concert, mais j’ai pu danser de nombreuses fois sur son tube Zlatokokpy. En français, cela signifie « Croqueuse de diamants ».

 

Ça doit être une des chansons les plus vulgaires que j’ai jamais entendue de toute ma vie. C’est une horreur. Voici le clip slovaque avec des sous-titres en anglais.

 

 

Pour ceux qui ne sont pas familiers avec la langue des Spice Girls, voici ce que ça donne :

 

 

[ALERTE LANGAGE TRES CRU, -18 ANS UNIQUEMENT]

 

[QU’EST-CE QUE VOUS FAITES ENCORE LA LES MINEURS ? DU BALAI !]

 

 

 

Tu viens d’un putain de village

Généralement d’une famille pauvre

Juste pour réaliser tes rêves

T’es une putain de croqueuse de diamants

 

Tout ce qui t’importe c’est la tune

Ta philosophie c’est « seulement l’argent »

Nouveaux cadeaux, sacs Louis Vuitton

T’es une putain de croqueuse de diamants

 

Ton mec peut être vérolé

T’en as rien à foutre

L’important c’est qu’il soit riche

T’es une putain de croqueuse de diamants

 

Tout le monde sait que t’es une salope

Il peut être moche tant qu’il est riche

Tu es superficielle et idiote

Je vous déteste toutes, salopes de croqueuses de diamants

 

Pourquoi tu fais la tête quand t’es au lit ?

T’es une grosse connasse, rien ne t’appartient

Tu l’aimerais pas s’il était pas riche

J’aimerai que tu crèves avant demain matin

 

Qu’est-ce que tu crois que t’es ? T’es quedal

T’as juste choisi un gars riche

T’as jamais bossé de ta vie

T’es qu’une sale pute

 

Tu le complimentes pour son intelligence

Et tu lui suces la bite pour chaque centime

Tu détruis sa famille en toute sérénité

T’es la reine des prostituées

 

Les salopes se rencontrent entre elles

Qui se ressemblent s’assemblent

Parlant de trucs de merde ensemble

T’es juste une grosse pute

 

Tout le monde sait que rien n’est à toi

Tu ne t’es jamais rien acheté

Chacune de vous renforce l’autre

Pour les gens, vous n’êtes qu’une fosse sceptique

 

Tout le monde sait que t’es une salope

Il peut être moche tant qu’il est riche

(Petite bite !)

Tu es superficielle et idiote

Je vous déteste toutes, salopes de croqueuses de diamants

 

Pourquoi tu fais la tête quand t’es au lit ?

T’es une grosse connasse, rien ne t’appartient

Tu l’aimerais pas s’il était pas riche

J’aimerai que tu crèves avant demain matin

 

SALOPES ! SALOPES ! SALOPES ! (ad vitam eternam…)

 

 

 

[VOUS POUVEZ REVENIR LES ENFANTS]

 

Quel poète, ce Rytmus.

 

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 07:00

Le temps est venu de parler d’un restaurant que j’ai aimé et qui vaut le détour. Est-il à Banska Bystrica ou Varsovie ? Que nenni, celui-ci se trouve à Budapest ! Jusqu’ici, je n’ai jamais trop parlé de la Hongrie, il faut dire que je ne suis resté que 36 heures à Budapest, à tout casser. Ce qui ne m’a pas empêché de trouver cette ville absolument magnifique. J’en reparlerai sûrement un jour ou l’autre, il faut dire que j’y ai quand même embrassé les testicules d’un cheval (en étain, le cheval (et les testicules aussi)).

 

Pour cette petite excursion dans la capitale hongroise, nous étions un groupe fort hétéroclite : un Français (c’est moi !), un Turc (c’est pas moi) et trois Polonais. Le destin fit que ces derniers connaissaient une Polonaise en Erasmus à Budapest, qui nous servit de guide. Pour le dîner, elle nous emmena dans un restaurant qu’elle décrivait comme atypique et servant l’un des meilleurs goulash de la ville. Jackpot, elle avait raison sur les deux points.

 

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Le pont entre Buda et Pest

 

Ce restaurant se nomme For Sale (ouais, « à vendre », c’est bien ça) et se trouve tout près du vieux pont reliant Pest à la colline de Buda. Je sais que vous rêverez de manger dans ce restaurant après ma fine critique culinaire, alors je vous file l’adresse tout de suite avant que j’oublie : Vamhaz Korut 2. Voilà.

 

Commençons par le cadre. Imaginez un soleil couchant, chaud en ce début d’automne. Nous entrons dans le restaurant. Par terre, du bois et de la paille, comme dans une vieille auberge. Les tables sont massives, éclairées à la bougie. Au plafond, des tonnes de petits papiers. Ils sont accrochés là après que les clients y aient écrits quelque chose, cool. Nous montons à l’étage, la lumière jaune du soir passe par les gros verres des fenêtres rustiques un peu sales. Sous nos pieds, le sol craque. Il s’agit d’écorces de cacahuètes, mélangées à la paille. Partout, des cacahuètes !

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Le sol du restaurant

 

C’est une des particularités de ce restaurant : sur chaque table, un seau de cacahuètes, et on jette les écorces sur le sol, à la bonne franquette, aller hop. Alors évidemment, avec mon Turc, on s’est juste fait péter le bide de cacahuètes, il y avait littéralement de petites collines d’écorces à nos pieds. Tant qu’à la fin on les jetait un peu ailleurs pour faire croire que c’étaient les filles qui s’empiffraient.

 

Pour rapidement écorner l’image idyllique, le personnel qui s’occupait de nous était colérique, de mauvaise humeur et très casse-couilles. Pas le droit de rajouter un tabouret à une table nom de Dieu ! Ils voulaient à la place nous séparer en deux tables espacées… Pas très sympa. On s’en fout on a gagné, on l’a bougé ce foutu tabouret.

 

Bien évidemment, nous avons commandé deux grosses soupières de goulash pour nous six. Oh putain. Oh putain. Déjà, il y en avait double ration pour dix personnes. Et c’était bon, mais c’était bon ! On dit souvent que la première fois est loin d’être la meilleure (cette règle ne s’applique pas à moi), mais concernant ce goulash, ça reste jusque maintenant le meilleur que j’ai jamais goûté. C’était un bête goulash, mais qu’est-ce qu’il était bon !

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Mais ça donne faim !

 

Vaillants gloutons que nous sommes, les trois garçons de notre équipée avons fini jusque la dernière goutte de ce goulash avant de nous attaquer au reste du seau de cacahuètes. Nous en avons mis dans nos poches et sommes partis en payant l’addition, un resto vraiment bon marché (pour nous), dans la moyenne de Budapest (de ce que j’ai vu des menus en flânant-ci et là).

 

Nous fûmes pleins de cacahuètes et quand vint le moment de l’ascension de la colline de Buda, nous regrettâmes prestement notre goinfrerie, lourds que nous étions. (C’est la morale de l’histoire : si tu fais de l’alpinisme, mange pas un seau de cacahuètes avant de partir.)

 

Depuis, je n’ai jamais remangé une seule cacahuète, je crois que j’en ai avalé assez pour une bonne dizaine d’années.

 

(Je n’ai pris aucune photo du restaurant, j’ai tout piqué sur Google Images. Mais la première est de moi *frime*)

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 07:17

En France, pour manger rapidement, on a le jambon-beurre. Ça coute généralement 5€ et il n’y a rien dedans. Donc on préfère des plats typiquement français comme le hamburger ou le kebab. En Slovaquie, nous avons vu ici qu’ils avaient le masla. Mais en Pologne, qu’ont-ils ?

 

La ZAPIENKANKA. Repeat after me : za-pied-canne-ka.

 

Qu’est-ce que c’est ? Bah c’est tout simple, c’est une moitié de baguette de pain (pas une baguette coupée en deux au milieu, mais une baguette séparée en deux, oh et puis si vous me comprenez pas regardez la photo) avec des champignons, du fromage, et hop, on met tout ça au four. Ensuite, on peut barbouiller de ketchup. C’est simple et grand maximum on s’en sort pour 1€50.

 

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Une zapiekanka de chez Mommo Good Food (oui oui).

 

Alors on peut faire des zapiekanki comme vous voulez, il y en a avec du jambon, avec du saucisson, avec des légumes, ça se décline à l’infini. Et comme cet article est un peu light (en même temps, comment faire plus sur une vulgaire baguette de pain coupée en deux avec du fromage ?), j’avais pensé montrer une vidéo de moi faisant du ski à reculons, mais finalement, je vous propose une véritable recette pour faire vos petites zapiekanki.

 

Ingrédients


1 baguette de pain

Des champignons

Du fromage rapé

Des trucs en plus, du jambon par exemple

 

Faites frire vos champignons jusqu’à ce qu’ils soient cuits.

Coupez votre baguette en deux dans la largeur.

Etalez un peu de beurre sur le pain (oui, je l’avais pas mis dans les ingrédients).

Mettez vos champignons sur le pain beurré, puis ajoutez le fromage râpé.

J’espère que vous avez fait préchauffer votre four à 180°C, parce que là c’est le moment d’y mettre les zapiekanki.

Laissez cuire environ 5 minutes, peut-être un peu plus, peut-être un peu moins.

Ressortez et arrosez de ketchup.

Mangez.

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 07:16

Le 13 décembre dernier était « célébré » le 30e anniversaire de l'application de la loi martiale en Pologne, en 1981. A cette occasion, dans les rues ont paradé des hommes en tenue de soldat communiste et une reconstitution d’une échauffourée entre manifestants de Solidarnosc et l’armée a eu lieu dans la Vieille Ville, ce qui m’a donné l’impression d’être vraiment revenu 30 ans en arrière.

 

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Nom de Zeus Marty, nous sommes en 1981 !

 

Petit point d’histoire pour commencer car ne feigniez pas d’être au point sur l’histoire de la Pologne, je sais pertinemment que vous n’y connaissez strictement rien.

 

Il faut donc savoir que l’état de siège n’a pas duré quelques jours ou quelques mois, mais s’est étendu du 13 décembre 1981 jusqu’au 22 juillet 1983. Ce stan wojenny (littéralement « état de guerre ») a été décidé en réaction à l’influence grandissante du syndicat Solidarnosc qui prônait la liberté, les cons ! On se souvient des images des grèves à Gdansk avec ce cher Walesa au-dessus d’une grille et s’adressant à la foule. Si vous ne vous en souvenez pas, j’ai reconstitué la scène sur place, excepté pour la moustache :

 

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Bref, ce que je pensais être un article sur la loi martiale va finalement se transformer en article sur 1980-81 en Pologne. Soit. Si c’est ce que vous voulez. J’espère que vous êtes prêts.

 

Dans la Pologne communiste, les seuls syndicats autorisés étaient liés au pouvoir. En 1980, Anna Walentynowicz (décédée dans le crash de Smolensk en 2009) crée le premier syndicat indépendant et se fait (logiquement) licenciée pour cela le 7 août 1980, perdant son droit à la retraite à cinq mois de celle-ci. Une grève éclate en réaction le 14 août, donnant naissance à Solidarnosc (Solidar-nau-ch-tch), créé par Walentynowicz et un électricien, Lech Walesa. Le mouvement réussi à fédérer un nombre incroyable de personnes contre le pouvoir, bien aidé en cela par une autre figure de l’Histoire polonaise contemporaine : le Pape polonais Jean-Paul II, qui aura son article un jour ou l’autre ici.

Solidarnosc établit un programme en 21 points, dont voici l’une des photos, préservé tel qu'il était dans un musée à Gdansk :

 

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Il faut bien comprendre que si Solidarnosc a pu se développer, c’est avant tout grâce à la grande mansuétude des dirigeants communistes d’alors. En 1970, un mouvement social a eu lieu à Gdynia et les généraux ont été moins cléments en faisant tirer sur la foule, entrainant des dizaines de morts. Seulement, si Varsovie laisse Solidarnosc se développer (le syndicat regroupe 10 des 13 millions de travailleurs polonais et il a tenu un gigantesque congrès en septembre 1981), ce n’est pas du goût de Moscou qui voit en ce syndicat une menace importante à la stabilité de ses Etats satellites. Pour éviter que l’armée rouge ne vienne régler la situation à sa manière, la loi martiale entre en vigueur le 13 décembre 1981.

 

L’état de siège donne les pleins pouvoirs au Général Jaruzelski, qui dirige un Conseil militaire de salut national. Jaruzelski cumule les mandats, il est également Premier Ministre et Premier Secrétaire du Parti Communiste. Un homme occupé.

L’armée descend dans les rues, réprime les manifestations. Couvre-feu, censure, fermeture des frontières et des aéroports. C’est la guerre. Sans procès, des milliers de militants sont internés et les services secrets « s’occupent » des dissidents les plus dangereux, balançant par exemple des curés influents à la flotte. Walesa reçoit le Prix Nobel de la Paix en 1983 mais ne peut se déplacer, étant sous surveillance policière. C’est sa femme qui se rendra en Suède.

 

Personnellement, je trouve ça super bizarre de célébrer les 30 ans du durcissement de la dictature communiste, mais c’est pour ne pas oublier le long combat vers la liberté. C’est ce que symbolise la (longue) reconstitution de la répression d’une manifestation devant le Palais royal de la Vieille Ville de Varsovie. Pas vraiment besoin de donner d’explications, je vous laisse plutôt regarder les vidéos.

 

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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 07:33

 

C’est bientôt Noël, alors j’ai décidé de vous faire un cadeau, à tous et à toutes. Un cadeau tout simple, mais qui ravira petits et grands, enfin surtout les grands. Il s’agit de la recette de ma Jacqueline slovaque.

Réalisée dans un bac à laver le linge, elle a égayé les soirées Erasmus du premier et du second semestre : fêtes au 8e étage, International Village I & II, etc… Je sais ô combien mes amis slaves l’aiment, en particulier les demoiselles slovaques et polonaises.

 

It will be Christmas soon, so I’ve decided to offer you a present. A simple gift, but it will make you happy, all of you, boys and girls, especially girls. It is the recipe of my Slovak Jacqueline.

You enjoyed it during Erasmus parties of 1ST and 2nd Semester: parties in 8th floor, International Village I & II, etc…

 

Je vous délivre donc mon secret…

 

So this is my secret…

 

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Ingrédients :

2,25 L de vin blanc, du Tokaji hongrois est parfait.

4 L de limonade basique, premier prix.

Ensuite, ça se joue au talent. Il faut ajouter pas mal de crème de cassis, ou si vous n’en avez pas, de la liqueur de cerise (pour la variante Cherry Jacqueline).

Pour finir, ajouter du sirop de grenadine (ou de cerise pour la Cherry version) pour adoucir le tout.

Pour savoir quand c’est prêt, faites goûter à une Polonaise à la louche. Si elle veut en reprendre, c’est bon.

 

Ingredients:

2,25L of white wine, hungarian Tokaji is perfect.

4 L of basic lemonade.

Then, it’s only talent. You have to add blackcurrant liqueur. If you don’t have, cherry liquor is ok (for the Cherry Jacqueline).

After, you add wild fruits sirup (or cherry one for the Cherry version) to make it sweeter.

To know when it’s ready, give it to a Polish girl. If she wants to drink everything, it means it’s ok.

 

La preuve que ma Jacqueline est synonyme de qualité, elle est plus aimée que moi !

 

The proof that my Jacqueline is a synonymous of quality, she is more loved than me!

 

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