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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 07:00

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Comme je le rappelais à la fin de mon article sur le Palais de la Culture et de la Science de Varsovie, c’est là-même qu’eurent lieu les deux premiers concerts de rock au-delà du Rideau de Fer, deux dates de la folle tournée des Rolling Stones en 1967.

 

Imaginez quelques secondes Mick Jagger, Keith Richards, Brian Jones – dont la petite amie venait de le quitter pour Keith, et Charlie Watts dans la capitale d’une Pologne cadenassé par le Parti Communiste. Dites-vous bien que la réalité est encore plus ubuesque que ce que vous aurez pu imaginer.

 

Tout d’abord, une petite vidéo d’archives polonaise avec des images prises à l’extérieur du Palais, et puis une partie du concert en lui-même :


 

Les Rolling Stones débarquent à Varsovie le 12 Avril 1967 directement depuis Paris – où Keith Richards se fit casser la gueule par un douanier français. Ils sont directement conduits à l’hôtel Orbis, au confort rudimentaire : pas de télévision, une radio qui grésille. De plus, leur dîner leur coûta une petite fortune.

 

Le lendemain matin, les membres du groupe se rendirent compte qu’ils étaient suivis dans leurs moindres faits et gestes par des agents, et lorsqu’ils tentèrent de sortir de l’hôtel, les Stones sont repoussés manu-militari à l’intérieur. Les autorités n’avaient pas été prévenues de la conférence de presse du groupe, et ce n’est qu’après avoir donné un pot-de-vin que les Stones purent sortir.

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Mick et Keith à l’hôtel.

 

Cela ne signifiait pourtant pas la fin de leur aventure. Toujours filés par des agents des Rouges, les Stones découvrent une immense foule à leur arrivée devant le Palais de la Culture et de la Science, un gigantesque rassemblement de jeunes gens qui tourne rapidement à l’émeute : tous les tickets des deux concerts avaient été réservés par les membres du Parti, privant la jeunesse de leurs idoles. La police réprima durement l’émeute, tandis qu’à l’intérieur les concerts débutaient.

 

Evidemment, les Communistes n’étaient pas les plus grands fans des Rolling Stones et malgré une prestation de bonne facture, les éclats d’enthousiasme de fans ayant pu obtenir une place étaient souvent réprimés. Cela énerva beaucoup les musiciens britanniques, si bien qu’après leurs concerts, ils se perdirent dans les rues de Varsovie, distribuant à la foule de leurs fans tous les albums et les singles qu’ils avaient avec eux. Je n’ose imaginer la gueule des agents qui les espionnaient en voyant cela.

 

Voici la liste probable des chansons jouées ce jour-là (il s’agit de la setlist de la tournée ’67) :

 

The Last Time

Paint it Black

19th Nervous Breakdow

Lady Jane

Get Off My Cloud

Yesterday’s Paper

Under My Thumb

Ruby Tuesday

Let’s Spend The Night Together

Goin’ Home/Satisfaction

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Le lendemain, alors que les Rolling Stones quittaient leur hôtel pour s’envoler vers Zurich, ils découvrirent que leur note correspondait exactement aux bénéfices de leurs concerts… De plus, ils furent payés en dollars américains, ainsi qu’en złotys, sauf qu’il était hors de question que la monnaie polonaise sorte du pays, tout autant que l’était un conversion en monnaie occidentale. Les Rolling Stones auraient alors échangé leurs 300 000 złotys (le prix de trois voitures) contre des caisses de vodka polonaises. Malheureusement, ils n’auraient jamais pu les récupérer en Grande-Bretagne, les taxes de douane étant tellement élevées que cela n’en valait pas le coup.

 

En plus de chambres d’hôtel dévastées, les Rolling Stones laissèrent un souvenir particulier aux représentants soviétiques présents aux concerts. Ainsi, Mick Jagger nous dit que « they thought the show was so awful, so decadent, that they said this would never happen in Moscow » (ils ont pensé que le concert était si horrible, si decadent, qu’ils ont dit que cela n’arriverait jamais à Moscou). Les Rolling Stones jouèrent pour la première fois à Moscou en 1998, soit 31 ans plus tard. La patience finit toujours par payer.

 

La venue des Rolling Stones à Varsovie est légendaire dans le milieu de la musique en Pologne, et toute la jeunesse polonaise sait que les Stones sont venus en 1967. C’est la première anecdote qui est toujours citée lorsque l’on passe devant le feu-hôtel Orbis : les Rolling Stones étaient là, et ils ont tout cassé.

 

A l’occasion du cinquantième anniversaire des Rolling Stones, un livre a même été écrit sur ces deux concerts, The Rolling Stones za żelazną kurtyną (The Rolling Stones derrière le Rideau de Fer), de Marcin Sitko. Ne maitrisant pas assez le polonais pour lire cet ouvrage, j’ai été pêcher la plupart des informations de cet article sur cette page, détaillant la tournée des Stones en 1967 (en anglais) : http://rockontour.net/bj67.html

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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 07:00

Personne ne connait Czesław Niemen. Il faut être polonais pour savoir de qui il s’agit. Autrement, c’est impossible. Et pourtant, cet artiste gagne à être connu.

 

Niemen.jpg

 

De son véritable nom Czesław Juliusz Wydrzycki (1939-2004), Niemen est l’un des plus importants et plus populaires chanteur de rock n’roll polonais de la seconde moitié du XXe siècle. Il débuta sa carrière au tout début des 60’s. Après quelques concerts en France, il change son nom pour ce qui deviendra son nom de scène, Wydrzycki étant assurément trop difficile à retenir.

 

L’impact de Czesław Niemen a été énorme sur la jeunesse polonaise : il fut l’un des premiers à porter les cheveux longs et des vêtements psychédéliques, ce qui avait le don de mettre les Communistes sur les dents. D’autant plus que sa musique n’était pas en reste.

Après plusieurs singles en polonais, en français ou en espagnol, son premier album, Dziwny jest ten świat (Etrange est ce monde), sort en 1967, et devient le premier de l’histoire à être certifié disque d’or (160 000 ventes) en République Populaire de Pologne. Sa chanson phare, du même nom que l’album, est considérée comme le plus important morceau contestataire. Chanson et paroles :

 

 

Etrange est ce monde

Où il y a toujours tant de mal

Et il est étrange que pendant tant d’années

L’homme ait tant méprisé l’homme

[…]

Mais il y a plus de gens avec de bonnes intentions

Et je crois fermement que ce monde

Ne disparaitra pas grâce à eux

Il est temps, grand temps,

De détruire la haine qui est en nous.

 

Dans ta gueule, Gomułka.

 

Czesław Niemen n’est pas resté englué dans un seul genre de musique, et a progressivement évolué, passant du psyché au rock progressif, à la folk, au jazz ou à la musique électronique. Il a sorti treize albums en Pologne, le dernier en 2001 après un hiatus de 12 ans. Il a également enregistré trois albums en anglais, commercialisés à l’Ouest.

 

Parmi les plus grands succès de Czesław Niemen, on retrouve par exemple Sen o Warszawie (Rêve de Varsovie). Hymne du club du Legia Warszawa, cette chanson semble absolument culte pour tous les Polonais que j’ai rencontré. Il faut dire qu’elle est super bien, aussi.

 

(La chanson commence à 01:00, avant c'est que du blabla.)

 

Cette chanson, avec Dziwny jest ten świat, est la plus connue de Niemen. Comme je me dois d’apporter un peu de valeur ajoutée (sinon, autant aller voir sur Wikipedia), voici une vidéo de Pod papugami (Sous les perroquets), parce que j’aime les oiseaux colorés.

 

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3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 07:00

Fryderyk Szopen.

Cela ne vous dit rien ?

 

Frédéric Chopin ?

Ah oui, lui, vous le connaissez.

 

Né à Żelazowa Wola (50km de Varsovie) en 1810 ; mort à Paris, Place Vendôme en 1849. Entre les deux, une vie des plus remplies.

 

D’un père français, d’une mère polonaise, le petit Frédéric est pourtant à 100% polonais. Déménageant à Varsovie quelques semaines après sa naissance, ses parents acquièrent un piano et l’enfant se révèle très précoce et très doué. A huit ans, il joue avec un orchestre et est célèbre dans toute la ville.

Après le lycée, le jeune Chopin entre au Conservatoire en 1826 et se met à composer. En 1827, sa sœur aînée contracte la tuberculose et meurt. Frédéric est souvent malade, chaque petite infection pouvant devenir mortelle, et il restera souffrant jusqu’à la fin de sa vie, faible et amaigri. Des scientifiques polonais ont émis l’hypothèse qu’il eut pu être atteint de la mucoviscidose.

Il quitte Varsovie pour Vienne en 1830 et ne reviendra jamais en Pologne. Il passe une année dans la capitale autrichienne pendant que son pays se soulève contre la domination russe avant de se voir écraser. C’est à ce moment-là qu’il commence à composer ses œuvres les plus célèbres (Etudes op.10 et op.25).

Il rejoint Paris en 1831 et plonge dans la vague romantique qui secoue la vie artistique de la capitale au même moment que débute la Monarchie de Juillet. Après des débuts timides, il connait un succès impressionnant jusqu’à sa mort en 1849. Son dernier concert, le 16 février de cette année, fut, d’après La Gazette Musicale, fabuleux : « c’est tout au plus si nous arriverions à vous donner l’idée d’un talent purement idéal, et dans lequel la matière n’entre à peu près pour rien. Pour faire comprendre Chopin, nous ne connaissions que Chopin lui-même; tous ceux qui assistaient à la séance de mercredi en sont convaincus autant que nous ».

De 1831 à 1847, Chopin est le compagnon de George Sand, mais leur rupture le laisse affaibli. Il meurt le 17 octobre 1849 Place Vendôme et est enterré au Cimetière du Père Lachaise au son de Sonate pour piano n°2, la célèbre Marche Funèbre. Son cœur, lui, a été transporté jusque Varsovie où il a été placé dans un pilier de l’Eglise Swiętokrzyska sur Krakowskie Przedmieście.

 

 

Chopin est une fierté nationale en Pologne. Dans le Park Łazienkowski, au centre de Varsovie, trône une gigantesque statue du pianiste. Quand les beaux jours arrivent, chaque dimanche après-midi, un pianiste renommé vient jouer, pendant une heure, des morceaux de Chopin en plein air, pendant que la foule se rassemble sur les bancs et dans l’herbe autour du monument. Pour y être allé plusieurs fois, c’est très bien (même si une fois je me suis endormi, et une autre j’étais trop absorbé par un combat de catch entre deux bébés).

 

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Concert à Łażienki.

 

Evidemment, il existe un musée consacré à Frédéric Chopin à Varsovie. La boutique est géniale. Après, le musée en lui-même… C’est très avant-gardiste, c’est spécial. Des pièces classiques reconstituent les salons du pianiste ou exposent des correspondances, des partitions, des photographies. D’autres sont beaucoup plus bizarres, avec une atmosphère sonore parfois dérangeante. Dans un couloir, point de piano, mais une voix bruyante qui murmure « Chooopin Chopin Chopin Chooopin ». C’est stressant et ça fout mal à l’aise (et ça reste dans la tête des heures…Chooopin Chopin Chopin !). Par contre, il y a une base de données gigantesque à consulter sur place, ainsi qu’une salle de concerts (évidemment).

 

« Chooopin Chopin Chopin Chooopin ! »
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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 07:30

Comme je le disais dans ma dernière note, j'ai de la visite depuis mercredi, ce qui m'a laissé peu de temps pour préparer mon billet du lundi. Et comme ils font à la télévision, pour remplir le vide, je vais mettre quelques clips musicaux. Mais pas n'importe lesquels, voyons, je suis tout de même soigneux : voici trois adaptations polonaises de chansons françaises. Ca vaut le coup d'écouter, vraiment.

 

Une reprise de Qui Saura

 

Une reprise de Tous les Garçons et les Filles

 

Une reprise d'Aïcha

 

Voili voilou.

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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 07:46

(Au fond du cuir noir de mon gants, lalala)

 

Le rap, comme tous les genres de musique, plus ou moins, existe partout. Y compris en Pologne. Et en Slovaquie.

 

L’une des figures proéminentes du rap slovaque est Rytmus. Je n’ai jamais eu la « chance » de le voir en concert, mais j’ai pu danser de nombreuses fois sur son tube Zlatokokpy. En français, cela signifie « Croqueuse de diamants ».

 

Ça doit être une des chansons les plus vulgaires que j’ai jamais entendue de toute ma vie. C’est une horreur. Voici le clip slovaque avec des sous-titres en anglais.

 

 

Pour ceux qui ne sont pas familiers avec la langue des Spice Girls, voici ce que ça donne :

 

 

[ALERTE LANGAGE TRES CRU, -18 ANS UNIQUEMENT]

 

[QU’EST-CE QUE VOUS FAITES ENCORE LA LES MINEURS ? DU BALAI !]

 

 

 

Tu viens d’un putain de village

Généralement d’une famille pauvre

Juste pour réaliser tes rêves

T’es une putain de croqueuse de diamants

 

Tout ce qui t’importe c’est la tune

Ta philosophie c’est « seulement l’argent »

Nouveaux cadeaux, sacs Louis Vuitton

T’es une putain de croqueuse de diamants

 

Ton mec peut être vérolé

T’en as rien à foutre

L’important c’est qu’il soit riche

T’es une putain de croqueuse de diamants

 

Tout le monde sait que t’es une salope

Il peut être moche tant qu’il est riche

Tu es superficielle et idiote

Je vous déteste toutes, salopes de croqueuses de diamants

 

Pourquoi tu fais la tête quand t’es au lit ?

T’es une grosse connasse, rien ne t’appartient

Tu l’aimerais pas s’il était pas riche

J’aimerai que tu crèves avant demain matin

 

Qu’est-ce que tu crois que t’es ? T’es quedal

T’as juste choisi un gars riche

T’as jamais bossé de ta vie

T’es qu’une sale pute

 

Tu le complimentes pour son intelligence

Et tu lui suces la bite pour chaque centime

Tu détruis sa famille en toute sérénité

T’es la reine des prostituées

 

Les salopes se rencontrent entre elles

Qui se ressemblent s’assemblent

Parlant de trucs de merde ensemble

T’es juste une grosse pute

 

Tout le monde sait que rien n’est à toi

Tu ne t’es jamais rien acheté

Chacune de vous renforce l’autre

Pour les gens, vous n’êtes qu’une fosse sceptique

 

Tout le monde sait que t’es une salope

Il peut être moche tant qu’il est riche

(Petite bite !)

Tu es superficielle et idiote

Je vous déteste toutes, salopes de croqueuses de diamants

 

Pourquoi tu fais la tête quand t’es au lit ?

T’es une grosse connasse, rien ne t’appartient

Tu l’aimerais pas s’il était pas riche

J’aimerai que tu crèves avant demain matin

 

SALOPES ! SALOPES ! SALOPES ! (ad vitam eternam…)

 

 

 

[VOUS POUVEZ REVENIR LES ENFANTS]

 

Quel poète, ce Rytmus.

 

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 07:49

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Hier, dimanche, nous sommes allés voir un groupe de rock polonais en concert au Stodola, une salle de Varsovie, ancienne discothèque. Il s’agissait de Lady Pank, que nous avions déjà vu jouer trois chansons lors d’un concert de charité organisé pour un certain Maciek, déjà au Stodola, avec foule d’autres groupes.

 

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Les billets pour les deux concerts au Stodola

 

Qui sont les Lady Pank ?

Eh bien déjà, ils sont vieux. C’est un groupe formé en 1981 autour du guitariste Jan Borysewicz (celui avec une Stratocaster) et du chanteur Janus Panasewicz (il y en a qu’un, pas compliqué de le reconnaitre). Le line-up a beaucoup changé mais eux sont restés.

Le groupe compte aujourd’hui 20 albums (je n’ai pas tout écouté, hey oh), totalisant plus de 200 chansons. La fiche Wikipedia du groupe nous dit que Lady Pank a joué 369 fois entre 1981 et 1983, plus de 800 fois jusqu’en 1986. Si l’on prend des années pleines, cela nous fait une moyenne un concert tous les trois jours. Nice.

 

Mala Lady Pank, premier hit du groupe

 

Alors, comment était le concert d’hier ?

C'était very nice. Nous sommes arrivés au club à 20h, le temps de poser nos affaires au vestiaire, de prendre une bière à 1euro et le concert commençait déjà. Le son était très bon, ce qui n'était pas gagné d'avance pour une ancienne discothèque. La salle était pleine, nous étions dans le fond de la salle mais l'on voyait très bien. Je dirai que c'est grand comme 1,5x la grande salle de la Cartonnerie.

 

Kryzysowa Narzeczona ; ne faites pas attention au clip

 

Quant au show, ça se sent qu'ils ont bientôt 30 ans de carrière. Le public réagissait à grand renforts de cris à chaque début de chanson. Que des classiques, je les connaissais toutes du haut de mon expérience de leur double Best-Of, donc pas d'inédits ou de raretés. Ils ne venaient clairement pas juste chercher leur cachet et ont mis une sacrée ambiance. Le bassiste était géniale, sautillant partout. Les deux guitaristes ne bougeaient pas sur la petite scène, mais celui de droite était très marrant. Outre ses nombreuses blagues potaches, il a un peu été payé à ne rien faire : il était sans guitare le quart du temps, flânant sur scène ou jouant avec le public. C'était très rigolo. Quant au chanteur, outre le fait que de loin il ressemblait à Kaddhafi, il avait une voix vraiment puissante, c'est juste dommage qu'il ait parfois oublié les paroles.

 

Stacja Warszawa

 

Le concert n'a duré qu'une heure et demi, dont une demi-heure de solos (qui valaient la peine, c'était très bien), mais on ne peut pas tellement leur reprocher, avec un catalogue de chansons qui dépassent rarement les trois minutes, on a quand même eu tous leurs classiques. Mais on aimerait que ça dure plus longtemps, comme à chaque concert.

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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 09:00

En slovaque, Ponorka signifie « Sous-marin ». Deux boîtes de Banska Bystrica sont ainsi nommées : le Old et le NewPonorka. Une amie m'avait également montré un Ponorka à Bratislava (je vous ai déjà dit que cette ville est la plus laide que j'ai jamais vu?).

 

Pourquoi cette dénomination commune ? Parce qu'après une soirée dans une de ces boîtes, on finit la tête sous l'eau, complètement déchiré ? Non, les Slovaques aiment bien les sous-marins, c'est tout. J'ai bien vu un monument commémorant la gloire des marins slovaques à Bratislava. Étant donné qu'il y a beaucoup de mer en Slovaquie, ça fait tout de suite sens.

 

Hors de question de parler du Old Ponorka ici. Je n'y ai été que peu de fois, et quand je me souviens qu'une fois mon colocataire slovaque en est revenu avec un morceau de dent en moins parce que les néo-nazis s'en étaient pris à un de ses potes (avec l'aide des videurs), je n'ai pas trop eu envie d'y retourner. Pour l'anecdote, si mon coloc est revenu, c'est qu'il a allongé un des agresseurs et avait peur d'avoir des problèmes avec la police. On sait jamais, des fois qu'il l'aurait tué (faut dire qu'il bougeait plus, apparemment).

 

ponorka.jpg

L'enseigne du New Ponorka

 

Quand on parle du Ponorka aux étudiants passés par Banska Bystrica, leurs yeux commencent à briller. Pourquoi ? Parce que c'est petit, sale et glauque, tout simplement. La musique y est beaucoup trop forte, on en sort complètement sourd. Les toilettes sont sordides. Il y a une petite salle avec un baby foot qui sert plus à faire des bébés qu'à jouer au foot. Cela ne vous attire pas ? Je vous rassure, la première fois que j'y suis entré, j'ai un peu tiré la gueule : « qu'est-ce que c'est que ce bordel ? » Je suis resté debout à l'entrée, je me suis aventuré dans la masse humaine dire que je me cassais aux autres et je suis reparti à pieds dans la neige. Seulement, cette fois-ci, j'étais sobre. Sans faire l'apologie de l'alcool, il faut bien se rendre compte que le Ponorka n'est marrant qu'après un ou deux verres, et c'est pour cela que sa fréquentation explose à partir de deux heures du matin, pas avant.

 

Comme je l'ai dit, le Ponorka est petit. Mais alors, comment danse-t-on ? En montant sur les tables et sur les bancs, pardi. Ne me dites pas que ce n'est pas voulu ! Il y a des barres sur les murs pour se déhancher comme des femmes de petite vertu, et croyez moi ou non, mais je suis très bon pour ça. Et quand on a pas envie de danser, on peut tout simplement regarder les demoiselles se déhancher, un verre à la main. C'est divertissant aussi.

 

Hum, quelques souvenirs du Ponorka ? Voyons voir... Ah, des souvenirs que je peux décemment écrire dans un blog public ? Ça restreint la liste.

L'une des premières fois où je suis allé au Ponorka, ils ont passé le thème de Pirates des Caraïbes en version dance. Il fallait nous voir sauter de table en table en se poursuivant. C'est con, Jack Sparrow il a pas de sous-marin.

Sinon, toutes les soirée au Ponorka se ressemblaient un peu. C'était juste marrant de se retrouver là, entre amis, dans le même délire, à danser sans honte sur les tables, avec un DJ vraiment excellent.

 

Le Ponorka, c'est le symbole de la débauche la plus absolue, mais c'est aussi pour ça qu'on l'aime. Mais, car il y a un « mais », cela ne peut pas durer éternellement. En face du Ponorka s'est construit un immeuble d'habitations et du fait du bruit engendré par la boîte (et c'est peu dire), le Ponorka va devoir déménager. Et cela ne sera plus jamais pareil.

 

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Des inconnus (ne me cherchez pas, c'est une photo de 2008 que j'ai piqué sur un site)

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 11:28

Tous les pays ont dans leur culture musicale des courants honteux. Je pense que je n'ai pas besoin de citer pour le monde francophone ce cher Boris, qui m'a permis de faire un jeu de mot minable pour le titre de cet article. Si on remonte aux 80's ou aux 70's, on doit bien pouvoir se marrer.

 

Lorsque nous étions à Gdansk à la fin du mois d'août, nous avons décidé de nous rendre à la plage pour y admirer le coucher de soleil. Nice, isnt'it ?

Nous voilà débarqués du bus, il nous faut rejoindre la plage en passant à travers la cour d'une sorte d'hôtel, de salle des fêtes. Bref, ça faisait restaurant, il y avait des jeux sur les côtés et des cabanes qui vendaient de bons zapiekanki (j'en reparlerai). Et au milieu, des gens qui dansaient. Toute une foule de Polonais, de tous les âges, qui se déhanchaient gaiement sur un genre de musique très particulier pour ma guide qui vient de Varsovie : le disco polo.

 

Co to jest to disca pola ?

Selon elle, le disco polo est un genre de musique kitch qui est surtout écouté dans la province, et marche très fort pour les mariages : un mariage polonais n'est pas réussi sans disco polo.

Tout d'abord, moi, c'est le nom qui m'intrigue. Pourquoi « disco polo » ? « Disco », je veux bien. Mais « polo » ? Le premier chanteur s'appelait Paul ? La réponse est que cela s'inspire de l' « Italo-disco ». Je suis pas convaincu.

Selon wikipedia (oui, je suis pas une encyclopédie du disco polo, faut bien que je me source, aussi), le disco polo est né de la mutation de la musique folk traditionnelle polonaise au début des 90's, inspirée par celle d'Ukraine et de Russie par l'ajout du clavier, se rapprochant de près ou de loin de la dance musique moderne. Malheureusement, le genre est en déclin depuis le début du nouveau millénaire à cause de l'arrivée de la dance étrangère. Honte à toi, David Guetta !

 

Evidemment, un article parlant de musique ne serait pas complet quelques clips. Je vous enjoins vraiment à les regarder, le disco polo est très simpliste, mais ça reste dans la tête et c'est divertissant. Je me suis trouvé un mega best of 1993-1999, et je l'écoute pour de vrai de temps en temps, c'est rigolo.

 

 

 

 

Jestes szalona, lalalalalala

 

 

 

 

C'est qu'elle n'est pas laide, la demoiselle. Après on s'étonne que je passe mon temps dans cette région du monde.

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