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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 07:00

24 avril 2013 : un, puis deux, puis trois, puis quatre coups de canon. Robert Lewandowski abat le Real Madrid en demi-finale aller de la Ligue des Champions avec le Borussia Dortmund, futur finaliste malheureux contre le Bayern Munich.

Un quadruplé historique qui révèle l’attaquant polonais au monde, avec des réactions qui n’avaient pas de prix sur le site de l’Equipe, du genre : « Il est pas mal ce petit polonais, il serait bien à la pointe de l’OM ». Sauf que Lewandowski, 24 ans, affole les compteurs et les défenses adverses depuis bien longtemps et n’a pas attendu ce match pour intégrer le gotha des meilleurs attaquants d’Europe.

 


 

Si vous avez le malheur de supporter l’équipe adverse, vous ne pouvez que détester Robert Lewandowski. C’est un joueur insupportable pour les défenses, avec un jeu de corps toujours à la limite du régulier : et vas-y que je mets mes mains en opposition, que je bloque mon adversaire avec mon corps. S’il devait un jour jouer en Ligue 1 française, il exploserait les records de fautes commises tellement notre manière d’arbitrer est pointilleuse. Mais pour son bonheur, il joue en Allemagne, où il peut laisser exploser tout son talent.

Lewandowski n’est pas un simple finisseur, mais un attaquant complet qui participe au jeu de son équipe. Même s’il a la fâcheuse habitude de souvent choisir ses matchs, il ne rechigne pas à l’effort et se replace souvent entre les lignes pour bloquer la relance adverse. Rapide, il se projette instantanément vers l’avant à la moindre interception, bien aidé en cela par Reus au Borussia. Il n’hésite pas non plus à redescendre pour combiner avec ses partenaires. Mais attention, il a très mauvais caractère (certains diraient qu’il se comporte comme un sale con) et il a été coupable de quelques mauvais gestes qui lui ont valu de rater plusieurs matchs.

 

Fils d’un champion de judo, également footballeur en seconde division et d’une joueuse professionnelle de volley-ball, Lewandowski, formé à Varsovie débute en 3e division à Pruszków, dans la banlieue de la capitale. Il finit meilleur buteur du championnat en 2007 avec 15 buts, à l’âge de de 19 ans, avant de réitérer la même performance l’année suivante en 2e division avec 21 buts.

Il est transféré au Lech Poznań en 2008. Durant ses deux saisons avec le club de Grande-Pologne, il inscrit 14 puis 18 buts, terminant meilleur buteur la deuxième année (cela devient une habitude), remportant au passage une Coupe de Pologne et un titre de champion.

Tout comme Jakub Błaszczykowski avant lui, il est temps pour Robert Lewandowski de quitter la Pologne, et il rejoint le Borussia Dortmund pour 4,5 millions d’euros.

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Avec Poznań.

 

Tout d’abord remplaçant du Paraguayen Lucas Barrios, Robert Lewandowski inscrit huit buts lors de ses bouts de match en 2010/2011, année synonyme de titre de Champion d’Allemagne pour le Borussia Dortmund. La saison suivante, une blessure de Barrios permet à Robert de montrer de quoi il est capable. Les statistiques parlent d’elles-même : 22 buts en Bundesliga, un nouveau titre de Champion et une Coupe d’Allemagne remportée en finale contre le Bayern Munich 5-2, au cours de laquelle il inscrit un triplé.

Barrios parti en Chine chercher un meilleur salaire challenge sportif, Lewandowski est le titulaire inamovible sur le front de l’attaque du Borussia en 2012/2013. Même si le Borussia ne remporte aucun trophée, vaincu à chaque fois par sa nemesis le Bayern Munich (le BVB termine 2e, derrière Munich, est éliminé en ¼ de la Coupe d’Allemagne, par Munich, et perd la finale de la Ligue des Champions, contre Munich), Lewandowski réalise une nouvelle saison pleine, avec 24 buts en Bundesliga et 10 en Ligue des Champions, dont ce fameux quadruplé contre le Real Madrid.

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Au BVB.

 

Malgré son charisme discutable et un niveau bien moindre en sélection qu’en club, Lewandowski est devenu une star inévitable en Pologne : on le voit dans de nombreuses publicités, les magazines people font leurs choux gras de son mariage cette année, et des émissions télés s’invitent même chez lui pour le filmer faire la cuisine.

 

Cela faisait plus d’un an qu’il était de notoriété publique que Lewandowski ne signerait pas de nouveau contrat avec Dortmund, celui signé en 2010 se terminant en 2014. Cela voudrait dire qu’il partirait donc libre l’an prochain. Cependant, le Bayern Munich ferait le forcing pour le transférer dès cette année, ce qui est également la volonté du joueur. Le Borussia Dortmund a plusieurs fois répété que Lewandowski resterait pour la saison 2013/2014, mais devra probablement céder : le joueur n’aura certainement pas peur d’aller au clash et de bouder dans son coin tant qu’il n’aura pas ce qu’il souhaite.

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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 07:00

Le championnat national de football polonais a été officiellement créé en 1927. Aujourd’hui appelée T-Mobile Ekstraklasa, elle est la version polonaise de la Ligue 1 Orange.

Le championnat se joue à 16 équipes, donc sur 30 journées d’août à mai, avec une (très) longue trêve hivernale, dont le dernier champion en date (2011/1012) fut Sląsk Wrocław.

t-mobile_ekstraklasa_1.jpg

De 1927 à 1939, le championnat est largement dominé par Cracovie (6 titres : 3 pour Cracovia, 2 pour le Wisła, 1 pour le Grabarnia) et le Ruch Chorzów, qui remporte 5 titres.

Après la Seconde guerre mondiale, le championnat qui reprend en 1947 est totalement différent : exit les clubs des villes passées à l’URSS, comme Lwów, et bonjour les clubs des villes allemandes de Silésie, comme Wrocław ou Zabrze. Les quatre premiers champions viennent de Cracovie (Cracovia puis Wisła x3). Si le Legia Warszawa remporte son premier titre en 1955, le club phare sous le joug communiste est le Górnik Zabrze qui remporte quatorze titres de champion entre 1957 et 1988 ! Le Ruch Chorzów remporte lui huit titres, le Wisła et le Legia quatre chacun.

 

Seulement, l’ère démocratique qui s’ouvre ne fait pas du bien à Zabrze qui n’a plus gagné depuis, le Wisła reprenant sa place de locomotive du football polonais, avec huit titres sur les quinze dernières années.

 

Parmi les clubs historiques participant à l’édition 2012/2013 de l’Ekstraklasa, on retrouve le Górnik Zabrze, le Legia Warszawa, le Wisła Kraków et le Ruch Chorzów, mais j’y reviendrai plus en détail dans un article à venir.

 

Que vaut le championnat polonais ? C'est triste à dire, mais techniquement, pas grand-chose. Alors oui, j'extrapole un peu, je ne m'inflige pas tous les matchs de chaque journée de championnat. 

Récemment, j'ai pu voir Wrocław - Legia, le champion 2012 contre le futur champion 2013. Eh bah putain, ce fut un festival d'approximations tactiques et techniques, c'en était effrayant. Après, il y a de l'engagement, de l'envie, un peu de folie pour palier aux manques footballistiques, donc cela reste un tant soit peu attrayant à regarder, le temps d'une mi-temps.

En revanche, le spectacle est largement plus présent en tribunes : tifos géants, fumigènes (pas bien), public chantant de la 1ère à la 90e minute, ça saute partout, c'est chaud. Ca permet de mieux comprendre l'engouement dingue pour le football, et à Varsovie, pour le Legia (sérieusement, ils sont timbrés avec ce club).

(Pour ceux que ça intéresse, le Legia a gagné 0-2).

 

Palmarès :

 

14 titres : Górnik Zabrze, Wisła Kraków

13 : Ruch Chorzów

8 : Legia Warszawa

6 : Lech Poznań

4 : Cracovia, Widzew Łódż

 

Quelques statistiques, parce que j’aime les statistiques :

 

Plus grand nombre de saisons en Ekstraklasa : Legia Warszawa (77), Wisła Kraków et Ruch Chorzów (74).

 

Meilleurs buteurs : Ernst Pohl (186 buts, 1954-1967), Lucjan Brychczy (182, 1954-1971), Gerard Cieślik (167, 1948-1959).

 

Plus grand nombre d’apparitions : Marek Chojnacki (452 matchs, 1978-1996), Dariusz Gęsior (427, 1987-2007), Janusz Jojko (417, 1980-2003).

 

Nouveauté probable pour la saison prochaine avec la mise en place d'un système de play-offs, les 8 premiers de la saison régulière s'affrontant pour le titre, les 8 derniers pour éviter la relégation. Je trouve cela profondément stupide : le 8e peut devenir champion et le 9e être relégué. C'est nul.

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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 07:00

B Ł A S Z C Z Y K O W S K I

 

22 points au Scrabble polonais, 72 au Scrabble français si l’on compte le Ł pour un L (rigolez pas, j’ai vérifié les points sur Wikipedia). Imaginez en mot compte-triple. Bon, c’est vrai, il faudrait réussir à caser Błaszczykowski sur le plateau, et que le Scrabble accepte les noms propres.

 

Avant d’être un nom imprononçable pour une bouche française, Błaszczykowski est le nom de famille d’un certain Jakub, footballeur polonais, capitaine de sa sélection depuis 2010 et évoluant au Borussia Dortmund. Oui oui, le club jaune et noir qui vient d’en passer quatre au Real Madrid, tous marqués par un autre Polonais, Robert Lewandowski. Mais comme son nom est moins dur à prononcer, c’est moins drôle de faire un article sur lui pour le moment.

 

Qui es-tu, Jakub Błaszczykowski ?

Né en 1985 près de Częstochowa (ce qui explique pas mal sa très grande foi catholique, il lit la Bible tous les jours), il commence le football à l’âge de huit ans. Mais à dix ans, une tragédie lui fait arrêter la pratique de ce sport : devant ses yeux, son père poignarde à mort sa mère. Pendant que l’assassin croupit en prison, Jakub et son frère sont élevés par leur grand-mère. C’est son oncle, Jerzy Brzęczek, alors joueur professionnel (médaille d’argent aux JO de 1992), qui pousse le petit Jakub à continuer le football.

 

Après un court passage dans les équipes de jeunes de Zabrze, Błaszczykowski fait ses débuts en 4e division au KS Częstochowa en 2002, à 17 ans. Son oncle fait jouer ses pistons pour permettre à son neveu d’effectuer un essai au Wisła Kraków, club majeur du pays, en 2004. Jakub est tout de suite convaincant et intègre l’équipe première.

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Avec le Wisła contre le Panathinaikos

 

En trois saisons, l’ailier glane un titre de champion de Pologne, et plusieurs distinctions. En vrac, il est distingué comme le meilleur milieu de terrain du championnat aux Oscars du Foot de Canal + en 2006, et intègre l’équipe de l’année en 2006-2007.

 

La Pologne, c’est bien beau, mais il est temps pour Błaszczykowski de changer d’air, de voir plus grand. Il signe en février 2007 pour le Borussia Dortmund, qu’il rejoint en juillet, pour 3 millions d’euros.  Il se fait rapidement une place dans le Onze du club de la Ruhr, et est désigné par les supporters Joueur de l’Année 2008.

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Avec le Borussia

 

Błaszczykowski est un élément essentiel du projet de jeu élaboré par Jürgen Klopp, et remporte par deux fois la Bundesliga, en 2010/2011, et la saison suivante, y ajoutant même une Coupe d’Allemagne pour ce qui constitue le premier doublé de l’histoire du club. Si cette saison (2012/2013), le Borussia Dortmund n’a pu que laisser le Championnat et la Coupe à un Bayern Munich stratosphérique, Błaszczykowski et ses compères se sont donc qualifiés pour les ½ finales de la Ligue des Champions et ont pris une sérieuse option pour la finale avec cette victoire 4-1 sur le Real Madrid.

 

Capitaine de la sélection polonaise depuis 2010, Błaszczykowski n’a pourtant pas toujours été chanceux sous le maillot blanc et rouge. Il connait sa première sélection au printemps 2006, mais loupe la Coupe du Monde en Allemagne à cause d’une blessure. Grand artisan de la qualification des Aigles polonais à l’Euro 2008, il rate là encore la compétition, à nouveau blessé.

A son Euro 2012, en Pologne, Błaszczykowski est excellent, délivrant une passe décisive contre la Grèce et égalisant contre la Russie d’un magnifique but (vidéo dans cet article). Même si j’ai toujours apprécié Dortmund (le jaune et le noir, je suis fan depuis Maya l’Abeille), c’est à cette occasion que j’ai réellement pu apprécier le jeu de Błaszczykowski, plein de hargne, de rage, de combativité, avec une technique balle au pied et une frappe au-dessus de la moyenne. Capitaine courage, haranguant ses coéquipiers, il ne peut malheureusement pas éviter l’élimination de son équipe au premier tour. Mais bordel, quel type.

 

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A l’Euro 2012


Une petite compilation vidéo avec de la musique de merde (sérieusement, coupez le son) :


 

Lors de sa sortie mercredi soir, contre le Real Madrid, une scène m’a beaucoup amusé. Traditionnellement, le speaker du Westfalenstadion (Signal Iduna Park ? ‘connais pas.) scande le prénom du joueur remplacé, et les 80 000 supporters hurlent son nom de famille.

Cela a donné quelque chose de cocasse dans le cas de Błaszczykowski :

Speaker : « [Trucs en allemand] JAKUUUB… !

Public : « … KUBA ! »

Błaszczykowski étant difficile à prononcer, il est appelé par son surnom, Kuba. J’aurais aussi bien pu l’utiliser, moi aussi, mais vous imaginer essayant de déchiffrer à chaque fois comment lire Błaszczykowski m’a bien fait marrer.

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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 07:00

Comme vous le savez tous, la Pologne a organisé le Championnat d’Europe de football 2012, conjointement avec l’Ukraine. La sélection polonaise n’a pas passé la phase de poules, malgré un football que je qualifierais de « romantique » : on donne tout, on se bat comme des morts de faim, c’est brouillon mais ça prend aux tripes ; et évidemment, on perd à la fin. Deux matchs nuls, contre la Grèce en ouverture puis contre la Russie dans un match qui fut l’un des plus beaux de la compétition tant il fut intense (et ce but de Błaszczykowski, Mama mia !), une défaite contre la République Tchèque, et c’en fut terminé.

 

 

Alors, avec l’élimination aussi prématurée de l’Ukraine, tous les beaufs se sont déchainés sur le site de L’Equipe, en se demandant vulgairement pourquoi on laissait d’aussi petites équipes jouer des phases finales de l’Euro (en oubliant au passage les superbes parcours français en 1992 et 2008, pam pam padam).

 

Car non, la Pologne n’est pas une « petite équipe » en piłka nożna. Ils traversent juste une période difficile. Qui dure depuis trente ans, ok. Mais à Reims, on aime bien se faire mousser à propos du passé glorieux du club, alors faisons de même avec la Pologne.

 

Le premier match officiel de la Pologne a eu lieu en 1921, une défaite 0-1 contre la Hongrie à Budapest. La sélection polonaise participe à sa première Coupe du Monde en 1938, en France. Ils poussent le Brésil en prolongations avant de perdre sur le score de 5-6. Et puis plus rien jusqu’en 1970, où un homme va mener la génération de l’attaquant Grzegorz Lato au sommet : Kazimierz Górski.

 

Aux Jeux Olympiques de Munich, en 1972, la Pologne, dans le Groupe D, corrige la Colombie, le Ghana puis l’Allemagne de l’Est. Au second tour, au sein du Groupe 2, elle concède le nul au Danemark mais bat l’URSS de Blokhin et le Maroc, terminant 1ère.

En finale, contre la Hongrie, malgré l’ouverture du score de Varady, la Pologne gagne 2-1 grâce à un doublé de Deyna.

La Pologne remporte ainsi la médaille d’or et a, à cet instant, un meilleur palmarès que la France. Bam.

 

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La Pologne en or.

 

Górski ne s’arrête pas là et qualifie la Pologne pour la Coupe du Monde 1974 en Allemagne de l’Ouest, après avoir éliminé l’Angleterre (non, la France ne se qualifia pas).

Leur premier match contre l’Argentine se solde par une victoire 3-2, avec un doublé de Lato et un but du petit nouveau Szarmach. Puis les Aigles étrillent Haïti 7-0 (Szarmach x3, Lato x2), puis bat l’Italie 2-1, finaliste malheureuse en 1970, avec encore un nouveau but de Szarmach.

Dans la seconde phase de poules, la Pologne bat la Suède 1-0, puis la Yougoslavie 2-1 avant de perdre contre l’Allemagne 0-1 (Muller) dans des conditions dantesques, sur un terrain impraticable où la vivacité du jeu polonais ne pouvait s’exprimer.

Opposée au Brésil lors de la petite finale, la Pologne emporte la médaille de bronze sur le score de 1-0, grâce à l’inévitable Lato, qui finit meilleur buteur de la compétition avec 7 buts.

 

(Il y a quelques bijoux là-dedans !)

 

Aux JO de Montréal 1976, la Pologne échoue à conserver son titre en étant dominée en finale par l’Allemagne de l’Est 3-1 et doit se contenter d’une médaille d’argent. Górski quitte son poste de sélectionneur.

 

A la Coupe du Monde 1978, la Pologne termine 1ere de sa poule, incluant l’Allemagne de l’Ouest championne du monde, la Tunisie et le Mexique, mais échoue à se qualifier pour la finale ou même la petite finale en terminant 3e de la seconde phase de poule contre le Pérou, le Brésil et l’Argentine, future championne. Lato marque deux buts lors de la compétition, tout comme le petit nouveau Zbigniew Boniek, futur joueur-clé de la Juventus de Platini.

 

A la Coupe du Monde espagnole de 1982, il ne reste plus grand monde de l’équipe de 1974, outre Lato et Szarmach. Peu importe ! La relève est là avec Boniek.

Pourtant, tout ne commence pas très bien dans le groupe 1, où la Pologne fait un triste match nul 0-0 contre l’Italie, se brisant sur le catenaccio. Le second match contre le Cameroun se solde sur le même score, et l’espoir de d’atteindre la seconde phase de poules passe par une large victoire contre le Pérou. Résultat : 5-1, avec un but de Lato (son dernier en Coupe du Monde), et un autre de Boniek. La Pologne finit 1ère de son groupe, devant l’Italie, qui a fait 3 matchs nuls et ne se qualifie que pour un but inscrit de plus que le Cameroun.

Au second tour, la Pologne se retrouve avec la Belgique et l’URSS. Elle étrille la première 3-0 (Boniek x3) et concède un nouveau 0-0 contre la seconde, le troisième en cinq matchs. Là encore, la Pologne termine 1ère de son groupe et se qualifie pour les ½ finales, retrouvant l’Italie.

Avant que les Français ne ramassent les dents de Battiston sur la pelouse de Séville, la Pologne, privée de Boniek, suspendu, prirent une leçon de réalisme froid de la part des Italiens, encaissant un 0-2, doublé de l’implacable Rossi.

La Pologne affronte la France lors de la petite finale et l’emporte 3-2 avec ses trois buts inscrits en l’espace de 6 minutes (40’, 44’ et 46’) alors que Girard avait ouvert la marque. Pour la seconde fois de son histoire, la Pologne termine 3e d’une Coupe du Monde.

 

 

Incapable de se qualifier pour l’Euro 1984, la Pologne n’arrive pas à surmonter la retraite de sa génération dorée. A la Coupe du Monde 1986,  et malgré une défaite 0-3 contre l’Angleterre en phase de poules, la Pologne finit 3e et se qualifie pour le premier tour à élimination directe, où elle reçoit une gifle 0-4 face au Brésil. On ne revit pas la Pologne en Coupe du Monde avant 2002, où elle se qualifia brillamment puis sombra en phase de poules, scénario qui se reproduisit à l’identique en 2006.

 

Certes, la Pologne ne s’est plus qualifiée pour le second tour d’un tournoi majeur depuis 1986, mais il faut prendre en compte le retard accumulé en termes d’infrastructures et de détection/formation. En cela, les stades tous nouveaux tous neufs livrés pour l’Euro 2012 peuvent jouer un rôle dans le développement d’un sport qui reste largement le plus populaire.

Avec une très belle génération constituée de la colonie du Borussia Dortmund (Piszczek, Błaczszykowski, Lewandowski), la Pologne pourrait très bien faire bonne figure à l’Euro 2016 en France, à condition de survivre à l’échec à venir pour se qualifier à la Coupe du Monde 2014, dans un groupe où l’Angleterre mais surtout le Monténégro semblent hors de portée.

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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 07:43

L’Euro de football 2012 a été attribué conjointement à l’Ukraine et à la Pologne. Beaucoup de personnes ont émis des doutes sur les capacités de ces deux pays à terminer les travaux à temps afin de disposer de stades capables d’accueillir cet évènement. Plus pour l’Ukraine que la Pologne, il est vrai.

 

Varsovie possédait trois stades, dont deux en état d’accueillir des matchs : la Pepsi Arena du Legia Varsovie et le stade du Polonia. Aucun des deux n’était en mesure de recevoir le match d’ouverture de l’Euro 2012, il fallait donc construire un troisième stade, comme prévu dans le projet approuvé par l’UEFA. Et pour cela, il fallait détruire le troisième stade, le Stade du Dixième-Anniversaire.

 

Quel était ce Stade du Dixième-Anniversaire ? Sa construction a débuté en 1954, soit dix ans après le Manifeste du Comité polonais de libération nationale écrit par le gouvernement intérimaire communiste Staline, en opposition au gouvernement polonais en exil soutenu par Londres.

 Warszawa-Stadion_Dziesieciolecia-2006.jpg

Le Stadion Dziesięciolecia en 2006 (merci Wikipedia).

 

Le stade de 71 000 places est donc construit en utilisant les décombres de Varsovie après sa destruction lors de la Seconde Guerre Mondiale (notamment l’Insurrection de Varsovie, j’en parlerai, promis). Il est à ciel ouvert, avec une piste d’athlétisme entourant un terrain de football. Stade national de la Pologne, il accueille aussi les manifestations du régime communiste.

Anecdote d’une Polonaise : il n’y aurait eu aucun éclairage dans les années 70/80, obligeant les phares des voitures amenées à éclairer le terrain.

 

En 1968, Ryszard Siwiec s'immole dans les gradins du stade lors d'une manifestation communiste retransmise à la télévision nationale pour protester contre l'entrée des troupes du Pacte de Varsovie en Tchécoslovaquie (là aussi j'y reviendrai, il ne fut pas le seul à s'immoler).

En 1983, le stade reçoit une gigantesque messe de Jean-Paul II puis est abandonné avant d'être transformé en un grand marché à ciel ouvert en 1989, comme on peut le voir sur la photo.

 

En 2008, le stade est détruit pour laisser place à un stade digne de ce nom, le Stadion Narodowe, le Stade National, d’une capacité de 58 145 places.

 

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Le Stadion Narodowe en construction lors de ma première venue en Février 2011

 

Le Stade a été terminé en Novembre 2011 et après quelques retards, il est fin prêt, là, au bord de la Vistule, à dix minutes du centre-ville !

C’est hier qu’a eu lieu l’inauguration du Stade, et évidemment, j’y étais. Vivien, reporter de chic et de choc.

 

Au programme, des concerts gratuits de 15h à 20h avec différents groupes, dont Lady Pank (mon live report de leur concert au Stodola se trouve ici). Alors, comment était-ce ?

 

Eh bah bordel, qu'est-ce qu'il faisait froid ! Il faisait -10°C, normal quoi. Pour venir, aucun problème, communications parfaites avec une dizaine de bus et une autre dizaine de tramways qui desservent le stade.

Etant donné la foule qui se pressait, la fouille a été sommaire : le mec m'a touché les nichons et m'a laissé repartir. J'aurai pu avoir une kalachnikov dans ma botte ça aurait rien changé. 

 

Vidéo du stade avec au début une statue glorifiant l'olympisme datant de l'ancien stade :

On se fraye un chemin, portails automatiques pour rentrer dans le stade, nice. Une fois à l'intérieur, tout le confort moderne, design au poil, sièges en plastique pas terrible mais bon on vient pas au stade pour s'asseoir dans un siège en cuir.

 

Petite vidéo du niveau sol :

 

Ensuite, petite virée au niveau le plus élevé du stade, avec des marches super raides, sérieusement, c'est un casse-gueule :


 

Niveau musique, on est resté que pour voir T.Love. L'acoustique du stade est clairement à chier, en même temps c'est un stade, mais le son était assez dégueulasse. Presqu'autant qu'au Zenith. Ensuite, il devait y avoir Lady Pank et un feu d'artifice, mais bordel, il faisait trop froid, alors me voila reparti.

 

Problème : les tramways fonctionnent mais les bus ont été détournés et les rues coupées. Les bus évitent donc le stade. Seulement pour le savoir, il faut avoir la chance de voir les petites affiches posées à l'arrache qui l'expliquent en anglais et en polonais. Enfin qui l'expliquent, c'est vite dit : cela donne le nouvel itinéraire des bus avec la liste des rues, et on doit en déduire que le bus est dévié parce que la rue du stade n'est pas mentionnée. Perso, je me balade pas avec mon plan de Varsovie en toute occasion, donc là, bah j'ai rien compris. Juste qu'au bout d'une demi-heure sans bus, j'ai fini par avoir une révélation.

Voilà donc que je me tape vingt minutes de marche jusqu'au prochain arrêt de bus par -15°C (oui, la température est descendue de 5°C en une heure, c'est super plausible). Sympa.

 

Le Stade National accueillera cinq matchs lors de l'Euro 2012, notamment le match d'ouverture le 8 Juin, Pologne - Grèce. Le 12 Juin, ce sera au tour de Pologne - Russie (ça c'est du match, ça va chauffer en dehors et à l'intérieur u stade), et Grèce - Russie se jouera le 16 Juin.

Un quart de final aura lieu le 21 Juin, et une demie le 28 Juin.

La France pourrait jouer à Varsovie cette demi-finale. On peut toujours espérer.

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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 07:44

Le Championnat du Monde de Hockey sur Glace 2011 s'est tenu en Slovaquie, à Bratislava et Kosice, du 29 avril au 15 mai 2011. J'y étais, et c'est toujours bien d'assister à une ferveur populaire qui prend tout un pays, malgré les résultats décevants de l'équipe nationale, avec des drapeaux et des maillots de hockey absolument partout.

 

Je n'ai malheureusement pas assisté à un match de hockey sur glace en vrai, uniquement sur écran géant. Je regrette amèrement d'avoir refusé de me rendre à un match de Première Division où le frère d'une amie jouait à cause d'un devoir à rendre le lendemain. J'étais à Kosice lors de l'ouverture du championnat et j'ai donc regardé le match de la France contre la Suisse (défaite 0-1 dans les prolongations...) en mangeant une soupe aux foies de poulet (immonde!) avant de voir sur écran géant le match de la Slovaquie contre la Slovénie. Quelle foule ! La Slovaquie était menée 1-0 par la Slovénie (le grand silence) avant de remonter et de gagner 1-3. Une belle explosion de joie avec des drapeaux qui flottent un peu partout.

 

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Un tramway aux couleurs de la compétition à Kosice

 

A Banska Bystrica, il n'y avait rien de spécial de prévu, aucun village avec écran géant comme à Kosice ou Bratislava. Il ne restait que les bars. Nous avons tout de même pu assister au match couperet de la Slovaquie, qui a fait un très mauvais championnat du monde. Qualifiée pour le Second Tour de Groupes, elle devait gagner contre la République Tchèque. Ce soir là avait lieu le Majales, festival rock ayant lieu sur le stade en contrebas du dortoir. Hasard, Gladiator, auteur de la chanson hymne de la Slovaquie pour le Championnat du Monde, jouait. Nous avons donc eu droit à Gladiator chantant à la gloire de la Slovaquie au moment même où, sur l'écran géant à côté, la République Tchèque annihilait tous les espoirs slovaques sur le score de 3 à 2. Étonnamment, il n'y a pas eu d'after dans les bars de Banska Bystrica après le concert...

 

 

La foule devant l'écran géant à Kosice après la victoire de la Slovaquie (eh oui, c'est ma propre vidéo, je suis aussi reporter son et image)

 

Nous avons quand même été voir la finale dans un bar opposant la Finlande à la Suède sur la place centrale de Banska Bystrica autour d'une bonne bière. Le match était intéressant du fait qu'un de nos amis était Finlandais. Nous avons évidemment tous pariés sur une victoire de la Suède. Celle-ci menait 1-0 au milieu du deuxième tiers-temps, et après avoir bien chambré l'ami du Grand Nord, je suis parti parce que le match n'était jusque là pas folichon. La Finlande a marqué 6 buts en 20 minutes pour l'emporter 6-1. Vous remarquerez la qualité de mes dons de voyance.

Au classement final, la Slovaquie a terminé 10e et la France 12e, malgré la branlée reçue contre le Canada (9-1).

 

Deux vidéos avant de terminer. Tout d'abord un magnifique but marqué par le Finlandais Mikael Granlund contre la Russie. Ensuite, le clip de la chanson de Gladiator, que nous avons chanté à tue-tête durant toute la fin d'Erasmus. SLOVENSKOOO ! SLOVENSKOO ! HEY YA HEY YA EH SLOVENSKO !

 

 


 
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