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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 07:00

La première chose que j’ai vue à Varsovie était floue, les verres de mes lunettes s’étant fait la malle dans le train qui m’amenait depuis Bohumin. En sortant du centre commercial Złote Tarasy qui abritait la gare centrale, à la nuit tombée, j’ai noté plusieurs choses. Déjà, il faisait froid, très froid, et il y avait de la neige partout. Et dans le ciel noir de jais, juste en face de moi, se dressait une gigantesque silhouette violette, celle du Palais de la Science et de la Culture, le plus haut bâtiment de la capitale encore à l’heure actuelle. Pourtant, une partie des Varsoviens souhaiterait voir ce Palais réduit en ruines.

 

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C’est réellement une photo prise la nuit où je suis arrivé.

 

En effet, si le Pałac Kultury i Nauki apparait comme majestueux à l’œil profane, il en est tout autre pour ceux qui en connaissent le nom premier : Pałac Kultury i Nauki imienia Józefa Stalina, avant que la déstalinisation n’enlève toute référence à Uncle Joe. Eh oui, ce Palais est un pur produit des canons architecturaux soviétiques, un cadeau de Staline lui-même au peuple de Pologne. Tout de suite, la remise en contexte fait mal et pousse à regarder le Palais sous un nouvel angle. Personnellement, je l’aime tellement que je lui pardonne ses origines malicieuses. A noter qu’à son propos circule la même anecdote que celle de Maupassant à propos de la Tour Eiffel, qu’il y va en haut car il n’y a que là qu’il ne la voit pas.

 

La construction, d’après des plans de Lev Rudnev, a débuté en 1952 pour ne s’achever qu’en 1955, impliquant plus de 3500 travailleurs soviétiques – et non polonais, dont 16 laissèrent la vie sur le chantier. Il y avait une très belle exposition à la Maison de l'Histoire sur Krakowskie Przedmieście sur l'urbanie d'après-guerre, et l'on y voyait bien les travaux sur le Palais – comme je me la pète...

Evidemment, les ouvriers étaient logés aux frais de la Pologne. Imaginez un peu un gros barraqué qui viendrait construire une cabane à sa gloire dans votre jardin, à vos frais. Voilà.

 

Côté chiffres, sinon, on en est à 237 mètres de haut, 42 étages et 123 084 m². Bam. Le Palais accueille des expositions, des congrès, des concerts, ainsi qu’une Université et de nombreux bureaux. Pour avoir vagabondé dans plusieurs étages, le Palais a une décoration intérieure somptueuse, vraiment, Staline n’avait pas lésiné sur les moyens – ce qui est plus facile quand on ne paye pas, vous me direz.

 

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Pour les touristes, il est possible d’avoir un panorama de Varsovie depuis le haut du Palais. Dans mes vagues souvenirs, je crois que c’est 15PLN en tarif réduit, ça doit tourner autour de 20/25PLN à plein tarif. C’est très agréable, et je dirai même que c’est l’une des premières choses à faire en arrivant à Varsovie afin de comprendre à quoi ressemble la ville si l’on souhaite par la suite visiter le Musée de l’Insurrection, par exemple.

 

Et pour les plus mélomanes d’entre vous, rappelons que c’est le Palais de la Culture et de la Science qui accueillit le premier concert de rock au-delà du Rideau de Fer, celui des Rolling Stones en 1967. A l’intérieur du joyau de Staline, quelle belle ironie. Je pense que j’y reviendrai, ce furent deux concerts à l’histoire assez savoureuse…

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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 07:00

Lors de mes premiers temps en Pologne, lorsque j’atterrissais ou décollais de Varsovie, cela se faisait toujours depuis l’aéroport d’Okęcie-Chopin, situé dans les faubourgs de la capitale. Grand, moderne dans sa partie rénovée, il accueillait aussi bien les compagnies « traditionnelles » que les compagnies dites « low-cost » dans son terminal 2, aux infrastructures encore communistes.

A l’approche de l’Euro 2012, il a été décidé de désengorger Okęcie-Chopin, et donc de virer de là les compagnies low-cost, qui seraient accueillies dans un aéroport annexe, dans la campagne de Varsovie, à Modlin. Le modèle est celui de Beauvais pour Paris, de Bergame pour Milan, etc, etc.

Ont donc débuté les travaux de rénovation de l’aéroport militaire de Modlin, alors fermé depuis 2000. Construit par la Pologne en 1937, il ne sera d’abord utilisé que par les Nazis, avant que les Communistes (aussi bien polonais que soviétiques) ne s’en servent pendant la Guerre Froide.

 

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Les travaux ont débuté en 2010 et se sont terminés en Juillet 2012, en retard d’un mois sur le calendrier, loupant la fenêtre de l’Euro 2012. J’ai eu l’occasion de transiter à l’arrivée et au départ de Modlin. Bon, bah, c’est un aéroport, hein. Ca sent bon le neuf. Le hall d’embarquement est mal pensé, la queue pour passer au contrôle de sécurité était tellement longue qu’elle empêchait d’accéder aux comptoirs d’embarquement. Et qu’on ne me dise pas que j’étais en haute-saison : c’était en novembre (et il neigeait). C’était vraiment pénible, cela me rappelait les débuts de l’aéroport de Beauvais.

Seulement, là où à Beauvais on se tapait des bus tous pourris pour faire la navette jusqu’à Porte Maillot, il en était tout autre à Modlin : de grands bus spacieux, avec de la PLACE, du wi-fi gratuit, plusieurs arrêts dans Varsovie et des prix attractifs (des offres permettaient de réserver le billet à l’avance pour 1PLN (0,20€), sinon le tarif moyen oscillait autour de 25PLN). Voilà, c’était vraiment magique quand on était habitué aux bus des autres aéroports (le Bergame-Milan, je ne t’oublie pas, sacripan), sauf qu’aujourd’hui, ces braves chauffeurs doivent probablement pointer au chômage avec leurs investissements et leurs bus neufs.

 

Pourquoi cela, me dites-vous ? Tout simplement parce que l’aéroport de Modlin est fermé depuis décembre 2012. Il n’aura fallu que six petits mois avant que les autorités ne se rendent compte que la sécurité n’était plus assurée sur les pistes, WizzAir ayant été le premier à suspendre tous ses vols. En cause des détériorations sur la piste, qui a ainsi dû être rétrécie de 2500 à 1500 mètres, empêchant le trafic des Boeing 737 et Airbus A320 (WizzAir et Ryanair, en fait) et des systèmes ILS (Système d’Atterrissage aux Instruments) défaillants. Au début, il avait été annoncé que l’aéroport resterait fermé jusqu’en Décembre 2013, mais finalement, la réouverture serait prévue pour la semaine prochaine. Cependant, il ne faut pas écarter de nouveaux problèmes. C’est con pour un aéroport qui avait tout de même reçu plus de 720 000 passagers entre Juillet et Novembre 2012.

 

Mais de toute façon, je m’en fous, je préfère Okęcie-Chopin. Et puis les pilotes de chez LOT savent se poser sans train d'atterrissage :

 

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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 07:48

Ce week-end, donc, j’étais à Wrocław, ville polonaise depuis 1945, autrefois appartenant à l’Allemagne, sous le nom de Breslau.

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Le bâtiment qui abrite le Panorama de Racławice

 

L’une des plus grandes attractions de Wrocław est le Panorama de Racławice (Panorama Racławiska). Qu’est-ce ? Il s’agit d’une peinture panoramique de 114 mètres de long pour 15 mètres de haut, représentant, comme son nom l’indique, Racławice lors de la bataille du même nom en 1794 lors de l’Insurrection de Kósciuszko (rien à voir avec notre Nathalie Kosciusko-Morizet dont on dit qu’elle est une descendante de cette illustre famille alors qu’en fait pas du tout, mais bon, ça fait plus classe).

Cette grande fresque a été réalisée pour le centenaire de la bataille – en 1894, donc – par Jan Styka, qui en eut l’idée et par Wojciech Kossak, qui l’aida, parmi beaucoup d’autres. Elle fut achevée en neuf mois et fut exposée à Lwów, alors ville polonaise (aujourd’hui, la ville s’appelle Lviv et se situe en Ukraine… je sais, c’est chiant la Pologne, c’est un pays qui bouge tout le temps, faut suivre), puis transportée à Wrocław après 1945.

 

Alors, qu’y voit-on ? La bataille de Racławice, qui opposa les troupes insurgées de Kósciuszko à l’Empire russe, et se solda par une victoire polonaise malgré une armée beaucoup plus petite et beaucoup moins bien équipée. Au final, malgré cette victoire, l’Insurrection a été écrasée et la Pologne a disparu pendant 123 ans.

 

Petit tour du panorama :


 

 

Le panorama joue sur une mise en profondeur de la peinture, qui a déjà une belle perspective, en la mettant loin du spectateur et en utilisant le sol comme décor, rendant floue la limite entre la peinture et la réalité qui s’étale devant soi, avec les charrettes en bois et les touffes d’herbes roussies. C’est massif, c’est impressionnant, mais on y entre par groupes de 80 toutes les demi-heures – et les jours de grande affluence, il convient de réserver son ticket à l’avance, sinon on se retrouve comme moi : marron et bon pour revenir le lendemain. Un enregistrement en polonais explique l’histoire de la fresque ainsi que les différentes parties qui la composent. Si vous ne comprenez pas le polonais (ce qui est hautement probable, entre nous), il existe des audioguides en français. Donc c’est bien, c’est beau à voir, mais ça fait quand même mal au portefeuille pour quelqu’un qui, comme moi, gagne un salaire polonais : 25 PLN (6€) pour vingt minutes de contemplation d’une peinture qui, entre nous, casse pas des briques au niveau du style. Restent son gigantisme et le fait d’être au milieu de la bataille. Et ça permet d’être au frais un petit moment quand dehors il fait plus de 30°C.

 

Tarif plein, 25 PLN.

Tarif réduit : 18 PLN.

 

Aller, une autre petite vidéo :


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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 07:37

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La Pologne, c’est gris et c’est froid brrrr !

A MOITIE VRAI.

La Pologne a un climat qui est continental. Ce qui signifie généralement un hiver très rigoureux : cet hiver, cela frôlait les -30°C, certes. Pour autant, l’été est également très chaud. Les températures y sont généralement supérieures ou égales à celles du Sud de la France que tout le monde semble priser. Et la Pologne est bien plus au Nord.

 

La Pologne, c’est là où y a eu Oche-vitss ? :O

VRAI ET ?

Oui, durant la Seconde Guerre Mondiale, l’Allemagne Nazie a établi plusieurs camps de concentration et d’extermination, dont certains en Pologne. Le plus célèbre d’entre eux est celui d’Auschwitz-Birkenau, qui se trouve à environ une heure, une heure et demie de Cracovie. Sauf que les Polonais n’y sont pour pas grand-chose, là-dedans, et qu’il n’y a pas que cela à visiter en Pologne. Moi, par exemple, je n’y suis toujours pas allé. Et pour information, Auschwitz est le nom allemand de la bourgade auprès de laquelle a été construit le camp. En polonais, c’est Oświęcim.

Et il y a tellement d’autres choses à visiter en Pologne, qui sont éclipsées par Auschwitz ! En vrac : les Tatras, Cracovie, Wroclaw, Varsovie, Gdansk… (et les filles.)

 

Les Polonais sont tous alcoolo à cause de la vodka mdrrr

NON, MAIS MOI OUI.

Alors on a l’idée que les Polonais sont tous de gros poivrots qui passent leur temps à se saouler à la vodka. C’est pas forcément vrai. Déjà, l’alcool qui se boit le plus, c’est la bière. Ensuite, les rues ne sont pas infestées de soulards qui décuvent en vomissant dans tous les abribus. Alors oui, quand il fait froid, on boit un coup. Pendant l’époque communiste, y avait pas forcément grand-chose à faire, alors on buvait un coup entre amis. Alors oui, de temps en temps, dans la rue, les bus ou les trams, il y a des mecs complètement déchirés. Mais ça arrive aussi souvent à Reims, des étudiants qui sont complètement ivres dans la rue ou dans les bus. Et puis surtout, les Polonais tiennent mieux l’alcool que nous, généralement : ce que vous appelez se souler la gueule, c’est juste boire l’apéro.

 

Les Polonais sont tous pauvres lol

ILS SONT TOUJOURS PLUS RICHES QUE MOI.

Surprise ! Les Polonais ont des salaires plus bas qu’en France ! Qui l’eut cru, hein, vraiment ? Alors oui, le salaire moyen en Pologne représente la moitié de celui en France. Mais les logements sont aussi moins chers et la nourriture également (mais pas tellement, tout dépend des produits). Les vêtements coûtent globalement le même prix qu’en France. De plus, une véritable classe moyenne a émergé. Il y a de la pauvreté en Pologne, il y en a en France. Si l’on relativise tout, les Polonais travaillent plus qu’en France pour avoir un pouvoir d’achat au final moindre.

 

Les Polaks c’est tous des cathoooos !

VRAI, MAIS…

Oui, les Polonais sont très pratiquants. Je raconterai mon expérience de Pâques quand la période sera terminée, mais là, on est une semaine et demie avant, et j’ai déjà vécu des trucs un peu bizarres. De tradition, les Polonais ont toujours été très catholiques. Et il ne faut pas oublier que sous le communisme, l’Eglise était un vrai organe de résistance à l’oppression et un motif d’espoir. Ajoutez-y un Pape polonais, et vous avez la perpétuation de la foi. Toutefois, les plus jeunes générations sont moins pratiquantes et ne vont plus trop à l’Eglise que pour les grandes occasions ou plus du tout (ce n’est pas pour autant qu’elles sont devenues athées). Bref, ça évolue, et Palikot, anti-clérical avoué, a fait 10% aux dernières législatives.

 

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Les Polonais vivent dans des fermes et se déplacent sur des chevals loooool

FAUX

Oui, c’est vrai. Et quand tu te balades dans la forêt, parfois, tu rencontres des groupes d’hommes des cavernes qui peignent sur les murs de leur grotte leurs exploits dans la chasse aux mammouths. Et gare aux dinosaures au détour d’un cours d’eau !

SCOOP : les Polonais ont des voitures ! Et des jolies ! Et ils ne vivent pas dans des fermes mitées, ceux qui y restent, ce sont les fermiers. Les villages pavillonnaires se sont développés, la population est à 66% urbaine aujourd’hui, bref…

 

En Pologne il y a beaucoup de violences et ça fé peeeeur ! : (

FAUX

Je suis resté deux jours à Bruxelles. J’ai eu deux problèmes avec des bandes de connards. En centre-ville. Je suis resté huit mois en Slovaquie, six mois en Pologne, je n’ai jamais eu un seul problème. Juste une fois, en boite en Slovaquie, j’ai assisté à une bagarre entre deux groupes de jeunes hommes. Mais je n’ai jamais été personnellement emmerdé. On parle du nombre de fois où l’on rencontre de la violence verbale ou physique en France ? Bon, voilà.

Après, j’ai envie de dire que c’est comme partout, faut faire attention à ses objets de valeur quand on se promène, prend les transports en commun, etc…

 

Les Polonais c’est tous des sales racistes et antimosémitophobes ! > : (

VRAI ET FAUX.

Pour paraphraser Orelsan dans Jimmy Punchline : « t’es pas Français si t’as pas un oncle raciste ». Donc il vaut mieux commencer par balayer devant sa porte, déjà.

Pour parler de la génération que je côtoie, c’est-à-dire la jeunesse, les Polonais sont généralement ouverts, n’ont rien contre les homosexuels, les Juifs ou les Noirs. Après, il y a toujours le lot d’abrutis qui sont des racistes de base. Je me remémore avec dégoût d’une camarade polonaise qui disait qu’elle ne pourrait jamais coucher avec un Noir parce que ça la dégoutait. « Pourquoi ? » « Bah parce qu’il est Noir, beeeeeerk ! » « Ok. » Il y a donc de tout, comme en France. C’est pas une surprise, il y a des cons partout.

Pour les générations plus âgées, je réserverai mon jugement, ne communiquant que rarement avec elles.

 

Les « filles de l’Est » elles sont super belles… <3

VRAI

Ce n’est pas que les Françaises soient moches, loin de là (hop, une série de crises diplomatiques évitée), mais bon, les Polonaises sont en général très mignonnes, naturelles, disponibles, souriantes, prêtes à discuter… Elles n’ont pas un comportement de princesse (suivez mon regard qui se dirige vers l’Hexagone). Bon après, les jeunes de Pologne ressemblent vachement à ceux de France, alors on retrouve le même genre de s***** typées MTV qui ont 5cm de maquillage sur leur visage affreux et qui font plus pitié qu’autre chose. Mais c’est garanti, en Pologne, vous tombez amoureux cinq fois par jour.

Par contre les mecs sont pas très beaux. Heureusement que je suis là pour apporter une pointe de classe et de charme pour ces demoiselles.

 

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… et elles sucent si tu sors ton caméscope et que tu leur donnes un peu de tune lol mdrrrr

FAUT ARRÊTER DE REGARDER DES PORNOS, MEC.

Et j’ai essayé, ça marche pas.

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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 07:33

Le deuxième volet de ma semaine thématique sur l’Insurrection de Varsovie est consacré au musée établi en 2004 à la mémoire de l’évènement, le Muzeum Powstania Warszawskiego.

 

Alors je tiens d’abord à le préciser tout de suite : je ne sais pas si j’aime ou je n’aime pas le Musée, que j’ai visité par deux fois, à un an d’intervalle : une première fois lors de mes premières heures à Varsovie, et la seconde fois après plus de cinq mois de vie dans la capitale polonaise. Et cela change beaucoup la perspective envers les évènements (mais pas tellement les griefs que j’ai contre ce Musée à la Michael Bay).

 

Présentons factuellement ce qui est, ma foi, un fort beau musée. Il est situé un peu à l’écart du centre-ville, dans le quartier de Wola (c’est chez moi !), à, disons, un peu moins d’une dizaine de minutes en tramway de la Gare Centrale (Dworzec Centralny). C’est un musée tout neuf, inauguré en 2004. Pourquoi si tard ? Eh bien, disons que nos amis les Rouges n’étaient pas trop d’accord pour célébrer la mémoire de leurs ennemis résistants : déjà, à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, tous les dirigeants et commandants de l’Armia Krajowa (AK, Armée Nationale) ont été jugés à Moscou pour collaboration avec les Nazis (WTF ?) et déportés au goulag, où ils sont tous morts. Après la petite relâche du régime coco, une Association a été créée en 1983 mais cela a pris du temps pour mettre en place ce qui représente, je dois l’admettre, un travail assez titanesque. Car j’ai beau ne pas être d’accord avec plusieurs orientations du musée, il faut bien se rendre compte que pour le passionné de la période, le musée est une véritable mine d’or : il y a des tiroirs absolument partout avec des pages et des pages d’informations, ainsi que des bornes qui présentent les destins détaillés de plusieurs centaines de combattants, de civils, etc. C’est assez incroyable.

 

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La visite du musée commence par une remise de l’Insurrection dans son contexte, avec plusieurs vidéos explicatives, etc, mais surtout, le premier truc qui choque quand on entre dans le Musée, c’est le grand mur noir qui nous fait face et à l’intérieur duquel bat un cœur, le cœur de la ville. C’est assez perturbant, d’autant plus que vous ne trouverez jamais le silence dans le Musée : il y a toujours, en fond, des bruits de tirs de mitraillettes, d’obus qui explosent, etc… C’est le côté Michael Bay du Musée, on aime ou on n’aime pas. Je suis toujours pas décidé, personnellement.

 

Après commencent les explications sur la mise en place de la Godzina-W, l’Heure-W, le 1er août à 17h pour le lancement de l’Insurrection, puis les premiers jours, l’euphorie, les premiers revers, etc... Beaucoup de témoignages vidéos, de reconstitutions de salles et d’objets d’époque. Dans la salle principale trône une réplique grandeur nature d’un B-24 Liberator. Alors, je le concède aisément, je ne suis pas un expert de la Seconde Guerre Mondiale, et les flingues, ça a jamais été ma grande passion, mais pour les amoureux de l’Histoire de cette guerre, ce Musée est phénoménal.

 

Le rez-de-chaussée du musée est donc très explicatif, par un ordre chronologique très détaillé, l’on comprend aisément ce qu’il s’est passé les premiers jours. Dans un coin du grand hall, un écran géant passe un documentaire d’une vingtaine de minutes retraçant l’Insurrection avec des images de propagande polonaise d’époque. Très très intéressant mais malheureusement, il n’y a pas beaucoup de monde qui s’y arrête. Peut-être parce qu’ils sont attirés par un autre film, La Ville en Ruines. Pour 2 PLN de plus à l’entrée, vous pouvez survoler Varsovie en 3D au début de l’année 1945. A faire quand l’on a déjà un peu repéré la ville pour savoir quoi est où, et se rendre compte encore plus du désastre. C’est très bon, même si la 3D est plus gadget qu’autre chose, mais ce n’est pas bien grave.

 

Vous me direz, « mais jusque-là Vivien, tu es plutôt élogieux sur le Musée ». Ah mais oui mes bonnes gens, mais attendez, ça, c’était le rez-de-chaussée, il y a un premier étage. Et ils ont pas dû engager le même type pour composer les deux expositions.

C’est une catastrophe. On ne comprend strictement rien. L’ordre chronologique est abandonné en faveur d’un ordre thématique où tout se mélange, et il y a beaucoup moins de matériel, si bien que le néophyte sera perdu dès ses premiers pas, aura l’impression de piétiner, de tourner en rond et n’aura plus qu’une envie : partir. D’autant plus que les détails un brin nationalistes aisément pardonnables dans le contexte du rez-de-chaussée virent dans un patriotisme de mauvais goût à l’étage. Sérieusement, la petite partie sur la période communiste post-1945, elle sert à quoi à part faire tâche dans l’ensemble ? Il y a bien évidemment de jolies salles, toujours, notamment celle consacrée aux enfants lors de l’Insurrection, qui met carrément la larme à l’œil (photo d’un cercueil d’un gamin de treize ans qui s’est fait fauché par un sniper alors qu’il transmettait des ordres, avec dans une vitrine ses effets personnels et sa chemise transpercée de part en part).

 

Mais vraiment, si vous ne connaissez pas l’Histoire de l’Insurrection, vous risquez de louper la Capitulation, qui est cachée dans le recoin d’un couloir. Au début, j’avais pas compris que les Polonais avaient perdus. Ah mais si, regarde Vivien, ils l’ont marqué en tout petit, là, retourne sur tes pas, tu verras, ah oui d’accord.

 

Voilà donc mon avis sur le Musée, qui, comme je l’ai dit, a de nombreux défauts. Pour autant, quiconque passe par Varsovie se doit de visiter le Musée de l’Insurrection pour comprendre la ville, tout simplement. C’est l’acte fondateur de la Pologne post-Seconde Guerre Mondiale, un élément de fierté immense, et le Musée se met au niveau de cette fierté avec son emballage grand spectacle, sans pour autant renier l’information qu’on trouve en abondance. Le rez-de-chaussée du Musée est tellement bon qu’aller, on peut pardonner le médiocre premier étage.

 

Le prix du ticket plein tarif est de 14 PLN, tarif spécial à 10 PLN, dans les deux cas le film en 3D est à 2 PLN.

Le musée est ouvert :

Lundi : 8.00 – 18.00

Mardi : fermé

Mercredi : 8.00 – 18.00

Jeudi : 8.00 – 20.00

Vendredi : 8.00 – 18.00

Samedi et dimanche : 10.00 – 18.00

 

Oh, et c’est gratuit le dimanche (sauf le film, qui reste à 2 PLN).

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 07:56

Je vais bientôt recevoir de la visite. Eh oui. Cela fait bien plaisir de voir quelqu’un traverser vents et marées pour serrer ma main, dormir dans mon lit, manger ma nourriture et voler mes femmes.

Seulement, je suis un ami, certes, mais je ne suis pas un baby-sitter. Il faudra donc que ce Sieur se débrouille parfois par lui-même. Comme je suis une grande âme, j’offre, à lui et à vous, un petit dictionnaire d’expressions utiles en Pologne.

 

Bonjour : Dzien Dobry [Djienn Dobry]

Au-revoir : Do widzenia [Do vidzénia]

Salut : Cześć [Tchestch]

Merci : Dziękuję [Djiekuyé]

Oui : Tak

Non : Nie [Nié]

Excusez-moi : Przepraszam [Pjépracham]

Comment ça va ? : Jak się masz ? [Jak sié mach?]

Bien : Dobrze [Dobjé]

Mal : Źle [Jlé]

Et toi ? : A ty ?

Comment tu t’appelles ? : Jak masz na imię ? [Yak mach na imié]

Je m’appelle... : Mam na imię… [Mam na imié]

Quel âge as-tu ? : Ile masz lat ? [Ilé mach late]

J’ai XX ans : Mam XXX lat [Mam XX late]

 

Qu’est-ce que c’est ? : Co to jest ?[Tso to yest]

Pouvez-vous m’aider ? : Czy może mi Pan / Pani pomóc? [Tché mojé mi Pane / Pani pomouch]

Parlez-vous anglais ? : Czy mowisz po angielsku ? [Tché movich po anguielskou]

Je ne comprends pas : Nie rozumiem [Nié rozoumièm]

Je ne sais pas : Nie wiem [Nié viem]

 

 

Où est la gare s’il vous plait ? : Czy wie Pan / Pani gdzie jest dworzec? [Tché vié Pan / Pani gdjié yest dvorzets]

A droite : W prawo [Vpravo]

A gauche : W lewo [Vlévo]

Tout droit : Prosto

 

 

Combien ça coûte ? : Ile kosztuje ? [Ilé kochtu-yé]

Le menu s’il vous plait : Menu poproszę [Menu poproché]

Je voudrai une salade et de l’eau minérale : Poproszę sałatkę i wodę mineralną [Poproché sa-oua-tké i wodé mineralna]

L’addition ! : Poproszę rachunek. [Poproché rarrounek]

 

 

Une bière, s’il vous plait ! : Poproszę jedno piwo [Poproché yedno pivo]

Une bouteille de vodka avec six RedBull s’il vous plait : Poprosze jedna butelkę vodki i sześć RedBulli [Poproché yedna boutelké vodki i tchesch RedBouli]

Un mètre d’absinthe, merci ! : Jeden metr Absyntu

Je suis malade : Jestem chory [Yestem rrory]

Je crois que je me sens pas bien… : Chyba nie czuję się zbyt dobrze... [Rryba nié chouyé chié zbet dobjé]

Où sont les toilettes ? : Gdzie jest toaleta ? [Gdjié yest toileta]

 

Je t’offre un verre ? : Moge ci postawić drinka ?

Tu as de beaux yeux : Masz piękne oczy

Tu es mannequin ? : Czy jesteś modelką ?

Tu es très jolie : Jesteś bardzo ładna

Ton père est un voleur, il a volé toutes les étoiles du ciel pour les mettre dans tes yeux : Twój ojciec jest złodziejem, ukradł wszystkie gwiazdy z nieba i umieścił je w twoich oczach

Tu es plus belle de jour en jour, et ce soir, tu ressembles à demain : Jesteś piękniejsza z każdym dniem, a dzisiaj wyglądasz jak jutro.

De quelle région du paradis est-ce que tu viens ? : Z którego regionu raju pochodzisz?

Tu fais quoi dans la vie ? : Czym się zajmujesz w życiu?

Tu vis chez tes parents ? : Mieszkasz z rodzicami?

Qu’est-ce que tu aimes dans la vie ? : Co lubisz robić?

Moi aussi j’adore ça ! On a vraiment pleins de points communs : Ja też ! Uwielbiam to! Mamy dużo wspólnego.

Je travaille pour la Fédération Française de Football et j’évalue l’accueil réservé aux étrangers. Tu veux te montrer digne de ton pays ? : Pracuję dla francuskiej federacji futbolowej i sprawdzam jak witacie obcokrajowców. Chcesz żeby twój kraj był z ciebie dumny?

Tu sais, j’ai beaucoup d’argent : No wiesz, mam dużo pieniędzy.

Ça te dirait qu’on parte d’ici et qu’on aille chez moi ? J’ai du bon vin français : Chciałabyć stąd wyjść i pojść do mnie? Mam dobre francuskie wino.

Tu as de l’herpès ? : Czy masz opryszczke ?

 

 

Veux-tu danser avec moi ? : Zanańczysz ze mną?

Est-ce que tu as un petit copain ? : Masz chłopaka?

Ce n’est pas grave, il n’est pas là ce soir, non ? : To nie istotne, nie ma go tutaj, prawda?

Aller, juste pour une fois… : Oh daj spokój, tylko ten jeden raz.

Ok, c’est bon, je m’en vais, pas la peine d’appeler la police : Ok, spokojnie, już sobie idę, nie wzywaj policji.

 

 

[18+]

 

Parce que, comme partout ailleurs, les gens que vous rencontrez sont parfois de sales cons…

 

Putain ! : Kurwa ! [Kourva]

Va te faire foutre ! : Spierdalaj ! Pierdol się ! [Spierdalaille ! Pierdol chié!]

Sale con ! : Dupek ! [Doupek]

Putain de merde : Kurwa mać ! [Kourva mach]

Je t'emmerde : Wal się [Val chié]

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 07:07

Au moment-même où je traverse l’Europe pour revenir en France, grâce à la magie d’Internet et de la publication de billets en différés, je peux donc vous taper la discut’. Et quel meilleur sujet pourrai-je trouver que celui-ci : comment venir en Slovaquie et en Pologne pour pas trop cher et avec un certain confort.

 

La Slovaquie :

 

Pour rejoindre Bratislava ou Banska Bystrica, il y a deux moyens de transport privilégiés : l’avion et le car. Commençons par ce dernier, comme j’en ai déjà parlé.

 

Depuis l’Est de la France, une compagnie tchèque pratique des prix abordables (75€ pour un étudiant) depuis Reims jusque Banska Bystrica, Student Agency. Vous montez, ils vous déposent là où vous voulez, juste un changement à Prague, ce n’est pas la mort. Seul problème : le voyage dure entre 22 et 28 heures, mais le confort est extra. Et le premier bagage est gratuit, et c’est juste +7€ par bagage supplémentaire.

Pour le reste du pays, il y a bien sûr Eurolines, mais clairement, le confort n’est pas le même et pour ceux qui ont de grandes jambes, bonne chance…

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L’aéroport de Bratislava

 

Parmi les compagnies low-cost, la seule qui dessert la Slovaquie et Bratislava est Ryanair, qu’il faut prendre depuis Paris-Beauvais. Les prix sont généralement abordables (entre 10 et 20€ quand on s’y prend un mois à l’avance), avec trois vols par semaine en moyenne, ce sont les extras qui coûtent le plus cher : bagage en soute, etc. Et il faut atteindre Paris-Beauvais évidemment, ce qui occasionne également des frais supplémentaires. Je n’ai jamais eu de problèmes avec cette compagnie en dehors d’une fois, anecdote que je vous conterai dans un article digne de 58 minutes pour vivre (oui, j’ai donné des mandales à un terroriste sur l’aile d’un avion en marche).

 

La Pologne :

 

Point de StudentAgency en Polakie, si vous êtes allergiques à l’avion, il faudra passer par Eurolines. Le train, en dehors d’une fois où j’ai vu une super promotion Reims – Varsovie via Berlin à 100€, ça dépasse toujours les 280€. Donc faut aimer le train, quoi. Du côté d’Eurolines, donc, pour un Reims – Varsovie pour un adulte réservé un mois à l’avance, c’est de l’ordre de 70€ pour 25 heures de trajet à cause d’une correspondance à Charles de Gaulle-Roissy (oui, après ça repasse par Reims sans s’arrêter).

 

Du côté de l’avion, et plus particulièrement de Paris-Beauvais, il y a toujours le classique Ryanair, qui vous emmènera à Cracovie, Poznan, Wroclaw, Gdansk, pour des prix toujours abordables, mais pas à Varsovie. Vu que j’écris cet article pour ceux qui veulent venir me voir, c’est un peu con, hein. J’ai déjà testé la journée de voyage Reims – Beauvais – Cracovie – Varsovie et inversement, c’était bien galère et pas forcément très économique, étant donné qu’il faut compter 50 ou 60 PLN (14€) pour aller de l’aéroport de Cracovie à Varsovie, et accessoirement environ 4 heures, dont 3 dans un train bondé.

Il y a plus pratique pour rejoindre la capitale de la Pologne, il s’agit de WizzAir, une compagnie hongroise. Toujours depuis Paris-Beauvais, les vols sont réguliers, trois par semaine, et coûtent entre 10 et 20€ quand ils sont réservés un mois à l’avance. Et la limitation du poids du bagage en soute supplémentaire n’est pas de 15 ou 20kg comme chez Ryanair, mais de 32kg, ce qui permet d’en stocker, des bouteilles de vodka.

 

Et ne vous inquiétez pas, même sans train d'atterissage, les pilotes polonais vous amèneront toujours à bon port.


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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 08:57

Après avoir parlé des trains et des voitures, il est temps d’aborder le moyen de transport que j’ai le plus souvent emprunté en Slovaquie : le bus.

Trois type des bus : celui des transports en commun des villes, celui qui relie les villes et celui international qui lie par exemple Banska Bystrica à Reims.

 

Alors je voudrai commencer par le service de transport en commun de Banska Bystrica. Qu’il n’y ait qu’un bus par heure, je peux comprendre. Que les lignes soient tracées avec la logique d’un clou, je veux bien. Que les bus soient bondés, que les portes se referment sur les gens qui laissent tomber leur carte de crédit sur le sol et doivent revenir en arrière à pied sous la pluie pour la retrouver, pourquoi pas. MAIS BORDEL, C’EST QUOI CE SYSTEME OU IL FAUT TOUJOURS ACHETER UN TICKET, CE QUI FAIT QU’AUX HEURES DE POINTE, ON ATTEND VINGT MINUTES QUE LE BUS VEUILLE BIEN BOUGER SES ROUES ? Non mais sérieusement, on est juste dans les temps pour aller en cours, il y a vingt centimètres de neige, il fait -10, et tout le monde doit passer sa carte devant une borne (pas deux, hein, ça serait trop beau) pour recevoir un ticket. Et en plus faut recharger sa carte au chauffeur, qui parle pas anglais. Prosim si pet’ eura na kartu. Ca veut dire que je veux mettre cinq euros sur ma carte. Mais non. Non. Ce con il me sort cinq tickets. J’ai une tronche à avoir des quadruplés dans mon sac à dos ? Et qu’on vienne pas me dire que mon accent est à chier, je m’étais beaucoup entraîné.

 

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L’arrêt de bus du dortoir

 

Ce bourrage massif des bus arrive également dans les bus assurant les liaisons nationales. Il n’est pas rare que des gens restent debout dans le couloir du bus ou s’assoient sur les marches de la sortie du milieu.

Il m’est arrivé deux fois de subir ces inconvénients. Une fois fut pour revenir des Hauts Tatras. Le bus était plein et nous avons dû rester debout près de trois heures après une journée de rafting, une autre de randonnée en haute montagne sans forcément avoir dormi durant les deux nuits. Heureusement que j’avais Pokémon Version Noire avec moi.

La seconde fois eut lieu le 2 janvier. Après avoir ruiné puis détruit le chalet que nous avions loué pour le Nouvel An pour dissimuler les preuves, nous devions repartir en bus. Il y avait une longue queue, nous étions dans les premiers. Avec mon tempérament je-m’en-foutiste, j’ai laissé passer pleins de gens devant moi, pensant qu’il y aurait toujours de la place.

Quel con !

Les portes se sont fermées devant moi. J’avais mon sac de sport plein de ce que je ramenais de France car je n’étais pas repassé à Banska Bystrica, mais également le sac de deux polonaises pesant bien 20 kilos rien qu’en maquillage. Je me retrouvais sur le quai de la gare routière avec mes bagages et un Italien. Les Slovaques de notre groupe étaient dans le bus. Nous étions dans un petit village, et pas de bus avant six heures.

Six heures. Un 2 janvier. En Slovaquie.

Nous avons rejoint la gare, baragouiné des trucs et nous étions partis pour cinq heures de train, trois changements dont une heure et demi d’attente dans un hameau avec rien à perte de vue que de la neige. Au lieu d’une heure de bus.

Malgré cela, le bus reste un moyen sûr de se déplacer en Slovaquie. Abordable (6,90€ pour BB – Bratislava), fréquent (toutes les heures ou ½ heures), avec d’immenses gares routières avec échoppes, toilettes et toutes les infos nécessaires sur tableaux géants, le bus est parfait pour les gens normaux. Donc pas pour moi. Avec mes grandes jambes, rester assis dans un bus plusieurs heures tient du supplice.

En revanche, certains bus sont très confortables, il s’agit des bus internationaux de Student Agency, qui relient Reims à Banska Bystrica, bon pas directement hein, il y a une correspondance à Prague, mais tout de même. A 75€ le voyage avec un bagage en soute, cela revient aussi cher que l’avion, et plus sur si l’on transporte plusieurs bouteilles d’alcools slovaque. Les sièges sont en cuirs, spacieux, il y a moult films qui passent pendant tout le trajet, des radios qui passent de la musique internationale et tchèque, on vous offre des chocolats chauds, c’est génial. Et surtout, on va d’un point A à un point B, on ne change pas 45 fois de moyen de transport. Mais bon, ça dure 26 heures. Mais on peut visiter Prague ! Et Prague, c’est cool.

 

Après, il y a les compagnies de bus privées, on les loue pour partir en voyage. C’est bien. Sauf quand on veut aller dans les Hauts Tatras faire du ski et que le bus arrive devant le dortoir et ne démarre plus. C’est con, il fait -5 et il faut attendre une heure qu’un nouveau bus (soviétique) arrive.

Et cela n’étonnera personne, mais la sécurité n’est pas accrue dans les bus loués. Nous sommes allés à Ostrava sobres, et nous revinrent par les cols de montagne après s’être arrêtés à Tesco pour acheter quelque chose comme 8m3 d’alcool. Cela a donné lieu à de cocasses scènes, comme un barman improvisé servant des whisky cocas debout dans l’allée en virages en épingle, en descente. Mais c’est vachement dangereux quand même. Il ne neigeait pas, cette fois-ci. Alors que lorsque nous sommes revenus de haute montagne… Et je n’imagine même pas l’état du crâne du pauvre chauffeur cette fois-ci, après avoir eu son bus en panne, avoir attendu toute la journée puis devoir endurer une colonie de 50 ados (oui, c’est ce qu’on était, faut pas se voiler la face) buvant joyeusement et se livrant à un duel de chansons traditionnelles entre Turcs et Français (on a gagné, haha).

 

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Le bus de la première bus party. Ouais, c'est juste un bus quoi. Mais il ressemble un peu à un insecte de face, c'est rigolo.


Et après je me demande pourquoi je n’arrive pas à prouver aux gens que la Slovaquie, ce n’est pas que l’alcool…

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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 07:05

Les automobilistes slovaques et polonais sont fous. Non ce n’est pas un cliché, ils sont vraiment fous.

 

Premiers pas en Slovaquie. Le père de Nina (et Nina) est venu me chercher en voiture. Là, j‘ai découvert la science slovaque du dépassement. Oubliez tout ce qu’on vous a appris pendant vos (nombreuses) heures de code.

Le Slovaque n’hésite pas à dépasser alors qu’un autre véhicule arrive en face, ça l’excite de jouer à Need for Speed et de zigzaguer, évitant la collision au dernier moment. J’étais dans la voiture en face, je peux dire que ça fait tout drôle.

Et ce n’était pas un cas isolé. J’ai souvent pris le bus. Et les bus font pareils.

Autre particularité des dépassements : les véhicules derrière vous ne déboitent pas toujours, se contentant de fondre sur vous, vous vous obligeant à vous rabattre sur le bas-côté.

 

Je ne parlerai pas des conducteurs de Varsovie, comme généralement dans toutes les grandes villes, ils sont grossiers et agités.

 

Niveau infrastructures, il n’y a pas beaucoup d’autoroutes ou de deux fois deux voies, et elles sont généralement engorgées.

Le réseau secondaire alterne le normal et le calamiteux. La portion de route entre Zilina et Banska Bystrica, vers Martin, est un enfer. On croyait qu’on crevait tous les trois mètres tant la route (axe principal, tout de même) était cabossée.

 

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La route descendant du dortoir vers le centre-ville de Banska Bystrica

 

Mes articles n’étant pas amusants sans de croustillantes anecdotes, j’en retiens deux, à deux jours d’intervalle.

Pour aller dans les Hauts Tatras, nous sommes un soir (donc nuit noire) partis à cinq. Notre équipée ? Une Slovaque au volant, une autre que je ne connaissais pas en co-pilote et derrière il y avait moi, un autre Français et une Turque. Même moi, après six mois en Slovaquie, j’ai été surpris de voir l’inconnue demander à s’arrêter dans une station-service, revenir avec une bouteille de champagne (ok, de Hubert), et la faire péter en pleine virage de montagne, nous faisant boire dans les lacets mal éclairés. C’était dangereux, mais marrant.

 

L’autre anecdote date donc du lendemain. Déjà établis dans notre chalet des Hauts Tatras, notre groupe d’une vingtaine de personnes a du se répartir entre seulement deux véhicules pour rejoindre la rivière dans laquelle nous allions rafter : la voiture de la veille et une sorte de van de huit places. 8+5 = 13. Restent sept personnes à caser. On se sert à quatre par banquettes et les personnes restantes sur les genoux ! Sans oublier qu’un des jumeaux qui nous guidait a fait tourner ses bouteilles de hruska et de slivovica, avec un verre à shooter. Nous sommes ainsi partis sobres sur les routes de montagne. Pas dit que nous l’étions en arrivant…

 

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La rue menant à l’Université de Banska Bystrica

 

(Vous avez déjà essayé de trouver des photos d’illustration à un sujet aussi bateau que les voitures (LOL) ? C’est super dur… Alors je vous mets une vidéo, voilà.)

 

 

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 07:31

Les trains en Europe Centrale... Ah, j'ai eu tellement d'expériences merveilleuses avec eux !

 

Mon premier contact réel avec un train slovaque a été lorsque j'ai pris le Zvolen – Bratislava, un parfait express avec cabines de six sièges très confortables. Avant que l'on ne change de train dans une petite ville (Levice ?) pour se diriger vers Sturovo, à la frontière slovaco-hongroise. Là, on a commencé à se poser des questions.

 

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Un train-voiture

 

Mais cela a été la seule et unique fois où il nous est arrivé de tomber sur un train vraiment bizarre. Même pour faire Banska Bystrica – Zvolen (une vingtaine de kilomètres), les trains locaux sont derniers cris, avec électricité et affichages à cristaux liquides. Pour les express (vers Bratislava ou Kosice), c'est quasiment toujours le modèle cabine de quatre ou six sièges, avec juste une voiture de sièges en rangées (notamment pour Prague). Personnellement, je n'aime pas trop le principe des cabines : de facto, on est souvent obligés de partager notre espace vital avec parfois cinq personnes ! Alors bien sûr, de temps en temps, on fait des rencontres, comme ce Polonais bourré lorsque je revenais de Varsovie et qui a faillit oublier de sortir à Katowice, ou bien encore ce Monsieur de la Montagne, avec une barbe gigantesque, des habits montagnards et des instruments de musique adéquats (on pourra me dire quel est l'intérêt dans un train d'avoir un objet qui reproduit le bruit d'un train?). Ce brave homme, après lui avoir dit que « Som Francuzki », m'a parlé de cinéma français. Enfin comme il pouvait « Jean Maré, Loui Funé, Géra Depadieu, Alain Delon », avant de me raconter un film : « Belmondo tunnel tadadadada (il mime une mitraillette avec ses mains) kaskador ! Kaskador Belmondo ! ».

On a aussi partagé une bière avec des supporters de je ne sais plus quel pays sur la route de Kosice, l'une des deux villes où se tenait le Championnat du Monde de hockey en 2011.

 

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Entre Banska Bystrica et Kosice

 

Alors soyons clairs, prendre le train, c'est lent. Il n'y a pas de lignes à grande vitesse. Banska – Bratislava, c'est trois heures et demi. Banska – Kosice, quatre heures. Pour changer de pays, c'est encore plus : Banska – Budapest ? Huit heures. Banska – Prague ? Neuf heures. Banska – Varsovie ? Dix heures. Mais on prend son temps, c'est agréable parfois de prendre son temps. Et lorsqu'on voyage de nuit, on peut dormir, se reposer (mais gare à ne pas enlever ses chaussures, parfois, ça pue vraiment de trop). Et surtout, j'ai été témoin à deux reprises d'un lever de soleil magnifique : Banska Bystrica est dans les montagnes, et la voie de chemins de fer vers Prague traverse la forêt, passant au-dessus des ravins, ce qui au printemps est absolument fabuleux. Il faut s'imaginer en train sur le versant totalement sauvage d'une montagne, faisant le tour de celle-ci, et voir le vide en-dessous de soit, avec la forêt qui se reverdit. Rien que pour ça, je préfère le train aux bus (et aussi parce que j'ai des jambes trop longues pour supporter huit heures de bus sans arrêt ou presque).

 

Et puis parfois, les trajets sont beaucoup plus longs que prévu. Notamment les Varsovie – Banska Bystrica. Deux exemples.

La première de ces histoires se passe à la fin du mois de février 2011. Il faut bien s'imaginer, qu'il fait -15°C en Pologne à cette époque de l'année, et encore, c'est quand il fait chaud. Je prends le train pour depuis Varsovie à 21h, et il est censé arriver en gare de Bohumin (République Tchèque) vers deux heures du matin, où je prendrai un train pour Vrutki (Slovaquie) une demi-heure plus tard, et de là un autre pour Banska (déjà, tout est simple). Mon train arrive à l'heure à Bohumin, cool. Je monte dans le train pour Vrutki. C'est celui-là, je le sais, j'en suis certain, j'ai vérifié sur le panneau d'affichage et c'est marqué sur la porte d'accès à la voiture, et je suis avec un ami polonais qui a aussi vérifié. Je défais mes chaussures, je m'allonge. Le train part. Il s'arrête en plein milieu de la voie. Pour un temps. Et il revient en gare de Bohumin. Bon, il y a du y avoir un problème, de toute façon j'ai assez de temps pour changer à Vrutki, on peut se permettre un petit retard. Et là, après quelques minutes, un homme frappe à la porte de notre cabine.

« C'est bien le train pour Cracovie ? »

« Non, pour Vrutki, c'est marqué sur le train. »

« Bah non, c'est marqué Cracovie. »

Nous sommes allés vérifier... Et c'était vrai. Le train avait largué notre voiture au milieu de la voie, et cette voiture avait été réaffectée pour Cracovie sans que personne ne nous le dise ! S'en est suivie une attente d'une heure pour un train qui allait à Zilina, où nous allions rester une heure et demi avant d'avoir un train pour Banska, très lent. C'est pas comme si on était en plein hiver. Et en plus, j'avais déjà visité Zilina, et de nuit, ça change pas grand chose.

 

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Zilina la nuit, c'est très vivant

 

Ma deuxième anecdote a donc toujours pour cadre le trajet Varsovie – Banska Bystrica. Cette fois-ci, nous sommes au début du mois de juin 2011. Il fait beau, il fait chaud, les jolies Polonaises ont ressorti leurs jupes et leurs petits débardeurs. Soucieux de n'avoir aucun soucis de train (et surtout traumatisé), je décide de réserver une place dans l'Express Varsovie – Prague (départ 8h00), qui est censé me déposer à Ostrava, d'où je prendrai un train pour la Slovaquie.

Sauf que... Sauf que voilà, cet express passe par le Triangle des Bermudes tchèque : Bohumin. Notre train s'arrête à Bohumin. J'ai une réservation pour mon siège, dans cette voiture, jusqu'Ostrava, la gare suivante. Et je vois, au fond du couloir, le train se décrocher de notre voiture et partir, sans nous, au loin, vers Ostrava, dans un halo de lumière éblouissant, du fait de ce soleil à son zénith. Et me voilà bloqué trois heures à Bohumin avant qu'un train ne m'emmène vers Banska Bystrica... Sachant que j'avais déjà parcouru plusieurs fois la ville lors de mes précédents périls... Je pensais être vraiment con et ne pas avoir écouté les consignes d'un contrôleur (même si en tchèque j'aurai pas pigé grand chose), mais même pas : un couple de Londoniens, dont la femme parle tchèque, a aussi été largué à Bohumin en même temps que moi alors qu'ils allaient à Ostrava, et aucune annonce n'avait été faite par personne....

 

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Bohumin, la ville maudite

 

En dehors de ces deux incidents, je n'ai jamais rencontré aucun problème en train, que ce soit en Slovaquie, en Pologne, en République Tchèque ou en Hongrie. C'est un moyen de transport qui n'est certes pas rapide mais qui permet de profiter tranquillement du paysage souvent sauvage et magnifique des campagnes (surtout slovaques, il faut l'avouer, c'est un des points forts du pays, cette beauté naturelle). Si vous devez vous déplacer et que vous n'êtes pas pressés, choisissez toujours le train. Sauf si vous revenez de Varsovie, là je le déconseille.

 

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