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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 07:00

Bien avant que je ne parte dans les contrées mystérieuses au-delà la ligne Maginot, j’avais déjà entendu parler de Marzi, une bande dessinée sur la Pologne, qui connaissait bien plus qu’un succès d’estime.

 

Maintenant que je suis revenu de ces pays bizarres, je me suis intéressé d’un peu plus près à cette bande dessinée, qui avait l’avantage d’avoir été édité dans un coffret contenant l’intégrale de tous les albums, sous la forme de deux beaux tomes (à force, vous aurez compris que j’aime les beaux livres).

 

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Autobiographie de Marzena Sowa (c’est elle, Marzi), dessinée par Sylvain Savoia, Marzi raconte, au travers de petites histoires, « la Pologne vue par les yeux d’une enfant ».

Concrètement, il s’agit de la vie de la petite Marzi après la fin de la loi martiale au milieu des 80’s, avec ses parents, ses copines, sa découverte de la vie... Cela se passe dans un environnement différent de ce que nous, nous avons connu, mais au final tellement semblable parce qu’un enfant reste un enfant. On apprend beaucoup de choses en passant un excellent moment.

 

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C’est souvent court, mais c’est (presque) toujours très rigolo ou touchant. Le dessin est trop choupi et les pensées et paroles de Marzi sont adorables.

 

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Je ne saurais que trop conseiller la lecture de l’intégrale de Marzi, parce que franchement, c’est super cool. Et toc.

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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 07:00
Du polko-punk, Brygada Krzyzys !
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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 07:00

Début mars, alors qu’en France, nous célébrions tous l’ouverture prochaine du mariage civil aux homosexuels (tous, sauf Boutin et son cousin de mari) ; à l’Est, Lech Wałęsa, la figure iconique de Solidarność et accessoirement ancien Président de la IIIe République de Pologne (et électricien) donnait son opinion sur la communauté homosexuelle.

 

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Moustache un jour…

 

Souvenez-vous : l’un de mes premiers billets parlait des élections à la Sejm (ma visite du Parlement par ici), et rapportait l’accession à la Chambre Basse d’un gay et d’une transsexuelle. C’est directement à eux que s’en est pris le dernier des moustachus.

Qu’a-t-il dit ? Tout simplement que les homosexuels n’avaient pas à jouer un rôle prépondérant dans la vie politique polonaise et qu’à la Sejm, le mieux serait qu’ils s’asseyent le plus loin possible, ou si possible qu’ils se cachent derrière un mur. Rien que ça.

 

« Ils doivent comprendre qu’ils sont une minorité et se contenter de petites choses, et non pas s’élever au sommet ».

 

Je traduis : les députés homosexuels sont avant tout des homosexuels avant d’être des députés. Et les homosexuels, communauté minoritaire qu’ils forment, doivent donc occuper des postes insignifiants, quand bien même ils seraient les plus compétents pour exercer telle ou telle fonction.

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… moustache toujours !

 

Lech Wałęsa a toujours suscité beaucoup de critiques, même dans les premiers mois de Solidarność, avec sa manière particulière de diriger (il était le Roi Wałęsa).

Le Prix Nobel de la Paix a souvent attiré sur lui l’amusement des Polonais de par ses erreurs linguistiques lors de nombre de ses discours (mais la langue polonaise est tellement difficile que même un Polonais ne peut pas la parler parfaitement).

 

Ses dernières années, il a enchaîné les sorties médiatiques hasardeuses, plongeant dans l’embarras même les plus conservateurs de la droite polonaise.

Il n’est plus dans le coup, et pour ne rien arranger, l’autobiographie de sa femme Danuta a été un immense succès de librairie en Pologne. Elle l’y décrit comme un réactionnaire laissant sa femme dans la cuisine à  s’occuper de la maison et de leurs huit enfants, pendant que Monsieur courrait faire la Révolution.

 

Lech Wałęsa est juste vieux, emblème d’une époque aux mœurs révolues.

Et c’est toujours triste de voir dépérir une figure morale, aussi sujette à débat fut-elle.

 

(Malgré toutes les critiques et ce que je pense des opinions sur la société de Wałęsa, n’oublions pas qu’il a initié et personnifié un mouvement qui a fait chuter le Communisme sans en venir aux armes. Un excellent orateur populaire qui a insufflé à la Pologne un air de révolte. Quand même.)

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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 07:00

Comme vous le savez tous, la Pologne a organisé le Championnat d’Europe de football 2012, conjointement avec l’Ukraine. La sélection polonaise n’a pas passé la phase de poules, malgré un football que je qualifierais de « romantique » : on donne tout, on se bat comme des morts de faim, c’est brouillon mais ça prend aux tripes ; et évidemment, on perd à la fin. Deux matchs nuls, contre la Grèce en ouverture puis contre la Russie dans un match qui fut l’un des plus beaux de la compétition tant il fut intense (et ce but de Błaszczykowski, Mama mia !), une défaite contre la République Tchèque, et c’en fut terminé.

 

 

Alors, avec l’élimination aussi prématurée de l’Ukraine, tous les beaufs se sont déchainés sur le site de L’Equipe, en se demandant vulgairement pourquoi on laissait d’aussi petites équipes jouer des phases finales de l’Euro (en oubliant au passage les superbes parcours français en 1992 et 2008, pam pam padam).

 

Car non, la Pologne n’est pas une « petite équipe » en piłka nożna. Ils traversent juste une période difficile. Qui dure depuis trente ans, ok. Mais à Reims, on aime bien se faire mousser à propos du passé glorieux du club, alors faisons de même avec la Pologne.

 

Le premier match officiel de la Pologne a eu lieu en 1921, une défaite 0-1 contre la Hongrie à Budapest. La sélection polonaise participe à sa première Coupe du Monde en 1938, en France. Ils poussent le Brésil en prolongations avant de perdre sur le score de 5-6. Et puis plus rien jusqu’en 1970, où un homme va mener la génération de l’attaquant Grzegorz Lato au sommet : Kazimierz Górski.

 

Aux Jeux Olympiques de Munich, en 1972, la Pologne, dans le Groupe D, corrige la Colombie, le Ghana puis l’Allemagne de l’Est. Au second tour, au sein du Groupe 2, elle concède le nul au Danemark mais bat l’URSS de Blokhin et le Maroc, terminant 1ère.

En finale, contre la Hongrie, malgré l’ouverture du score de Varady, la Pologne gagne 2-1 grâce à un doublé de Deyna.

La Pologne remporte ainsi la médaille d’or et a, à cet instant, un meilleur palmarès que la France. Bam.

 

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La Pologne en or.

 

Górski ne s’arrête pas là et qualifie la Pologne pour la Coupe du Monde 1974 en Allemagne de l’Ouest, après avoir éliminé l’Angleterre (non, la France ne se qualifia pas).

Leur premier match contre l’Argentine se solde par une victoire 3-2, avec un doublé de Lato et un but du petit nouveau Szarmach. Puis les Aigles étrillent Haïti 7-0 (Szarmach x3, Lato x2), puis bat l’Italie 2-1, finaliste malheureuse en 1970, avec encore un nouveau but de Szarmach.

Dans la seconde phase de poules, la Pologne bat la Suède 1-0, puis la Yougoslavie 2-1 avant de perdre contre l’Allemagne 0-1 (Muller) dans des conditions dantesques, sur un terrain impraticable où la vivacité du jeu polonais ne pouvait s’exprimer.

Opposée au Brésil lors de la petite finale, la Pologne emporte la médaille de bronze sur le score de 1-0, grâce à l’inévitable Lato, qui finit meilleur buteur de la compétition avec 7 buts.

 

(Il y a quelques bijoux là-dedans !)

 

Aux JO de Montréal 1976, la Pologne échoue à conserver son titre en étant dominée en finale par l’Allemagne de l’Est 3-1 et doit se contenter d’une médaille d’argent. Górski quitte son poste de sélectionneur.

 

A la Coupe du Monde 1978, la Pologne termine 1ere de sa poule, incluant l’Allemagne de l’Ouest championne du monde, la Tunisie et le Mexique, mais échoue à se qualifier pour la finale ou même la petite finale en terminant 3e de la seconde phase de poule contre le Pérou, le Brésil et l’Argentine, future championne. Lato marque deux buts lors de la compétition, tout comme le petit nouveau Zbigniew Boniek, futur joueur-clé de la Juventus de Platini.

 

A la Coupe du Monde espagnole de 1982, il ne reste plus grand monde de l’équipe de 1974, outre Lato et Szarmach. Peu importe ! La relève est là avec Boniek.

Pourtant, tout ne commence pas très bien dans le groupe 1, où la Pologne fait un triste match nul 0-0 contre l’Italie, se brisant sur le catenaccio. Le second match contre le Cameroun se solde sur le même score, et l’espoir de d’atteindre la seconde phase de poules passe par une large victoire contre le Pérou. Résultat : 5-1, avec un but de Lato (son dernier en Coupe du Monde), et un autre de Boniek. La Pologne finit 1ère de son groupe, devant l’Italie, qui a fait 3 matchs nuls et ne se qualifie que pour un but inscrit de plus que le Cameroun.

Au second tour, la Pologne se retrouve avec la Belgique et l’URSS. Elle étrille la première 3-0 (Boniek x3) et concède un nouveau 0-0 contre la seconde, le troisième en cinq matchs. Là encore, la Pologne termine 1ère de son groupe et se qualifie pour les ½ finales, retrouvant l’Italie.

Avant que les Français ne ramassent les dents de Battiston sur la pelouse de Séville, la Pologne, privée de Boniek, suspendu, prirent une leçon de réalisme froid de la part des Italiens, encaissant un 0-2, doublé de l’implacable Rossi.

La Pologne affronte la France lors de la petite finale et l’emporte 3-2 avec ses trois buts inscrits en l’espace de 6 minutes (40’, 44’ et 46’) alors que Girard avait ouvert la marque. Pour la seconde fois de son histoire, la Pologne termine 3e d’une Coupe du Monde.

 

 

Incapable de se qualifier pour l’Euro 1984, la Pologne n’arrive pas à surmonter la retraite de sa génération dorée. A la Coupe du Monde 1986,  et malgré une défaite 0-3 contre l’Angleterre en phase de poules, la Pologne finit 3e et se qualifie pour le premier tour à élimination directe, où elle reçoit une gifle 0-4 face au Brésil. On ne revit pas la Pologne en Coupe du Monde avant 2002, où elle se qualifia brillamment puis sombra en phase de poules, scénario qui se reproduisit à l’identique en 2006.

 

Certes, la Pologne ne s’est plus qualifiée pour le second tour d’un tournoi majeur depuis 1986, mais il faut prendre en compte le retard accumulé en termes d’infrastructures et de détection/formation. En cela, les stades tous nouveaux tous neufs livrés pour l’Euro 2012 peuvent jouer un rôle dans le développement d’un sport qui reste largement le plus populaire.

Avec une très belle génération constituée de la colonie du Borussia Dortmund (Piszczek, Błaczszykowski, Lewandowski), la Pologne pourrait très bien faire bonne figure à l’Euro 2016 en France, à condition de survivre à l’échec à venir pour se qualifier à la Coupe du Monde 2014, dans un groupe où l’Angleterre mais surtout le Monténégro semblent hors de portée.

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14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 07:00

Ce matin, je me sens d'humeur rock tchèque. Kabát !

 

 
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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 07:00

Comme vous le savez-tous, il ne reste plus grand-chose de ce que fut Varsovie avant la Seconde guerre mondiale. A la fin de l’été 1944, Varsovie a été réduite à l’état de ruines après l’échec de l’Insurrection. Pour mieux comprendre, voici des images issues du court-métrage présenté au Musée de l’Insurrection, que l’on peut voir en 3D :

 

 

Comment se représenter cette ville disparue, autrefois surnommée la « Paris de l’Est » ? Avec de l’imagination, beaucoup d’imagination.

Ou alors en allant au cinéma voir un court-métrage s’intitulant sobrement « Warszawa 1935 », sorti le 15 mars dernier.

Réalisé par Tomasz Gomol et son studio NewBorn, Warszawa 1935 est une reconstitution minutieuse de ce que fut Varsovie en 1935, à la ruelle près. Cela ne fut possible que grâce à l’utilisation de moult photographies mais surtout de plans urbains d’une précision inégalée à l’époque, conjugués à l’utilisation de super ordinateurs pour traiter les données et les modéliser (on parle ici d’un film qui a nécessité 12 To de données, d’après le Parisien).

 

Bande-annonce :

 

 

Mais alors Vivien, dis-moi, qu’en as-tu pensé ?

 

Commençons par ce qui fâche, comme ça, ça sera vite évacué.

C'est court ! Je m'attendais à une vingtaine de minutes, l'on doit plus probablement s'approcher de la dizaine. En même temps, un film plus long aurait probablement tourné au supplice.

Je m'explique : le film est d'une immense qualité, mais le choix d'une musique classique avec de gros chœurs bien larmoyants m'a endormi. D'autant plus que ce côté tristounet ne fait que renforcer le tragique de la destruction de la ville dix ans plus tard ; si bien qu'à force, l'on n'a plus que ça à l'esprit et on loupe pleins de détails. Une musique populaire d'époque à grands renforts de musette, ou tout simplement une absence de musique pour ne recréer que l'atmosphère sonore de la Varsovie de 1935 auraient tout autant convenu.

Le piège du pathos n'a pas su être évité, mais ce n'est pas une catastrophe en soi car...

 

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...putain que c'est impressionnant ! Si parfois quelques modèles ont un aspect artificiel, les quelques rues que la caméra survole ou suit sont admirablement bien rendues. Il faut voir avec quel soucis du détail les bâtiments ont été reconstruits, les voitures, les passants, qui jouissent presque tous d'une animation réaliste ! J'étais sur le cul devant une telle prouesse technique.

Je déteste viscéralement le cinéma 3D,  mais cette fois-ci, cette technologie a été admirablement utilisée, avec parcimonie. C'est simple, c'est probablement la meilleure expérience 3D que j'ai eu jusqu'à aujourd'hui (il faut dire que Pirates des Caraïbes 4 et les Trois Mousquetaires n'étaient pas des concurrents de haut niveau). Vraiment, c’est à regarder en Blu-Ray sur un 4K pour profiter de la minutie des plans aériens qui fourmillent de vie.


Ensuite, il est évident que le film ne parlera qu'à ceux qui connaissent Varsovie et qui peuvent comparer avec la ville telle qu'elle est aujourd'hui. Moi-même, il y avait des lieux que je n'arrivais pas à resituer, mais cela ne m'a pas empêché d'être sonné par la différence entre les rues Marszałkowska de 1935 et d'aujourd'hui. D'ailleurs, le plan final qui redescend la rue, figée, depuis l'Ogród Saski est magistral.

 

Depuis, je n’ai qu’un seul fantasme : que NewBorn vende toutes ses données de Warszawa 1935 à CD Projekt, studio polonais leader dans le jeu vidéo, pour recréer un jeu à monde ouvert encore plus convaincant que le Los Angeles de 1947 présenté dans L.A. Noire en 2011. Je peux toujours rêver.

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27 mai 2012 7 27 /05 /mai /2012 06:59

Un peu de pop polonaise avec Ivan i Delfin qui nous chantent Jej Czarny Oczy.

 

 
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6 mai 2012 7 06 /05 /mai /2012 07:21

Pour bien se réveiller, un clip de Sylwia Grzeszczak (Gjéchtchak), avec un single tout frais (2011), Sen o Przylosci.

 

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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 07:48

Ce week-end, donc, j’étais à Wrocław, ville polonaise depuis 1945, autrefois appartenant à l’Allemagne, sous le nom de Breslau.

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Le bâtiment qui abrite le Panorama de Racławice

 

L’une des plus grandes attractions de Wrocław est le Panorama de Racławice (Panorama Racławiska). Qu’est-ce ? Il s’agit d’une peinture panoramique de 114 mètres de long pour 15 mètres de haut, représentant, comme son nom l’indique, Racławice lors de la bataille du même nom en 1794 lors de l’Insurrection de Kósciuszko (rien à voir avec notre Nathalie Kosciusko-Morizet dont on dit qu’elle est une descendante de cette illustre famille alors qu’en fait pas du tout, mais bon, ça fait plus classe).

Cette grande fresque a été réalisée pour le centenaire de la bataille – en 1894, donc – par Jan Styka, qui en eut l’idée et par Wojciech Kossak, qui l’aida, parmi beaucoup d’autres. Elle fut achevée en neuf mois et fut exposée à Lwów, alors ville polonaise (aujourd’hui, la ville s’appelle Lviv et se situe en Ukraine… je sais, c’est chiant la Pologne, c’est un pays qui bouge tout le temps, faut suivre), puis transportée à Wrocław après 1945.

 

Alors, qu’y voit-on ? La bataille de Racławice, qui opposa les troupes insurgées de Kósciuszko à l’Empire russe, et se solda par une victoire polonaise malgré une armée beaucoup plus petite et beaucoup moins bien équipée. Au final, malgré cette victoire, l’Insurrection a été écrasée et la Pologne a disparu pendant 123 ans.

 

Petit tour du panorama :


 

 

Le panorama joue sur une mise en profondeur de la peinture, qui a déjà une belle perspective, en la mettant loin du spectateur et en utilisant le sol comme décor, rendant floue la limite entre la peinture et la réalité qui s’étale devant soi, avec les charrettes en bois et les touffes d’herbes roussies. C’est massif, c’est impressionnant, mais on y entre par groupes de 80 toutes les demi-heures – et les jours de grande affluence, il convient de réserver son ticket à l’avance, sinon on se retrouve comme moi : marron et bon pour revenir le lendemain. Un enregistrement en polonais explique l’histoire de la fresque ainsi que les différentes parties qui la composent. Si vous ne comprenez pas le polonais (ce qui est hautement probable, entre nous), il existe des audioguides en français. Donc c’est bien, c’est beau à voir, mais ça fait quand même mal au portefeuille pour quelqu’un qui, comme moi, gagne un salaire polonais : 25 PLN (6€) pour vingt minutes de contemplation d’une peinture qui, entre nous, casse pas des briques au niveau du style. Restent son gigantisme et le fait d’être au milieu de la bataille. Et ça permet d’être au frais un petit moment quand dehors il fait plus de 30°C.

 

Tarif plein, 25 PLN.

Tarif réduit : 18 PLN.

 

Aller, une autre petite vidéo :


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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 07:52

Alors que nous flânions dans les jardins du Palais de Wilanów avec un ami français à la fin de l’hiver, marchant au bord de la Vistule gelée, une vieille dame engoncée dans des habits bourgeois nous accosta.

 

- Excusez-moi, vous parlez français ?

- Oui, répondis-je.

 

Nous devions repartir quelques minutes plus tard pour visiter un musée exposant tout un arsenal de véhicules de la Seconde Guerre Mondiale, la première réaction fut un rejet, mais elle nous demanda ce que nous faisions à Varsovie. Je répondis que je « travaillais » pour une Fondation politique après des études dans le même domaine.

J’aurai dû prendre la mouche quand j’évoquais le volet culturel du travail et qu’elle dit que « de toute façon, je pense pas que ça serve à grand-chose ». Elle dit qu’elle travaillait en Suisse et qu’elle souhaitait parler avec nous de politique.

Mon ami me regarda, je le regardai, et je pris sur moi d’accepter : cela eut pu très bien m’ouvrir des portes au niveau professionnel, et vu mon manque de réseau, je ne pouvais pas cracher dessus.

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Le Palais de Wilanów, le jour fatidique.

 

Nous revinrent devant le Palais de Wilanów et entrèrent dans la riche café située dans une dépendance du Palais. Assis dans un décor luxueux autour d’une petite table, elle commanda avec dédain à la serveuse un Chocolat blanc chaud, et soucieux de nos économies, nous prîmes avec mon ami deux des moins chères boissons de la carte, un petit café et une bouteille d’eau.

 

Là, elle commença à parler, me questionnant sur Nicolas Sarkozy, sur François Hollande… Mon ami avait totalement disparu, victime du fait qu’il n’avait pas fait d’études en politique. C’est vrai qu’il faut avoir fait beaucoup d’études pour avoir un avis qui compte, hein.

Et là, elle embraya, elle avait vu Sarkozy et Kadhafi à l’Elysée, elle trouvait que ce que notre Président avait fait en Libye, ce n’était pas très bien parce que Mouammar, bah c’était quand même un bon copain et il était gentil.

 

Et là, elle exposa une idée totalement folle, du haut de sa richesse et de sa haute-bourgeoisie : elle voulait créer une nouvelle organisation internationale et cherchait des appuis. Bon, elle était mal tombée avec moi, le plus important lobby que je pourrais monter étant à la faculté de Reims. Selon elle, il faudrait une organisation qui chapeauterai tous les Etats car ce sont de grands enfants qui ne font qu’à se chamailler et qu’il faudrait une maîtresse (=elle) pour leur taper sur les doigts et faire respecter l’ordre. Elle ajouta que les militaires avaient une belle vision du monde et étaient compétents, donc qu’ils pourraient décider sans passer par les hommes politiques qui ne pensent qu’à eux. Je lui dis que les militaires ne sont pas élus et ne sont pas représentatifs. « Et alors ? »

J’ajoutai que son idée d’organisation n’était pas nécessaire, mais que cela pourrait passer par une réforme du Conseil de Sécurité de l’ONU. « Non, non, mon organisation doit être en compétitivité avec l’ONU ». Après quelques autres échanges irréels, elle me demanda mon nom et mon numéro de téléphone, je lui donnai. Elle se leva, s’excusa car elle n’avait pas d’argent pour payer et nous laissa en plan alors qu’elle puait le fric à des kilomètres (elle logeait au Palais-même).

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Le Palais à la même période l’année précédente.

 

Nous nous regardâmes avec mon ami, échangèrent un regard éberlué avec la serveuse qui s’était faite elle-aussi maltraitée (et qui était très mignonne avec ses cheveux d’une blondeur resplendissante) et nous fûmes forcés de payer son #%!@§ de Chocolat Blanc chaud.

 

On venait de se faire prendre de haut et laissé humilié par une vieille bourgeoise totalement allumée du ciboulot qui nous avait laissé l’addition. On a mis quelques minutes pour comprendre et s’en remettre. Je ne lui souhaite que du malheur, qu’un piano lui tombe sur le coin du crâne !

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